Mais voilà qu’un récent sondage CROP, publié le 2 décembre dernier, donne un peu plus de tonus au Cardinal Ouellet, quelque peu vilipendé par la récente controverse. Près de 60% des parents seraient d’accord pour qu’ils aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse que le gouvernement s’apprête à inclure dans le cursus scolaire des élèves. Les Québécois restent profondément divisés sur la question de la religion à l’école. Actuellement, plus de 80% des parents du Québec choisissent l’enseignement religieux à l’école pour leur enfant. C’est quand même beaucoup et révélateur de l’importance que revêt les valeurs du catholicisme pour la majorité des Québécois. Nous sommes tous passés par cet enseignement religieux; nous savons pertinemment les valeurs qu’il véhicule, valeurs qui ont donné sens à nos vies, voire changer le parcours de celles-ci. Mais le gouvernement Charest ne reculera pas, affirme la Ministre de l’Éducation Michelle Courchesne: «Ça fait partie d’une évolution de société qui est en train de se vivre au Québec, comme ailleurs», dit-elle. Plusieurs tenants de la religion se disent: «Quelle évolution?» Entre vous et moi, est-on plus évolué parce qu’il n’y a pas d’enseignement religieux à l’école?
Les diverses modifications de la loi sur l’enseignement public au cours des deux dernières décennies sont claires: l’école publique est laïque. Qui dit laïcité dans le monde de la post-modernité, dit pas de religion. Ce n’est pas compliqué! Que se passera-t-il pour les parents qui désirent un enseignement religieux? Ils n’auront qu’à l’assumer eux-mêmes où se tourner vers leur paroisse. «Comment? Allez voir mon vieux curé? Il n’en est pas question, voyons! Nous ne mettons jamais les pieds à l’église.», voilà des réactions faciles à entendre autour de nous. Les évêques du Québec ont affirmé à maintes reprises leur position par rapport à ce changement majeur dans le système scolaire québécois. Ils ont toujours redit l’importance de la responsabilité des parents dans l’éducation de la foi des enfants. Il ne revient pas à l’État d’éduquer à la foi catholique. Ceci est bien beau, mais qui va assumer cet enseignement? Nos églises se vident, les catéchètes qui s’y dévouent prennent de l’âge, les parents trouvent la démarche catéchétique trop exigeante. Et qui plus, les diocèses catholiques croulent sous des problèmes financiers majeurs; les paroisses n’ont pas les sommes d’argent nécessaires pour assurer le salaire des futurs catéchètes. Les parents sont d’accord pour l’enseignement religieux, le seront-ils encore quand ils auront à débourser pour le dit enseignement?
S’il est vrai qu’il n’y aura plus d’enseignement religieux confessionnel dans l’école publique, il y aura toutefois un cours d’Éthique et de culture religieuse. Ce cours n’est pas celui de l’Église, mais de l’État. Il est bien évident qu’il ne fera pas la promotion du Credo et des sacrements de la foi catholique. Le cours a toutefois été rédigé dans le but de répondre aux besoins des parents de transmettre une partie de leur héritage catholique et des valeurs qu’il sous-tend. Les concepteurs du cours d’Éthique et de culture religieuse ont laissé une place prépondérante au christianisme pour des raisons culturelles plus qu’évidentes. Il est tout à fait normal que les enfants puissent découvrir et comprendre l’univers social et culturel dans lequel ils vivent. La religion fait partie intégrante de notre héritage collectif. Plusieurs parents se sentent rassurés par les éléments apportés par ce cours, d’autres insatisfaits. Il faut bien comprendre, ce n’est pas un cours de catéchèse.
Aussi beau qu’il soit ce programme, notre religion, notre foi commune n’est pas seulement qu’un héritage; elle est encore et toujours bien vivante dans le cœur de centaines de milliers de Québécois. Le rassemblement dominical n’est qu’un indice de la pratique chrétienne des Québécois. L’engagement chrétien et les valeurs qu’il exprime ont plusieurs visages. Il reste que, néanmoins, l’on retrouve encore le dimanche plus de gens dans nos églises du Québec que dans toutes les salles de spectacle, de cinéma, de théâtre ou dans des matchs sportifs réunis. La foi n’est pas morte chez nous, quoi qu’en pensent certains décideurs politiques et tenants de la laïcité. Il reviendra cependant aux parents et aux paroisses d’éduquer les enfants aux fondements et aux valeurs de notre foi commune. L’enseignement religieux catholique ne sera plus formellement donné à l’école, soit! Toutefois, les jeunes et les parents catholiques y auront toujours droit de cité et de parole! La foi n’a pas de frontière!
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