( 132 ) Coquelicot à la boutonnière

11 novembre 2008 - Novembre bat son plein avec un étonnant retour du soleil ces jours-ci. Fort apprécié et assez agréable merci! La neige demeure toutefois impatiente de recouvrir de sa blancheur notre coin de pays. Quoi qu’il en soit, nous voyons depuis quelques jours de nombreux Canadiens arborer à la boutonnière, comme à tous les ans, un coquelicot rouge. C’est le Jour du Souvenir, mes amis! Mais de quoi faut-il se souvenir?

Le 11 novembre, journée de reconnaissance dans tout le pays, pour faire mémoire du sacrifice de milliers de Canadiens morts à la guerre. En fait, ce jour commémore l’armistice qui mit fin à la Première guerre mondiale par la signature d’un accord de paix le 11 novembre 1918 à Compiègne en France. Saviez-vous qu’il y a pas moins de 100 000 Canadiens qui sont tombés au champ d’honneur lors de conflits mondiaux et cela au nom de la liberté. Noble cause qui a fauché une jeunesse promise à un brillant avenir et décimé des familles entières. Malheureusement, tout cela n’a pas signifié la fin des conflits pour autant. De nombreux combats font rage sur la planète Terre, alors que la majorité des habitants aspirent pourtant à un climat de paix.

La guerre continue de faire des victimes, mes amis. Il y en a sur tous les fronts et notre pays semble y prendre goût ou plutôt notre gouvernement canadien. Les engagements offensifs de notre pays au nom de la liberté continuent et cela malgré les nombreuses pertes de vie récentes et l’opposition générale des gens de chez nous. Le rôle traditionnel du Canada en tant que pays pacifiste et médiateur en a pris pour son rhume. La guerre, c’est la guerre! Elle laisse immanquablement des traces indélébiles dans le cœur de ceux et celles qui y ont participé de près ou de loin. Il y a encore au pays près de 750 000 Canadiens qui avaient 16 ans et plus lors de la Première guerre mondiale. Sans nul doute que ces hommes et ces femmes auraient bien des histoires à raconter sur les guerres dont elles ont été les témoins privilégiés.

Dans ma famille, on connaît ça l’armée! Mes cinq frères ont porté l’uniforme et un d’entre eux sert toujours sous l’unifolié. D’ailleurs, il revient tout juste d’une mission spéciale en Bosnie, mission dont on parle à voix basse, secrète quoi. Et qui plus est, son épouse et son fils sont aussi des militaires de carrière. C’est dans le sang, dit-on! Vous pouvez imaginer le type de conversation dans le salon ou la cuisine. Certains diront que c’est une carrière ou un métier comme un autre. Pour ma part, non! En juin 2006, les forces canadiennes comptaient plus de 87 000 personnes dans son personnel militaire avec un budget mensuel de 1,34 milliards de dollars. Non, ce n’est pas une erreur, il faut bien lire mensuel! Nous pourrions discourir longtemps sur les motifs de noblesse que revêt cette carrière chez nous. Avec le changement de cap du Canada sous Stephen Harper, celui d’ingérence dans les conflits armés sur la scène internationale, les citoyens ont le droit de s’interroger sur la pertinence de ce rôle belligérant. L’âme québécoise, voire canadienne, n’est pas faite de cette mouture.

C’est quand même un Canadien, l’ex-Premier Ministre Lester B, Pearson, qui a instauré les Casques bleus des Nations Unies pour le maintien de la paix. Il a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de la Paix en 1957 pour cette initiative. Les opérations de cette force de paix répondent judicieusement au maintien de l’harmonie entre les peuples. Tout n’est pas parfait, mais le bilan est somme toute positif. Fier de son image pacifique, quoiqu’elle soit ternie par les derniers engagements militaires, le Canada demeure malheureusement un grand producteur d’armement de toutes sortes. Saviez-vous qu’il y avait en 2003, 17 établissements qui ont livré des bombes, des grenades, des torpilles, des missiles, des cartouches et d’autres munitions de guerre pour une somme approximative de 2,65 milliards de dollars. N’oublions jamais que la guerre, c’est payant pour certains!

Nous le savons tous, le Canada s’est grandement structuré et fortifié sur les scènes nationale et internationale grâce à l’économie de guerre. Notre pays a été largement influencé par la guerre et ses conflits. Malgré les effets pervers des hostilités internationales, le Canada a toutefois joué un rôle important d’ouverture, d’entraide et de compassion par l’accueil d’immigrants menacés, à la recherche d’un refuge contre la guerre, un conflit ou une instabilité économique, sociale et politique. De 1901 à nos jours, le Canada a accueilli 13,4 millions d’immigrants. Il est clair que tout n’a pas été reluisant dans ce dossier qui a créé récemment plusieurs remous. L’alignement du Canada sur certaines politiques de nos voisins du Sud n’a pas simplifié les choses.

Notre monde bouge sans cesse et les crises que traverse la planète ne manquent pas. L’élection quasi majoritaire de Stephen Harper à la tête du pays n’augure rien de prometteur en politique étrangère. Toutefois, l’arrivée d’un certain Barack Obama aux États-Unis risque de changer la donne sur la scène mondiale pour le plus grand bien de tous. On peut espérer certes d’une approche plus compréhensive et plus conciliante devant certains conflits armés qui détruisent tant de vies. Il est vrai qu’un homme seul, Président fût-il de la plus grande et plus puissante nation du monde, ne peut tout changer en criant ciseaux.

Novembre tire sa révérence tout doucement pour faire place à l’hiver. En étant, bien emmitoufler, on peut finir pas s’habituer à cette saison glaciale. Pour la guerre, c’est non! Non à jamais! La population n’est pas dupe, car elle sait bien que la guerre est une poursuite de l’activité politique par des moyens insidieux. En ces jours, où la majorité des Américains jubilent à la suite de l’élection inédite de leur nouveau Président, laissons parler l’un de ses prédécesseurs, John Fitzgerald Kennedy, mort au combat pour la justice et la paix: «L’humanité devra mettre un terme à la guerre ou la guerre mettra un terme à l’humanité.» En ce Jour du Souvenir, pensons-y du fond du cœur!


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( 131 ) L'élu

7 novembre 2008 - L’impossible rêve est arrivé, l’Afro-américain Barack Obama est élu président des États-Unis d’Amérique, la plus grande puissance du monde. C’est vrai, mes amis! De nombreux sondages prédisaient une lutte et une victoire serrées. Mais c’est haut la main que le jeune sénateur de 47 ans rafle la majorité. Douze États-clés ont basculé du côté démocrate, les jeux étaient faits. Après vingt et un mois d’une longue traversée, assez houleuse merci, où tous les coups étaient permis, voilà qu’un prophète a surgi de l’ombre. À voir l’euphorie et les nombreuses foules délirantes, il est clair qu’une page historique vient d’être tournée. La face des États-Unis ne sera plus la même!

En voyant ce jeune élu entrer sur la scène de Grant Park à Chicago en compagnie de sa femme et de ses deux enfants, il était difficile de ne pas vivre émotionnellement cet instant historique. Le seul prénom du nouveau Président n’a rien de commun avec l’histoire américaine. Le parcours étonnant d’Obama démontre combien le peuple américain et le monde entier avaient enfin besoin d’une sorte de Messie qui sache susciter l’espoir; l’espoir dans un monde marqué par la crise alimentaire, par les guerres de toutes sortes et par la crise financière. Jamais notre monde n’a été aussi belligérant!

Le nouveau Président qui entrera en fonction le 20 janvier prochain se retrouvera devant un chantier incommensurable. «Tout va mal dans ce monde et c’est la faute des Américains» clamait un jeune pacifiste lors de la visite de Nicolas Sarkozy à la Maison Blanche. C’est vrai que le monde ne tourne pas rond et que l’image américaine sur la scène internationale est peu reluisante, à son plus bas niveau depuis des lustres. Je crois que George Bush aura été le président le moins aimé de l’histoire américaine. Le cinéaste controversé. Michael Moore, devait jubiler mardi soir. Ce dernier est sans doute l’un des plus grands «cinéastes-observateurs» de la société américaine ayant gagné l’Oscar du meilleur documentaire de l’année. Nous le savons tous, Michael Moore ne fait pas dans la dentelle et George Bush fut pour lui une cible de choix. À bien des égards, il l’a dépeint avec justesse.

La force d’Obama dans cette longue campagne aura été de ne pas trop sombrer dans les bassesses de la politicaillerie, dans une approche balisée par la peur et les menaces de catastrophes éminentes. La société américaine a déjà son lot de catastrophes, de crises, on ne peut avoir pire. Barack Obama a opté davantage pour la vision du courage, des défis à relever ensemble, de l’espoir à donner au monde. Il a touché à ce qu’il y a de plus noble chez le peuple américain afin de relever les défis colossaux qui se présentent en ce début de millénaire. Obama incarne non seulement le changement de garde, mais la venue d’un monde meilleur. Après les huit ans d’une politique agressive à la George Bush, le monde a vécu mardi soir un soupir de soulagement. Il est clair qu’avec une vision américaine interventionniste et d’ingérence dans plusieurs parties du monde, l’administration Bush n’a suscité que tensions, actes terroristes, guerres et crises diplomatiques. Les Américains et le monde entier avaient besoin d’une bouffée d’air frais.

Le jeune Sénateur d’Illinois, fils d’un immigrant Kenyan et d’une blanche américaine du Kansas, a connu une fulgurante ascension. Ancien élève de la célèbre école de droit de l’Université Harvard, Barack Obama est devenu assez facilement par son style, sa fraîcheur, son discours décapant, sa couleur métissée, l’emblème de l’avenir de la société américaine auprès de plusieurs démocrates et républicains. Afro-américain, fils d’une famille reconstituée, ayant vécu en Indonésie, il représente une chance inouïe pour l’émergence d’un monde plus pacifique, marqué par le dialogue, la compréhension de la diversité et le respect des droits humains. L’aventure de ce jeune Afro-américain rappelle avec quelques nuances certes, l’aventure de Joseph, fils de Jacob, racontée dans l’Ancien Testament lors d’une crise alimentaire. Vendu par ses frères aux Ismaélites, il devint esclave au service du roi d’Égypte; puis il gravit les échelons jusqu’au titre de vice-roi. Faut-il y voir un signe de Dieu pour autant? Certains Américains le croient mordicus!

Barack Obama a ravi la majorité des électeurs américains. Il reste toutefois que 46% d’entre eux ne l’ont pas choisi pour diriger le pays. Après l’euphorie, le nouvel élu aura une tâche majeure de réconciliation nationale. Sans minimiser les talents de cet homme hors du commun, les contextes américain et international ont, sans équivoque, favorisé l’élection du nouveau venu à la Maison Blanche. Comme nous le savons tous, l’élection de Barack Obama fait suite à un régime politique de huit ans d’impopularité et d’une crise financière sans commune mesure. C’est un pays au bord du gouffre dont le jeune président dirigera les destinées. Il aura besoin de tous les talents qu’on lui reconnaît. Ce jeune Afro-américain aura certes écrit une page d’histoire, mais le livre ne se termine pas là. Son slogan de campagne était: «Oui, nous le pouvons!» Il aura un mandat de quatre ans pour soulever l’enthousiasme des plus récalcitrants, remettre l’économie sur les rails et redorer l’emblème américain sur la scène internationale. Tout est une question de confiance Monsieur le Président. Bonne chance!


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( 130 ) Une grande voix s'éteint

4 novembre 2008 - Il y a des gens remarquables sur cette terre, voire exceptionnels. Quand ils nous quittent pour l’au-delà, pour un monde meilleur dit-on, pour toujours quoi, notre cœur se désole et nos yeux laissent couler quelques larmes d’émotion, de tristesse. Nous aimerions tant qu’ils ne nous quittent jamais. C’est ce que le Québec tout entier vient de vivre par la mort de la chanteuse Clairette. Oui, Clairette Oderra est partie à l’âge de 89 ans rencontrer Celui en qui elle avait mis toute sa confiance. Quelle femme d’exception!

Le 28 octobre dernier, cette femme de cœur et de passion nous a quittés dans la douceur, sans faire de bruit, loin des projecteurs et des micros. Elle aura été pour tous ses amis et admirateurs, irremplaçable. Ce petit bout de femme, originaire de Marseille avec son accent qui ne trahit point ses origines, aura marqué le paysage artistique québécois pendant plus de 50 ans. Tous les grands de la chanson de chez nous l’ont côtoyée. Elle les appelait affectueusement «ses petits». Plusieurs artistes québécois la considéraient comme leur mère spirituelle, d’où son surnom de «mère supérieure»,

Clairette Oderra, dont le vrai prénom était Claire, vit le jour en 1919. Elle débuta dans le métier en 1939 avec le célèbre Pagnol qui lui donna un rôle dans le film «Le Fille du puisatier» en compagnie de nul autre que Fernandel. Elle le retrouvera par la suite dans les films «La Bonne Étoile» et «Manouche». On la verra aussi en 1946 en compagnie de Tino Rossi dans la «Sérénade aux nuages», Chanteuse et comédienne, Clairette participa à de nombreuses revues musicales et des opérettes. Sa rencontre avec Georges Guétary lui permettra de traverser les mers à maintes reprises et de découvrir le Canada. C’est en 1949 qu’elle foule pour la première fois cette terre francophone d’Amérique dont elle tombera amoureuse. Elle y viendra pendant sept ans avant de s’y établir définitivement en 1956.

À son arrivée, Clairette chante d’abord dans les cabarets, puis fonde sa propre boîte à chansons dénommée «La Boîte à Clairette», située rue de la Montagne à Montréal. Très tôt, la Boîte devint le rendez-vous des amoureux de la chanson francophone. Les grandes voix de la chanson française s’y produisirent et les jeunes talents québécois y découvrirent une voix d’expression inédite. C’est là que se fit connaître les Robert Charlebois, Claude Dubois, Diane Dufresne et le regretté Sylvain Lelièvre. Après son grand spectacle à la Place des arts en hommage à Piaf, Clairette se retire de la scène et ouvre en 1981 son école d’interprétation, puis on la retrouve au petit écran dans plusieurs téléromans. Clairette publiera son autobiographie sous le titre «Clairette, du soleil à travers les larmes» et également un livre intitulé:
«Comment meubler la solitude avec la foi?»

Femme de foi, elle a toujours accordé une place importante à cette dimension tout au cours de sa longue vie. C’est sans doute dans ce cœur à cœur avec son Dieu qu’elle puisait son enthousiasme, son amour des gens et sa grande générosité. Elle était de ces femmes qui savent conquérir les cœurs pour les rendre meilleurs. À bras ouverts, elle aura accueilli de nombreux jeunes talents d’ici et les aura aider à faire carrière ici et à l’étranger. Elle disait dans une entrevue: «Ouvrez votre cœur. Ouvrez grand votre cœur, là il y a les ressources.» C’est au fond de son cœur que l’on puise le désir d’apporter quelque chose de signifiant à ce monde et surtout la force de continuer. Clairette l’avait bien compris et elle a parcouru sa route avec une détermination hors du commun en prodiguant amour et tendresse. Elle suivait son étoile!

Sa sœur Danielle me raconta récemment combien elle était demeurée une femme de cœur, passionnée de la chanson, des gens et de la vie. Elle avait, cette petite Marseillaise fort bien saisi sans doute, que la vie ne peut être réussie qu’en se donnant. La vie de Clairette, c’est une vie donnée avec passion. En ce mois de novembre, traditionnellement appelé le mois des morts, il est bon de se rappeler ces grandes figures qui ont marqué le passé lointain et récent du Québec. Le mois de novembre nous invite à faire mémoire, de ces hommes et de ces femmes courageux et parfois oubliés qui ont façonné notre histoire, notre destinée et notre identité commune. Robert Lebel chante ces belles paroles aux héros oubliés: «Ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image. Tous ceux qui ont, depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu. Ils sont nombreux, ces gens de rien, ces bienheureux du quotidien. Éternellement heureux! Dans son Royaume!»

Hier, le lundi 3 novembre, des centaines de personnes se rassemblèrent en la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde pour assister aux funérailles de Clairette Oderra, présidées par le Cardinal Jean-Claude Turcotte. Clairette savait rejoindre le cœur des petits et des grands de ce monde. Par sa voix et sa présence chaleureuses, elle redonnait courage à tous ces bienheureux du quotidien.

Clairette, votre parcours terrestre prend fin, mais ce que vous avez semé dans le cœur des Québécois continuera de fleurir abondamment. Vous aimiez tellement chanter «La Quête».de Jacques Brel. Sans doute que ces mots de Brel dans votre bouche rappelaient votre parcours étoilé et votre magnifique destinée. À mon tour, j’aimerais tellement vous les chanter en guise d’amitié et d’au revoir:

« Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler, d'une possible fièvre
Partir, où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile »
(Jaques Brel)

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( 129 ) Quand arrive novembre!

31 octobre 2008 – Novembre, c’est demain! Il fallait bien que cela arrive, comme à tous les ans. «Je déteste novembre!» répétait depuis quelques semaines un de mes collègues. Dans mon for intérieur, j’avais tellement hâte qu’il arrive ce terrible mois afin que mon voisin cesse de se plaindre. C’est vrai que novembre n’a pas la réputation d’un mois réjouissant. D’ailleurs, il débute par la commémoration des défunts précédée par la fameuse fête de l’Halloween où les enfants revêtent des costumes de petits fantômes. Le beau et coloré mois d’octobre s’incline donc devant le ténébreux mois de novembre. C’est la vie!

Novembre a, semble-t-il, reçu son appellation de la place qu’il occupait dans l’année Romulus, soit le neuvième. Du latin novem, qui signifie neuf. Depuis l’époque de la réforme du calendrier romain par Numa, il devint le onzième mois de l’année. C’est vrai qu’au cours de ce mois d’automne, la durée de l’ensoleillement raccourcit rapidement. Nous vivrons immanquablement le changement d’heure, cauchemar annuel pour certains. Au fait, c’est la nature qui s’endort pour quelques mois. Déjà la neige a signifié ces jours-ci son désir de prendre toute la place par sa blancheur. Le froid, son inséparable compagnon, s’est mis de la partie aussi dans plusieurs régions de la province. On ne s’y trompe pas, il est temps de sortir du placard ses vêtements chauds, de changer les pneus de sa voiture, de s’équiper de pelle, de grattoir et d’abrasif. En effet, on ne s’y trompe pas, il nous faudra aussi un peu plus de prudence et de patience. C’est le rythme de nos saisons si bien marqué dans ce vaste continent nord-américain.

Il est vrai que novembre est le mois le plus difficile. Nous l’avons déjà mentionné, la luminosité du jour y joue pour quelque chose. C’est la période de l’année où simultanément les jours sont les plus courts et le soleil plus bas, ce qui entraîne une luminosité très faible. Nous le savons tous, nous ne pouvons vivre en santé sans les effets bénéfiques du soleil. C’est vital et les snowbirds l’ont bien compris depuis fort longtemps. Il n’y a pas une partie de notre corps que le soleil n’influence pas; c’est que cet astre affecte tout notre être, le physique et le mental. Le Créateur l’a voulu ainsi. Notre corps a été créé pour recevoir les bienfaits du soleil et il en profite de multiples façons. Le soleil est le symbole de la vie, de la joie, du bonheur, de la santé. Le soleil, c’est lumineux!

En fait, nos cerveaux fonctionnent comme des batteries qui s’épuisent lorsqu’il n’y a pas assez de lumière. Vous connaissez sans doute l’expression populaire «j’ai les batteries à terre!» Avec une diminution de la lumière, notre physique et notre moral en arrachent comme on dit. Quand la lumière du soleil augmente, ça prend toujours un certain temps pour recharger nos batteries, mais on se sent revivre. Imaginez, les scientifiques ont découvert que nos cerveaux possèdent un ''senseur-lumière" dans le corps pinéal du cerveau qui mesure la quantité de lumière que nos corps reçoivent. Extraordinaire, ce corps humain!

Novembre nous ouvre certes des chemins sinueux nous menant vers des mois de moins en moins ensoleillés. Ceci ne nous empêchera pas toutefois, je l’espère de tout cœur, d’avoir des idées lumineuses. Le mois qui se présente à nous sera rempli d’activités et d’événements marquants qui ne manqueront surtout pas de rebondissements. Il y aura l’électrisante élection présidentielle américaine dont l’issue sera un moment historique pour cette puissance mondiale. La rencontre internationale des chefs d’États de pays riches et de certains pays émergents qui se tiendra à Washington le 15 novembre ne passera pas inaperçue dans la recherche de solutions réalistes et durables pour éviter la récession mondiale anticipée. Espérons qu’il ne manquera pas de lumière à ce sommet économique.

Chez nous, il y aura de nombreuses semaines thématiques qui rempliront à souhait ce mois que l’on dit ténébreux et souvent terne. L’incontournable Salon du livre de Montréal, qui se tiendra du 19 au 24 novembre, saura sans doute émouvoir, éblouir notre intelligence et notre imaginaire. Il semble que les dés seront jetés dans quelques jours pour une nouvelle course électorale au Québec. Même si 78% de l’électorat québécois n’en veut pas, nos élus au pouvoir trépignent d’impatience. Jean Charest jubile et savoure déjà une victoire qu’il souhaite majoritaire à 83 millions de dollars. Je ne sais pas si cela est une idée lumineuse en ce début novembre et de crise financière mondiale! Quoi qu’il en soit les libéraux provinciaux ne semblent pas manquer d’énergie et ils veulent qu’elle soit renouvelable pour au moins quatre ans. En y pensant bien, faute d’être ensoleillé, novembre 2008 risque d’être pas mal éclairant!


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( 128 ) De la bouffe dans les poubelles

28 octobre 2008 - Notre planète Terre regorge de richesses insoupçonnées, d’aliments à profusion. C’est un jardin plantureux! Pourtant, nous le savons bien, des gens meurent de faim tous les jours, le nombre des sans-abri ne cesse de croître, les victimes de maladies curables tombent à vue d’œil. Un article du journal La Presse, publié la semaine dernière, titrait: «La moitié des aliments sont jetés aux ordures». Mes amis, les poubelles des pays riches regorgent de nourriture. Oui, les poubelles débordent d’aliments sains! Nos poubelles souffrent d’embonpoint alors qu’une partie de l’Afrique crève de faim. Quel scandale! Les études récentes démontrent que nous disposons actuellement de deux fois plus d’aliments que nous pouvons en consommer. Le problème majeur de la malnutrition n’est pas le manque de nourriture, mais davantage sa distribution.

Dans son article, Annie Morin souligne que «le gaspillage de nourriture est une plaie dans nos sociétés occidentales et qu’au moins 50% de toute la nourriture produite dans le monde est jetée à la poubelle sans être consommée.» Imaginez, les Américains jettent aux poubelles 27 millions de tonnes de nourriture comestible chaque année. Cela représente plus de 30 milliards US. Ce n’est pas tout, 14% des aliments produits aux États-Unis prennent le chemin du dépotoir! Une étude récente produite en Grande-Bretagne signale que le tiers des aliments achetés dans ce pays remplissent le panier à ordure. Dire qu’il y a quelques mois à peine, le monde parlait d’une crise alimentaire sans précédent.

Récemment, le patron d’un grand restaurant québécois me disait qu’il jetait à tous les jours énormément de stocks de nourriture. Je lui demandai pourquoi il ne les envoyait pas à des banques alimentaires. Il me répondit sur un ton laconique: «S’il y a un problème d’intoxication, qui sera responsable? Je ne veux pas de d’ennuis, un point c’est tout.» Je ne veux pas d’ennuis! C’est cela le fond de la crise alimentaire mondiale! Nos pays occidentaux ne veulent pas d’ennuis! Les mesures accrues de salubrité, les quotas quotidiens de production, les exigences croissantes des consommateurs et j’en passe, contribuent largement au gaspillage et à la malnutrition. Au Québec, combien de producteurs laitiers jettent leur surplus de lait aux égouts? Mes amis, les quotas obligent et provoquent cette situation scandaleuse! La démesure des bien nantis crée inexorablement l’extrême pauvreté des plus fragilisés de ce monde.

La démesure des biens nantis? Par les temps qui courent, ce sont leurs placements qu’ils voient fondre comme une banquise au soleil! Dire qu’il y a des millions de personnes qui tentent tout simplement de survivre, de nourrir décemment les leurs. Les images fréquentes en provenance de l’Afrique sont parfois troublantes. Il faut y avoir mis les pieds, y avoir partagé le quotidien des familles pour le savoir. Je me souviens de cette visite dans un petit village casamançais dans le sud au Sénégal. Nous connaissons bien le sens de l’accueil légendaire des gens de ce pays sahélien. Un jour de congé, j’étais allé reconduire chez lui un jeune étudiant dont la famille vivait dans une extrême pauvreté. Quand je dis extrême, ça veut dire extrême! Il est de coutume dans ce pays sahélien de remettre au visiteur un cadeau d’hospitalité. Imaginez, avant de partir, la maman de Mamadou me donna, avec tant de gentillesse et un large sourire, un oeuf enveloppé dans un vieux chiffon noir! C’était la première fois de ma vie qu’on me remettait un cadeau de ce genre. Combien d’entre vous ont reçu un œuf en cadeau? Pas une douzaine d’œufs, un œuf! N’ayez crainte, ce n’était pas le fruit de la poule aux œufs d’or.

Je remontai donc sur ma moto avec mon œuf en prenant bien soin de ne pas le casser. C’était précieux! Je repartis donc vers la ville en prenant conscience de la grandeur d’âme et de la dignité de cette femme sénégalaise. Je prenais conscience aussi combien j’étais privilégié et combien j’étais parfois exigeant, voire capricieux. Nous désirons trop souvent la perfection lorsque nous choisissons des aliments; il faut que la pomme soit bien rouge, la carotte bien droite, la tomate bien tournée. Nous sommes tous responsables, en partie, de ce gaspillage alimentaire éhonté. Nous vivons certes dans une société de surconsommation, mais aussi dans celle de la surproduction à tout prix.

À la mi-novembre, les dirigeants des pays les plus riches de la planète, en compagnie de quelques chefs d’état de pays émergents, seront convoqués à Washington pour trouver des solutions globales et concrètes à la crise financière planétaire. Il faut éviter à tout prix une récession mondiale. Encore là, c’est la démesure des nantis qui ont provoqué cette crise. Les pays riches ont faim d’argent, de pouvoir. Avec cette éventuelle récession à l’horizon, il est possible que l’on retrouve moins de nourriture dans les poubelles des pays riches. Mais cela ne solutionnera jamais la survie des habitants des pays les plus pauvres. «Jamais la violence, l’inégalité, l’exclusion, la famine, et donc l’oppression économique n’ont affecté autant d’êtres humains dans l’histoire de la terre et de l’humanité.» écrivait Jacques Derrida. En faisant ses emplettes cette semaine, pensons-y avant de jeter cette réflexion à la poubelle.


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( 127 ) Quelques traces de neige

24 octobre 2008 - Il fallait s’y attendre! La neige a tombé mardi dernier un peu partout sur le territoire du Québec. C’est d’abord sur la réserve faunique des Laurentides que les flocons sont apparus, puis sur la région de Charlevoix, avant de couvrir la quasi totalité de la province. L’hiver est à nos portes, c’est le cas de le dire. Quoi qu’il en soit, l’automne 2008 nous a grandement ravi avec son climat splendide et son peu de précipitations pluviales. Ce fut un automne plutôt sec qui nous a prodigué un soleil resplendissant et une nature des plus colorées pour le grand bonheur de tous. Le ciel s’est retenu et il a laissé tomber à peine 49 mm de pluie en septembre, soit deux fois moins que la moyenne normale. Si la tendance se maintient, le mois d’octobre aura été encore plus sec. Il faut dire que l’été nous avait plutôt bien servis, côté pluie. Il n’y a toutefois pas de tempête menaçante à l’horizon. La tempête, elle se passe ailleurs!

La crise financière qui secoue le monde ne finit plus de donner des sueurs froides aux entreprises et aux investisseurs. Les plans de sauvetage se succèdent au fil des jours sans toutefois ralentir ce tsunami dévastateur qui frappe l’ensemble de la planète. Tout le monde se lance dans la mêlée avec sa vision et ses solutions parfois radicales, avec un remède de cheval, diraient les gens de chez nous. Les gouvernements américains et européens y ont mis le paquet pour colmater l’hémorragie, mais rien ne semble apporter une solution durable. Voilà que le super Nicolas 1er, de la République française vient tout bonnement de décider de refonder le capitalisme, rien de moins. Déclaration étonnante, mais véridique! Écoutez mes amis, ce n’est pas le temps de jouer au monopoly! Plusieurs leaders mondiaux ont gardé silence ou pris leur distance à la suite à cette déclaration passionnée, dont notre imperturbable Stephen Harper.

Sur ce fond de turbulences économiques, voilà qu’une petite tempête vient ébranler la fragile cohabitation des membres de l’Assemblée nationale du Québec. Jean Charest, claironnant sa popularité au fil des dernières semaines et songeant même à une élection hâtive lui aussi, s’est fait passé un sapin sous le nez cette semaine. L’élection du péquiste François Gendron à la présidence de l’Assemblée nationale a fait sortir de ses gonds le premier ministre du Québec, traitant les partis de l’opposition d’avoir usé de « subterfuges » et « d’intrigues » dans cette collusion électorale. C’est une rupture après 216 ans de tradition parlementaire où l’on élisait naturellement à la présidence un membre du parti au pouvoir. Changement majeur qui nous rappelle brutalement que le parti au pouvoir est toujours minoritaire. Il est bon de souligner que le président de l’Assemblée nationale ne joue pas un rôle symbolique ou protocolaire, mais qu’il a un pouvoir important, jouissant même d’un statut de ministre et bénéficiant d’une équipe de recherche à son service. Il est clair que la dynamique va changer au cours des prochaines semaines dans ce haut lieu de la démocratie québécoise, même si le président de cette auguste assemblée se doit de garder la neutralité politique.

N’ayez crainte, les libéraux ont eu leur revanche! L’ADQ de Mario Dumont leur a donné ce jeudi deux nouveaux députés sur un plateau d’argent. En politique, la joute est toujours serrée, les coups bas sont fréquents et il n’y a pas de pardon. Nous venons de le voir assez clairement avec la démission de Stéphane Dion, chef du parti libéral du Canada. La politique ne tolère pas les perdants, ces derniers trouvent assez aisément la porte de sortie. Les moments de crise ou de tempête que nous vivons permettront sans doute aux vrais leaders de se manifester. Nous en avons tant besoin par les temps qui courent. On ne peut tenir ensemble une province, un pays ou une économie debout avec des principes mous, sans idéal et vision. Dans le contexte qui est le nôtre, nous avons besoin plus que jamais d’hommes et de femmes capables de nous inspirer, nous projeter dans l’avenir. Dans ce siècle inédit de la mondialisation, on ne peut se contenter d’une vie politique de bouts de chandelle. De grâce, chers élus, donnez-nous de l’espoir !

C’est vrai, je disais qu’il a neigé un peu partout ces jours-ci. N’ayez crainte, il neigera encore abondamment dans les mois qui viennent sur les 1 667 441 km² du territoire québécois. Nos tempêtes hivernales sont parfois rudes et inquiétantes, à l’image de celles que soulèvent les combattants de l’arène politique et les stratèges du cirque des soubresauts économiques. Après la tempête vient le calme, dit-on. L’expérience nous montre qu’après celle-ci, des traces demeurent parfois indélébiles. Devant ces brassages idéologiques, économiques et politiques, restons calmes après tout. On peut perdre ses élections, ses illusions, son temps, ses clefs, mais tant que l’on garde espoir, il n’y a pas de quoi avoir les nerfs en boule! Un peu de neige avec ça?
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( 126 ) Sous un ciel bleu

21 octobre 2008 – Enfin, la campagne électorale a pris fin la semaine dernière avec des résultats qui laissent l’électorat canadien un peu perplexe, sans vraiment de leader à la tête du pays. Ça y est, Stephen Harper peut respirer un peu, sans toutefois triompher! On ne peut parader tambour battant, lorsqu’il n’y a que 38% de la population dans la parade. L’aventure électorale de cet automne révèle encore une fois combien le Canada est marqué par ses disparités régionales et ses allégeances provinciales. Le premier ministre Harper, avec son calme devenu légendaire, nous avait lancés dans des élections précipitées dont les résultats ne surprennent personne. En fait, aucun chef de parti n’a atteint le fil d’arrivée avec grand succès. Trois cent cinquante millions de dollars plus tard, on peut se demander qui gouverne réellement ce pays? Une chose certaine, pour les Québécois le ciel est bleu plus que jamais!

Le ciel est resté bleu au Québec avec les 50 députés du Bloc et les 10 députés du Parti Conservateur. Dans cette bataille fédérale, les rouges se ramassent au tapis avec tout juste 13 députés et à peine 23% des faveurs de l’électorat; la pire performance électorale de ce parti dans l’histoire canadienne. Le sort de son chef, Stéphane Dion, est déjà bien tracé dans le ciel. En politique, on cherche et on veut des gagnants à tout prix, un point c’est tout! On ne cherche pas des gens intelligents, diplomates, tribuns, honnêtes, non! On veut des gagnants. Le problème de fond dans ce foutu pays, le manque de leaders!

Notre premier ministre, avec ses 143 députés élus, remplume un peu son parti, mais ce dernier reste minoritaire. En fait, nous étions moins nombreux à voter, la plus faible participation de l’histoire canadienne avec 59%. Signe indéniable que la population en a ras-le-bol et que la crédibilité de nos élus est mise en doute. La question fondamentale de la légitimité de gouverner se pose sérieusement et honnêtement. Écoutez, votre parti est élu à la tête du pays avec 38% des 59% des gens qui sont en droit de voter. Ce n’est pas fort mes amis! Plusieurs analystes soulignent divers motifs circonstanciels à ce taux d’absentéisme dont le scrutin après un long congé, l’assurance de la réélection du parti au pouvoir, l’absence d’enjeu central et fédérateur, etc. Il y a un désintérêt flagrant de la population canadienne pour la politique depuis plus d’une décennie et cela mérite une attention certaine, une vigilance accrue de la part de nos élus!

Les commentaires ont été nombreux au lendemain de cette élection marquée davantage de coups de gueule des chefs que par des contenus réels et pertinents. Le Stephan Harper, imperturbable lors du débat des chefs, continuera de gouverner le pays comme s’il était majoritaire. Il a quand même du front ce premier ministre venant de l’Ouest! Il a la coenne dure notre PM, à l’instar de ses compatriotes, ces rudes cowboys régnant sur l’immensité des grandes prairies. Avec la crise économique qui sévit à travers le monde, Stephen Harper a du pain sur la planche, crise d’ailleurs qu’il n’a pas su aborder avec l’électorat afin d’y gagner un appui plus considérable. On n’a pas tous les talents, après tout!

Dans ce magnifique ciel bleu et dans la foulée du 400e anniversaire de Québec, voilà que débarquent dans la capitale provinciale les chefs des 55 États et gouvernements de l’ Organisation mondiale de la Francophonie et des 13 États observateurs. De la très grande visite au lendemain d’une élection canadienne décevante à bien des égards. Québec est redevenu pour quelques jours une ville fortifiée durant ce XIIe Sommet de la Francophonie, tellement la sécurité était omniprésente. Mais le clou de ce sommet des 15 et 16 octobre, c’est sans contredit la présence et les interventions du pétillant président français Nicolas Sarkozy. Arrivée à vive allure comme une étoile filante, le temps de quelques discours et poignées de mains, le voilà reparti quelque vingt-quatre heures plus tard, tel un astéroïde, vers Washington laissant derrière lui le Canada dans la controverse. «Qu’est venu faire chez nous ce Napoléon nouvelle mouture?» disaient certains analystes et chroniqueurs.

Dans un discours passionné à la Sarkozy, le président français et aussi de la communauté européenne, plaide assez clairement pour un Canada uni, contrastant ainsi avec son célèbre prédécesseur le général De Gaulle et ceux qui ont succédé à ce géant. Toute une visite éclair! Mes amis, des éclairs, il y en aura dans le ciel bleu du Québec dans les jours qui viennent. Notre ciel bleu risque de devenir un peu plus rouge par la montée prévisible aux barricades des souverainistes et des fédéralistes. Après une campagne électorale un peu terne et des résultats mitigés, voilà de quoi donner de la saveur à la sauce canadienne sur un fond de crise économique bien entendu. Journalistes et chroniqueurs, mettez-vous à vos claviers, il y aura de quoi vous occuper.

Décidément, le président Sarkozy ne laisse personne indifférent sur son passage. Quoi qu’il en soit, il faudra continuer à vivre ensemble, à être solidaires devant les défis colossaux qui se présentent à nous. Que retenir de ces événements à saveur assez politique merci? Je citerais Ségolène Royal, ex-candidate à la présidence française:
«Le peuple s’intéresse à la politique quand la politique s’intéresse à lui.»

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( 125 ) Une pauvreté qui ne lâche pas

17 octobre 2008 – Qui ne se souvient pas de la série légendaire Les belles histoires des pays d’en haut et du fameux «viande à chien» de l’avaricieux Séraphin Poudrier? Notre imaginaire collectif a été profondément marqué par ces petites gens trimant dur sur une terre ingrate pour survivre et nourrir leur ribambelle d’enfants. La misère était monnaie courante en ces temps difficiles et héroïques de la colonisation. Depuis, le Québec a radicalement changé, il est devenu l’une des sociétés les plus riches du monde. Pourtant, la pauvreté et la misère courent toujours les rues de nos villes et villages. Des hommes, des femmes et des enfants souffrent profondément, vivent même des tragédies. Dans ce Québec regorgeant de ressources multiples, le taux de risque de pauvreté s’élève autour de 16% selon des indicateurs statistiques sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Ce n’est pas rien mes amis !

Le 17 octobre de chaque année, nous soulignons la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Depuis la désignation de cette journée, il y a un quart de siècle, par l’Assemblée générale des Nations Unies, des personnes se mobilisent dans le monde entier pour rappeler à tous que la pauvreté est à combattre, qu’elle est une violation des droits humains. Les chaînes d’information continue nous rapportent quotidiennement des images sur des réalités dramatiques vécues dans certains pays en développement. Entre vous et moi, on s’est presque habitué à cette pauvreté étalée au grand écran. Pendant ce temps, des milliards sont dépensés en armement pour combattre des régimes totalitaires ou pour en arriver à bénéficier d’enjeux commerciaux de taille. La planète Terre a tout ce qu’il faut pour nourrir convenablement ses enfants. La pauvreté, la misère est flagrante, elle est plus près de nous qu’on le pense.

Il n’est pas facile de dresser un portrait de l’état de la pauvreté dans le monde. Toutefois, selon les données fournies en 2007 par «Abolissons la pauvreté», le portrait mondial de la pauvreté n’est pas réjouissant, voire même accablant. Selon plusieurs organismes internationaux, le phénomène prend de l’ampleur, des populations sont décimées, des gens meurent comme des mouches. Saviez-vous que chaque année, neuf millions de personnes meurent de faim ou de malnutrition, 1 milliard n’a pas accès à l’eau potable et plus d’un milliard de personnes vivent dans la misère extrême avec moins d’un dollar par jour? Ce n’est pas des farces mes amis!

Et ce n’est pas tout! D’autres statistiques sont tout simplement renversantes, décidément inacceptables. Près de 50% de la population mondiale vit avec moins de deux dollars par jour; 50 000 personnes meurent chaque jour de causes liées à la pauvreté; l’Afrique consacre en moyenne 14$ par personne par jour au service de la dette et seulement 5$ aux soins de santé (SRC, 2007). Pour ma part, j’ai parcouru l’Afrique à maintes reprises dans une quinzaine de pays et j’ai couché sur la dure dans des cases surchauffées, labouré avec des bœufs une terre asséchée, mangé accroupi autour du plat avec la main, marché deux kilomètres pour aller puiser l’eau. Oui, je vous le concède, j’ai vu davantage la détresse tributaire de la misère que de la pauvreté. Nous n’avons pas idée de la souffrance que procure cet état de précarité extrême. Pourtant, des millions de gens la vivent tous les jours.

Nous le savons bien, la misère n’est pas une maladie héréditaire, transmissible. Par choix, nous pouvons opter volontairement pour vivre pauvrement ou modestement. Nous connaissons tous, sans doute, le mouvement important de la simplicité volontaire. On peut vivre la pauvreté ou la simplicité par choix. Mais on ne choisit pas la misère, elle nous tombe dessus! Et quand cela arrive, mes amis, vous perdez tous vos moyens. Au Québec, il y a des gens qui vivent dans la misère, plus qu’on le pense. La pauvreté, on peut s’en remettre, mais pas la misère, elle vous lessive. Vous vous en doutez, la misère n’est pas toujours d’ordre financier. Saviez-vous qu’un Québécois sur cinq souffre de détresse psychologique élevée?

Toutes les études démontrent que ce sont les personnes qui se retrouvent en situation de pauvreté qui sont minées par cette détresse qui vous ronge de l’intérieur. Notre pauvreté n’est pas toujours apparente, loin de là; il faut en parler aux gens qui travaillent dans les centres d’écoute à travers le Québec. En cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, prenons bien soin de regarder, de bien écouter ce qui se passe en nous et autour de nous. La vie est si fragile, chacun porte des blessures, vit des pauvretés. N’oublions pas que la pauvreté et la misère n’ont pas de frontière. Elles façonnent souvent l’itinéraire des marginalisés, des laissés-pour-compte, des blessés de la vie. C’est en reconnaissant nos propres pauvretés que nous serons en mesure d’accueillir et de reconnaître celles des personnes qui se présentent à nous. La pauvreté des biens matériels est assez facile à combler, celle du cœur demande la grâce. Mère Teresa disait: «Le manque d’amour est la plus grande pauvreté».

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( 124 ) « Moi j’mange! »

14 octobre 2008 – Il y a des airs et des refrains qui nous restent en tête, on ne les oublie pas! On se souvient tous probablement de la fameuse chanson d’Angèle Arsenault intitulée Moi j’mange. On a gardé souvenir sans aucun doute de cette petite blonde aux lunettes rondes et débordante d’énergie. Sous des traits humoristiques, elle nous révèle dans cette chanson populaire l’obsession pour la bouffe. C’était en 1978! Le temps passe mes amis à la vitesse de l’éclair. C’est vrai que la bouffe est omniprésente dans la publicité envahissante diffusée sur les radios, les écrans de télévision et à pleine page dans les quotidiens. Nos villes sont placardées par les panneaux publicitaires des grandes chaînes de restauration rapide. Pourtant, nous le savons bien, l’alimentation saine et suffisante préoccupe une bonne partie de la planète.

Il n’y a pas si longtemps, tout le monde parlait de la crise alimentaire; un drame humanitaire sans précédent, disait-on en janvier dernier. Depuis quelques semaines, la crise des marchés financiers mondiaux a écarté du revers de la main la crise alimentaire. Elle est toujours insidieuse et désastreuse cette crise alimentaire; elle ne pourra que s’aggraver avec ces banques de par le monde qui vacillent avec des coffres-forts de plus en plus à court de liquidités. Ceci n’a rien pour rassurer ceux qui meurent de faim devant nos yeux. La Journée mondiale de l’alimentation que nous soulignons cette semaine nous replace toujours devant cette situation urgente que vivent des millions de gens sur la planète. C’est une question de vie et de mort mes amis!

Dire qu’il y a toujours 34 pays vivant l’insécurité alimentaire: 21 en Afrique, 11 en Asie, 1 en Amérique et 1 en Europe. En Afrique de l’Ouest, les prix des denrées alimentaires demeurent élevés et ne cessent d’augmenter, ce qui continue de miner le pouvoir d’achat des consommateurs et l’accès à une nourriture de base essentielle. On ne parle pas ici de superflus, mais des aliments de base. À Dakar, la capitale du Sénégal, le prix du riz importé – la principale denrée de base – s’établissait en avril 2008 à 20% de plus qu’à la même période l’année précédente. Et qui plus est, cette augmentation était de 43,1% à Diourbel et de 37,1 % à Tambacounda dans ce petit pays du Sahel. Il en est de même pour le mil, dont le prix a augmenté en moyenne de 33% au Burkina Faso, au Niger et au Mali. Comment survivre quand l’aliment de base est inaccessible?

La Journée mondiale de l’alimentation, proclamée en 1979 par le Conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a comme objectif de mieux faire connaître les problèmes alimentaires dans le monde et de renforcer la solidarité dans la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté. La crise alimentaire n’est pas la seule crise que vivent les pays les plus pauvres de la planète. Il y a la crise énergétique, celle du VIH/SIDA, celle de la malnutrition, celle de l’analphabétisme, celle des sans-abri et j’en passe. Dr Ngozi Okonjo Iweala, directrice régionale de la Banque mondiale, déclarait que «100 millions de personnes pourraient être confrontées à la pauvreté si nous n’agissons pas contre l’actuelle crise alimentaire et énergétique».

Il n’y a pas de répit pour ces pays-là. Lors d’une rencontre avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, en mai dernier, celui-ci m’avoua combien il avait été bouleversé lors de son passage en Haïti. Frappé de plein fouet par la crise alimentaire, Haïti était devant une catastrophe humanitaire. Imaginez aujourd’hui, six mois plus tard, cette petite île des Grandes Antilles vient de recevoir, coup sur coup en août, deux tempêtes tropicales sur les épaules, Fay et Gustave. On peut bien parler des grandes banques qui ont faim de liquidités.

Des hommes et des femmes meurent faute d’alimentation suffisante. Saviez-vous que la faim et la malnutrition tuent, chaque année, près de 6 millions d’enfants? Cela correspond à 78% de la population du Québec mes amis. La grande majorité des enfants meurent de quelques maladies infectieuses curables, notamment la diarrhée, la pneumonie, le paludisme ou la rougeole. Ils est clair qu’ils survivraient s’ils n’étaient pas affaiblis par la faim et la malnutrition. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, signale que les progrès sont très lents et la communauté internationale est bien loin d’atteindre les objectifs de réduction de la faim et les engagements de 2015, pris lors du Sommet mondial de l’alimentation.

La planète Terre regorge pourtant de jardins plantureux et de nourriture pour tous les êtres humains. La Journée mondiale de l’alimentation nous offre encore une fois l’occasion d’être solidaires des souffrances de 923 millions de personnes sous-alimentées que compte la planète Terre. Prenons le temps de regarder autour de nous ceux qui souffrent de la faim. Même chez nous, les banques alimentaires manquent de denrées pour nourrir les plus pauvres de notre coin de pays pourtant si riche. L’alimentation n’est pas un luxe, c’est un droit!

N’avons-nous pas l’obligation morale de poser un geste. Le «problème de la faim dans le monde» est sans commune mesure et la plupart des gens des pays industrialisés ne s’en préoccupent presque plus. «On entend parler de la faim depuis si longtemps et rien ne change» disent les gens. C’est vrai, mais il est possible de poser des gestes d’avenir même si ces derniers ont des effets indirects et à long terme. On ne règle pas cela par un coup de baguette magique! Il est possible de contribuer à des aides directes par l’envoi de nourriture, d’aide technologique et d’argent.

Ce midi, en mangeant son repas bien garni, son hamburger pris à la sauvette ou encore sa poutine dégoulinante, pensons-y à ces enfants rachitiques qui bouleversent tant le regard. Combattre la faim, c’est donner la vie, c’est aussi nourrir l’espoir. Ne nous trompons pas, les solutions durables passent aussi par des gestes politiques sans précédents. On dit souvent que la «faim» justifie les moyens, mais vous vous en doutez bien, on a rarement les moyens quand on a faim et surtout quand on en meurt. En cette Journée internationale de l’alimentation, MOI, J’MANGE QUOI?


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( 123 ) Ne perdons pas la carte!

9 octobre 2008 - Nous vivons dans une société d’hyperconsommation où le crédit est à portée de main. Tout nous incite à acheter, à vivre dans le superflu, bien souvent au-dessus de nos moyens. La publicité est omniprésente, partout, partout! N’ayez crainte, ce n’est pas l’effet de notre imagination. Nous la voyons dans tous les recoins de notre vie et chez nous, elle a explosé d’une façon exponentielle au cours de la dernière décennie. Les annonces publicitaires ne sont pas toujours de bon goût, il va de soi. On en trouve cependant de savou-reuses, parfois d’irrésistibles. Et vlan, nous succombons!

Des entreprises dépensent des fortunes pour nous vendre leur produit miraculeux, leur trouvaille inégalée, leur projet mirobolant. Comme les gens disent souvent, ils nous vendent leur salade et à quel prix mes amis. Nous sommes exposés, selon les plus récentes études, à plus de 3 000 annonces par jour. Imaginez, il y aurait de quoi devenir dingue! On retrouve la publicité partout, même dans les toilettes. On n’y échappe vraiment pas!

On est en droit de se demander s’il y a des espaces où la publicité ne pénètre pas. Avec l’arrivée des cartes de crédit, le monde de la consommation a changé. C’est le «Acheter maintenant et payer plus tard!» Les récentes études le démontrent, les gens dépensent plus lorsqu’ils utilisent une carte de crédit. Une carte de crédit est une carte autorisant son titulaire à faire des achats à crédit. Les cartes sont émises par les établissements financiers et d’autres entreprises non financières comme les grands magasins, les compagnies d’essence. Le drame pour plusieurs utilisateurs, c’est le «payer plus tard!» Nous assistons depuis quelques années à l’apparition de cartes de toutes sortes, une pollution mes amis!

Qui d’entre nous ne se fait pas questionner lors d’une visite dans les magasins, les grandes surfaces. Avez-vous la carte Zellers? Optimun? HBC? Air Miles? Etc? S’il fallait prendre toutes les cartes qui s’offrent à nous, il nous faudrait une mallette pour transporter le tout. Et cela sans compter celles qui concernent l’hôpital, l’assurance collective, le club vidéo et j’en passe. Il y a de quoi perdre la carte ou plutôt le contrôle sur notre capacité de payer. Lorsque le monde des cartes de crédit contrôle notre vie, il y a de sérieuses questions à se poser. Par les temps qui courent, la crise américaine nous fait réfléchir sur la trop grande facilité d’obtenir du crédit. Le «payer plus tard» est en train d’ébranler la planète financière.

En 2005, il y avait 61 millions de cartes Visa et Mastercard au Canada seulement, soit en moyenne 2,3 par adulte. S’il fallait compter toutes les autres cartes que nous possédons, ce serait un chiffre astronomique. Il s’agit d’ouvrir votre portefeuille et de les compter. Vous serez sans doute surpris du compte! Nous le savons bien, il y a eu en vingt ans, une transformation radicale dans la culture de l’endettement, du crédit et de la faillite. Depuis quelques semaines, toutes les bourses du monde vacillent, les gouvernements injectent des milliards pour sauver leurs banques. Mais les plans de sauvetage ne rassurent pas le petit épargnant. C’est un vent d’inquiétude planétaire qui souffle et les bouées de sauvetage sont si peu nombreuses.

Des hypothèques impayées, un ralentissement économique global et un crédit presque impossible à obtenir, voilà les ingrédients d’un mélange assez explosif. L’économie américaine est au bord de la banqueroute entraînant dans sa chute toutes les bourses du monde ou presque. «Quand son voisin et principal client sombre dans le marasme, comment pourrait-on ne pas en être frappé, si solide soit son propre système financier?» écrivait Jean-Claude Leclerc du quotidien Le Devoir. Devant ce tsunami sans commune mesure, il ne faut pas s’attendre à des assouplissements sur des conditions de crédit.

Dans ce vent de panique qui secoue le monde financier, le danger, c’est que cette crise ne dégénère et n’entraîne l’économie réelle dans une chute aussi catastrophique que celle des années 30. Les colonnes du temple de l’économie néo-libérale sont ébranlées et les enjeux sont énormes, pour ne pas dire capitales. Marie-Bernard Meunier, diplomate canadienne de carrière, écrivait ces jours-ci:
«Le procès à faire aujourd’hui c’est celui d’un capitalisme financier dont les excès sont à l’origine de la crise actuelle. On ne pourra plus faire l’éloge sans nuance du laissez-faire, des lois du marché et de la déréglementation. On ne pourra pas, non plus, continuer à prôner encore et toujours une réduction du rôle de l’État, car celui-ci vient d’opérer un retour en force dans le rôle d’ultime recours et de sauveur potentiel.»

Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, déclarait ce lundi que le Québec n’est pas en danger et que les secteurs économiques tels l'industrie pharmaceutique, le génie civil et l'aéronautique sont en santé. Des mots encourageants, mais qui ne rassurent pas les investisseurs et le citoyen moyen. Face à ce défi colossal qui se présente aux économies mondiales, il faudra que nos dirigeants jouent les bonnes cartes pour rester maîtres du jeu. Le sort de nos économies en dépend et il est clair qu’il faudra plus que de l’atout dans le jeu de nos chefs politiques. Gardons toutefois notre calme et ne perdons surtout pas la carte en cette période trouble. Ne faut-il pas d’ailleurs se rappeler ces paroles pleines de vérité: «Savoir se contenter de ce que l’on a: c’est être riche » (Lao Tseu).

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( 122 ) De la couleur plein la vue!

7 octobre 2008 - Tout un automne mes amis! Dame nature nous éblouit ces jours-ci pour notre plus grand bien. Choyés par la clémence du climat, nous pouvons nous rincer l’œil à souhait. Les coloris des arbres nous offrent généreusement, en ce début d’octobre, un spectacle haut en couleurs, à couper le souffle quoi! L’automne est splendide, c’est bon pour le moral des troupes. En parlant de troupes, je ne sais pas si la campagne électorale en cours vous passionne. Il me semble qu’il manque un peu de couleur, un peu de passion dans cette élection fédérale ou plutôt de pertinence. C’est pas mal fade! Au fait, pourquoi cette élection?

C’est sans doute la question fondamentale de cette campagne déclenchée hâtivement. Qu’est-ce qui a poussé Stephen Harper dans cette aventure après 30 mois seulement à la tête d’un gouvernement minoritaire? Tous les résultats des sondages, avant le déclenchement des élections, signalaient que les Canadiens ne désiraient pas une élection fédérale hâtive. Voilà que nos dirigeants ont caressé sans doute l’espoir d’une majorité parlementaire à la Chambre des communes ou ils ont tout simplement succombé à leur ambition. La soif du pouvoir rend parfois sourd et aveugle dit-on. L’histoire politique de notre pays est une grande éducatrice à cet égard. Mais, il semble que cela ne marchait pas rondement sur la colline parlementaire. Soit, allons-y aux urnes!

Quoi qu’il en soit, nous sommes presque au terme de ces 30 jours de campagne terne, sans trop d’enjeux majeurs. Il y a bien eu quelques soubresauts sur la culture, l’environnement et la présence militaire à l’étranger, mais rien ne ressort de spectaculaire. Un marathon pour des chefs de parti qui essaient de courtiser un électorat qui se laisse tirer l’oreille, davantage préoccupé par les activités énergivores de la rentrée d’automne, les aléas de l’économie américaine et la crainte d’une récession prochaine. Jusqu’à maintenant, ce fut une campagne où les chefs se tirent dessus à boulets rouges, armés de quelques messages publicitaires un peu acides. Pendant que l’on se tire dessus, on ne parle pas des vrais enjeux de ce pays, bien entendu. C’est une bataille de coqs mes amis. Quelle toile de fond en cet automne qui s’annonçait pourtant tranquille! J’ai l’impression que le million six cent mille téléspectateurs québécois qui ont écouté le débat des chefs n’ont pas été rassasiés à souhait. Au fait, ils étaient à peine un peu plus nombreux que les fans de l’émission « Occupation double » à TVA. Pour ma part, j’ai l’impression qu’un bon nombre de Canadiens ont hâte de tourner la page de ce chapitre déjà trop long à leur goût.

Pourquoi un gouvernement majoritaire? Il me semble que la population canadienne a été plutôt bien servie sous la houlette d’un gouvernement balisé par la minorité parlementaire. Les chefs de partis sont obligés de se parler, de faire consensus, de servir les intérêts du peuple canadien plutôt que de nourrir et d’imposer certaines visées partisanes. Ce n’est pas parce qu’un parti récolte 40% des suffrages qu’il représente nécessairement tous les souhaits et désirs de l’électorat canadien, Notre régime parlementaire est ainsi fait. Entre vous et moi, j’ai essayé de saisir et de comprendre la pertinence des programmes des divers partis politiques sans trouver de quoi me satisfaire. Je cherche toujours en vain le programme de Stephan Harper, je ne le trouve nulle part. Au cours de la présente campagne, nous l’avons entendu saupoudrer quelques millions ici et là, mais sans programme et vision du pays. Entre vous et moi, les jeux ne sont pas faits. L’électorat canadien peut surprendre encore!

Le débat des chefs, pour la première fois livré autour d’une table, est maintenant du passé. C’est souvent le moment clé d’une campagne électorale. Les citoyens prennent davantage conscience à cet instant névralgique de ce qui se passe réellement. Que nous réserve la suite? «L’arbre est dans ses feuilles, maluron maluré» nous dit la chanson! Je ne sais pas si l’unifolié prendra davantage les coloris de l’automne. Quoi qu’il en soit, nous sommes en saison automnale et les couleurs sont plus vives que jamais en cette période unique. Nous verrons le 14 octobre sous quelle couleur le pays sera gouverné. Prenez patience, car tout n’est pas terminé puisqu’une autre élection se prépare dit-on, provinciale cette fois-ci. Tout un automne mes amis! La cote de popularité de Jean Charest atteint des sommets et ses stratèges jonglent avec l’idée, eux aussi, de doter le Québec d’un gouvernement majoritaire. Décidément, nos gouvernements veulent vraiment tout le pouvoir et, en cette période de craintes économiques, l’argent ne semble pas un obstacle.

Profitons quand même de l’automne qui s’esquive un peu plus chaque jour. Après les pommes, les citrouilles, les vendanges et les coloris de nos arbres majestueux, la neige nous surprendra à nouveau bien assez tôt. Il encore temps de déambuler dans les milliers de sentiers sinueux de nos belles forêts, de sillonner les routes champêtres du Québec à la recherche de paysages époustouflants, de renifler les odeurs de nos marchés publics. Que je t’aime Québec dans ce sursaut saisonnier, dans cette fraîcheur du matin. Félix-Antoine Savard disait: «L’automne est une saison sage et de bon conseil.» Cela nous rassure pour le 14 octobre prochain. Tout en couleur, n’est-ce pas mes amis!

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( 121) Vieillir comme on peut...

2 octobre 2008 – Vieillir, cela se vit tous les jours. C’est normal, la vie nous tire par en avant. La machine à reculer le temps n’existe pas encore, sauf dans les films de sciences-fictions comme dans le sympathique Retour vers le futur sorti en salle en 1985. On se rappellera sans doute de Marty McFly, ce jeune adolescent de son temps, tenant compagnie à un vieux savant excentrique du nom de Dr. Emmet Brown. Quelle comédie de bon goût jouée avec brio par Michael J. Fox et Christopher Lloyd et regorgeant d’actions époustouflantes, d’humour rafraîchissant et d’innovations cinématographiques. Pour plusieurs aînés de chez nous, vieillir, c’est loin d’être une comédie. On ne peut reculer le temps, refaire nos vies ou reprendre le temps perdu. La vie, c’est inexorablement la somme de nos expériences, de nos succès, de nos échecs, de nos espoirs. On vieillit souvent comme l’on peut, avec l’héritage reçu de ceux qui nous ont tracé le chemin, mis au monde. La vie est un dur combat!

N’empêche que la Journée internationale des aînés que nous célébrons le 1er octobre nous fait voyager dans le temps, même dans le cyberespace. Sous le thème « Pour la suite du monde… », on organisera sans doute un peu partout sur la planète des événements, des activités pour sensibiliser davantage la population à la vie des aînés, à tous ceux qui nous ont précédés, qui ont fait naître notre propre histoire. Certes, on ne peut pas voyager dans le temps, mais on peut, en l’espace de quelques minutes, parcourir le monde grâce à la magie d’Internet.

Le vieillissement est devenu « une préoccupation planétaire » affirmait Claude Béland, coprésident de la 9e Conférence internationale sur le vieillissement tenue à Montréal au début septembre. Le Québec a 50 ans mes amis! La pyramide des âges a changé de bord et le monde doit s’adapter, car la vieillesse s’étend aujourd’hui de 60 à 100 ans. Ces années sont parfois cruciales sur le plan santé, mais elles peuvent être aussi très riches humainement et socialement. Antonine Maillet disait : « Ceux qui aiment vivre vont vouloir que leur vieillesse soit vivante, tout en étant conscients qu’ils s’approchent de la mort. » Vieillir, c’est aussi mourir un peu chaque jour. C’est l’inévitable passage des ans, mais vieillir c’est aussi être porteur de tant de beautés, de sagesse et de lumière.

Il faut bien se rappeler la boutade qu’un vieux pommier ne donne pas nécessairement de vieilles pommes. À tous les âges de la vie nous sommes porteurs de rêves, nous pouvons donner la vie. Au contraire, ces pommes sont souvent plus savoureuses, voire exquises. Au fait, être vieux, c’est aussi apprendre et savoir vieillir patiemment et entièrement. Notre société est centrée sur le ici et maintenant, désirant nier les traces du vieillissement : on efface les rides, on colore les cheveux gris, on camouffle l’inacceptable passage des ans. On fait tout pour arrêter le temps, reculer les frontières de la vieillesse au lieu de l’apprivoiser comme une amie. Nous sommes des humains après tout!

Pourquoi, en cette Journée Internationale des aînés, ne pas reconnaître nos aînés comme des citoyens à part entière, des personnes riches d’un passé héroïque et d’une culture inouïe; des personnes capables de rêver encore d’une société meilleure et d’y apporter leur généreuse et créative contribution?

Les turbulences des marchés boursiers sévissant ces jours-ci n’ont rien pour les sécuriser. Ils ne sont pas tous financièrement à l’aise nos aînés. Attention, plusieurs d’entre eux vivent dans la précarité, parfois ignorés des leurs, avec de légères économies durement gagnées. Vulnérables et sans le sou, plusieurs d’entre eux vivent dans l’angoisse et la maladie. C’est aussi cela vieillir chez nous. Ce n’est pas toujours rose la vie d’une personne aînée, surtout quand la maladie vient miner sournoisement les forces vives qui lui restent. Le quotidien nous procure pourtant l’occasion de nous arrêter un peu, de saisir l’importance des petites choses, l’essentiel de la vie quoi! Il s’agit de la saisir au bond.

Un jour, je me souviens avoir croisé le regard d’un vieillard qui m’a profondément bouleversé. Lors d’une mission dans un pays du Sahel, je me rendis dans un village bambara où se cordaient les unes contre les autres de petites cases africaines en terre battue, coiffées de paille séchée. Tout à coup, mes guides me signalèrent qu’un vieux du village voulait me rencontrer, qu’il avait quelque chose d’important à me montrer. J’acquiesçai donc avec gentillesse et on m’amena ce vieillard tout courbé, vêtu d’une tunique africaine. Un visage émacié et ridé se profilait devant moi, des petits yeux brillants semblaient donner vie à ce corps fragilisé par l’usure du temps. Il s’approcha tout doucement de moi en sortant timidement de sa poche un bout de papier journal froissé. J’étais intrigué par cette rencontre inattendue. Tendant lentement les mains vers moi, il ouvrit avec ses mains rugueuses et avec tant de précaution ce bout papier qu’il tenait bien serré. Je sentais que c’était quelque chose de précieux pour lui. Au fond de ce papier chiffonné et poussiéreux se trouvait une vieille pièce d’un sou américain. Imaginez, une cenne noire! C’était son secret, son trésor!

Dans mon for intérieur, je me sentais démuni; je ne pouvais lui dire que cela ne valait pas grand-chose, disons rien. Tout le monde autour de moi était silencieux et attendait quelque chose de ma part. Je ne dis absolument rien. Je pris tout simplement ses mains, meurtries par le dur labeur de la terre, dans les miennes en les refermant tout doucement et en le regardant bien dans les yeux. J’ai cru me perdre un instant dans son histoire marquée sans nul doute par la douleur, la misère, la souffrance. Vivre dans l’espoir de survivre, c’était la réalité quotidienne d’Ibrahima! J’esquissai alors un large sourire en inclinant la tête. Ce vieillard au dos courbé méritait avant tout mon respect.

Je n’ai jamais plus oublié ce regard avide d’espoir, de quelque chose de meilleur pour lui et les siens. Il y a des mots qui ne peuvent traduire ce que l’on ressent. Il y a de ces rencontres rarissimes qui nous chamboulent et nous font grandir intérieurement. Vous connaissez sans doute des aînés malades, vivant dans la solitude et la précarité. Ils n’attendent de nous qu’un regard, qu’un petit mot, qu’une main tendue, qu’un sourire radieux. Mes amis, le cœur est à la tendresse en cette Journée internationale des aînés.

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( 120 ) L'école... tout le monde en parle!

30 septembre 2008 - Avec la reprise scolaire de l’automne, il n’y a pas un jour où l’école n’est pas sous la loupe des chroniqueurs, des journalistes et de tous ceux qui désirent mordre dans quelque chose de croquant. L’école est une cible de choix. Quoi qu’il en soit, les enfants sont repartis pour l’école après des vacances assez humides merci; la caravane des 8 000 autobus jaunes du Québec sillonnent tant bien que mal nos routes à obstacles à la recherche d’enfants qui se font de plus en plus rarissimes. Il y a toutefois plus 1,2 millions d’enfants sur les bancs d’école dans la province. Dire qu’il y a à peine quelques décennies, les jeunes étaient si nombreux que l’on ne finissait plus d’agrandir et de construire des écoles. Je me souviens surtout que l’on marchait pas mal plus pour se rendre à l’école. Il me semble qu’il y avait aussi un peu moins d’enfants rondelets et bedonnants. Il est vrai que la restauration rapide était moins omniprésente aux abords des cours d’écoles. Autre temps, autre mœurs!

Comme dit la chanson de France Gall: «Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école?» En feuilletant les revues et quotidiens, on a parfois l’impression que tout le monde s’acharne à réinventer ce que devrait être une bonne école pour nos enfants, une université de qualité pour nos jeunes. Il faut avouer qu’avec les déficits à répétition de certaines institutions, le délabrement structurel de nos établissements scolaires à court de budget suffisant, la recrudescence de la dépression contagieuse chez des centaines de profs fatigués, on est à même de se demander qui mène ce système d’éducation qui ne fournit plus d’accumuler les réformes. Et qui plus est, l’émission Enquête de Radio-Canada levait le voile ces jours-ci sur les ravages de la tricherie clandestine dans les universités. Un nombre croissant d’étudiants paient des gens pour réaliser leurs propres travaux scolaires et même pour se faire remplacer aux examens. Quelle formation mes amis?

Nous comprenons sans doute plus aisément l’attirance croissante des parents pour le privé. En pleine rentrée scolaire, un nouveau bulletin de santé des écoles privées et publiques sortait dans le Journal de Montréal, certes un peu différent de celui publié annuellement par la revue L’Actualité. Il ne faut pas se leurrer, s’il y a concurrence entre l’école privée et l’école publique, il faut s’attendre que cela se passe aussi dans le monde de la presse écrite. Une bonne affaire reste une bonne affaire! Dans le palmarès publié le 19 septembre dans le Journal de Montréal, les écoles de chaque système sont comparées entre elles. Pas si bête, on compare des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges. Mais n’oublions pas que ce sont tout de même des fruits. Nos enfants fréquentent ce que l’on appelle une école qu’elle soit privée ou publique. Le journal 24 heures titrait lors de la parution de ce palmarès: «Des écoles privées atteignent l’excellence et les écoles publiques se démarquent.» Sans commentaire, le tout est dans le titre de l’article!

En cette rentrée 2008, un témoignage publié la semaine dernière dans un quotidien montréalais m’a beaucoup touché: Benjamin Girard, un professeur du secondaire, dit pourquoi il a décidé d’abandonner le bateau scolaire. C’est une sorte de cri du cœur d’un homme désabusé en si peu de temps, il faut le dire, devant la débâcle de son idéal. Benjamin a abandonné son rôle d’éducateur après cinq ans seulement de loyaux services. La raison? La médiocrité du système mes amis. Selon lui, le nivellement par le bas a atteint des proportions catastrophiques dans le système scolaire québécois:
«On ne veut plus d’élite intellectuelle au Québec. Dans mes classes, l’écart entre les meilleurs résultats et les moins bons pouvaient atteindre jusqu’à 60%. (…) Je devais diminuer mes exigences pour ne pas nuire à l’image de l’école. (…) Bref, le nivellement par le bas a atteint des proportions endémiques et je crains pour l’avenir de la province.»

Par ce cri du cœur, Benjamin Girard exprime le ras-le-bol de centaines d’autres, plus nombreux qu’on le pense, qui survivent à peine dans un système d’éducation qui semble à la dérive. Le tableau est-il si sombre que cela? Peut-être pas, mais il apparaît évident que certaines connaissances, en particulier la maîtrise du français, a perdu du terrain. Notre enseignant démissionnaire ajoutait dans son témoignage: «L’école est devenue un obstacle au bonheur des enfants et ces derniers sont appuyés dans leurs revendications pour plus d’oisiveté par leurs parents.» La mission de notre système d’éducation n’est sûrement pas de former des cancres et des ignares. L’école ne peut pas tout faire certes, d’où l’importance de l’engagement des parents dans le parcours éducatif de leur enfant. Tout n’est pas sous la responsabilité de l’école seule.

L’arrivée sur les tablettes du livre choc Pourquoi nos enfants sortent-ils de l’école ignorants? a suscité plus que des remous dans les milieux scolaires en cette rentrée. Elle a même fait sortir de ses gonds l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau. Dans une lettre ouverte publiée le 11 septembre et intitulée «Le gâchis scolaire», ce dernier constatait et déplorait «la faillite de notre système scolaire». Tout un diagnostic! Lors des États généraux sur l’éducation de 1995-1996, l’objectif était d’atteindre un taux de réussite au diplôme de 85% pour 2010. Ce taux frise à peine aujourd’hui 71% sur le territoire québécois. C’est quand même près de 30% des jeunes qui ne terminent pas le cycle secondaire. Ici, nous passerons évidemment sous silence la valeur et la qualité des acquisitions comprises sous cette réussite, ce diplôme.

Certes, il ne faut pas que dénigrer l’école publique, il faut la sauver, car c’est l’avenir de nos enfants, de notre culture, de notre province qui se joue. L’école publique ne peut être qu’une grande garderie; l’apprentissage demande des efforts soutenus et de la persévérance. Nous vivons dans une société permissive menée par les modes, la consommation et la facilité. L’effort, la passion et la ténacité ne sont plus malheureusement à l’origine de nos engagements personnels et collectifs. Ce n’est pas vrai que tout va de soi, qu’un rien suffit pour réussir comme le laisse si bien entendre certains slogans publicitaires.

Benjamin Girard, notre professeur démissionnaire, conclut son témoignage par ces mots percutants et tellement vrais: « De grâce, cessons de vouloir à tout prix créer une école qui plairait aux adolescents et revenons simplement à l’essentiel: rigueur et effort, voilà tout!» N’oublions pas que c’est la nature qui nous donne à profusion le génie, les talents de chez nous, que c’est la société qui souffle un esprit, une inspiration, un avenir, mais que ce sera toujours l’éducateur passionné qui suscitera le goût d’apprendre, de savoir et de se réaliser. Encore faut-il que ces hommes et ces femmes y trouvent une âme dans cette école. L’école de chez-nous, parlons-en encore!


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( 119 ) Levons-nous de... bonheur!

25 septembre 2008 - En cette période de l’année où la lumière du jour raccourcit un peu plus, on sent bien que l’automne imprime progressivement son rythme et sa durée. C’est le cycle des saisons, on n’y peut rien, c’est comme ça! Chacune des saisons nous réserve à sa manière et sous différentes formes des facettes inouïes de sa nature, mais exige aussi de notre part certaines adaptations et parfois quelques changements plus radicaux. Il en est de même dans nos propres vies. Les étapes de notre parcours terrestre suscitent toujours de nouvelles adaptations, parfois des deuils et recèlent aussi tant de fabuleuses découvertes. La réussite de sa vie dépend en grande partie de notre attitude et de notre manière de faire face aux exigences, aux défis et aux ratés du quotidien. Au fait, qu’est-ce que réussir sa vie?

Tel est le dossier que nous a présenté le journal Le Devoir depuis quelques jours. Une équipe de journalistes de ce quotidien, que l’on peut qualifier de sérieux, scrute pour nous le vécu des Québécois en y apportant des observations et des réflexions fort pertinentes. Grâce à un sondage national réalisé par la firme Léger Marketing, nous y apprenons plusieurs traits et aspirations qui touchent la vie privée et collective de ce peuple en quête de mieux-vivre et de bonheur.

À la veille d’un scrutin, on y apprend que 48% des baby-boomers affirment avoir un intérêt moins grand pour la politique et la chose publique. Lorsque l’on relit l’histoire récente de nos partis politiques, il n’y a rien pour stimuler les troupes, pour mobiliser un peuple. Tout le contraire, mes amis! Comme dirait mon grand-père: «Rien qu’à voir, on voit bien!» On voit bien quoi? Que cela tourne en rond et qu’il manque chez nous de vrais leaders capables de mobiliser, de tirer ce peuple par en avant. Il y a comme une lassitude, une morosité pour tout ce qui concerne la politique. On tourne à vide, dans le beurre!

Dans cet excellent dossier fort intéressant, on y apprend aussi que les Québécois sont en quête d’accomplissement, de réalisation de soi. On ne perçoit plus le travail de la même façon et on ne veut plus travailler pour les mêmes motifs. On y apprend que le sentiment de réussite au travail est bien plus qu’une affaire de salaire ou de nombre de congés payés. Les Québécois ont besoin de se sentir appréciés; ils désirent grandement un entourage qui stimule et valorise. Presque la moitié des travailleurs (45%) note par contre que les conditions de travail se sont améliorées au cours des dix dernières années; pour les femmes, c’est encore plus probant (49%). Dans une période où la pénurie de main-d’œuvre commence à poindre, de plus en plus d’employeurs réalisent fort bien que s’ils veulent garder leur monde, il faudra favoriser avant tout le bien-être de celui-ci. La réussite au boulot, pour un bon nombre de nos concitoyens, dépasse largement les questions de salaire et de congés payés.

La réalisation de soi n’est pas qu’une question de gros sous. Il y avait une annonce publicitaire dans les années 70 qui disait: «Il faut se lever de bonne heure pour cuisiner comme Habitant». La réalisation de soi, ce n’est pas qu’une question de temps et d’horaires, mais surtout de passion. C’est avant tout une histoire de cœur, celle qui prend racine dans ce que l’on a de plus beau à l’intérieur de soi, dans ce que l’on rêve de meilleur pour soi et pour les autres. Il me semble que la réussite passe inéluctablement par la rencontre des autres. Nous connaissons tous des personnes qui réussissent dans la vie, qui ont du fric, des biens immobiliers, des actions, mais qui, au fond d’eux-mêmes, sentent une lassitude, une impression d’avoir manqué le tournant, de ne pas avoir réussi leur vie. Les paradigmes du bonheur s’élèvent bien au-delà de l’accumulation effrénée des avoirs, empruntant parfois des chemins étonnants, voire renversants.

Ce n’est pas tout! Le sondage Léger Marketing révèle que le couple québécois n’a plus la cote. Vivre à deux ne semble plus amener les gens sur la route du bonheur pour 65% des Québécois. Ce n’est plus une condition de bonheur, point à la ligne! Il ne semble plus nécessaire, selon les résultats de l’enquête, qu’il soit important d’être en couple pour réussir sa vie. Cela ne veut pas dire que les Québécois ne croient plus en la vie amoureuse et familiale. Nullement, puisqu’ils considèrent ces deux éléments comme les plus importants dans leur vie. Là, il y aurait un bon travail d’analyse, d’investigation, d’introspection à faire pour comprendre davantage les recoins de l’âme québécoise. Réussir sa vie, toute une aventure!

Nous vivons souvent en automates en faisant tout bêtement ce que la société demande. Nous n’écoutons pas assez cette petite voix intérieure que l’on appelle l’intuition. Ne faut-il pas se mettre à la recherche de soi et non de répondre tout simplement à ce que l’on nous demande? Il y a sans doute un âge où l’on veut réussir à tout prix dans la vie, mais vient un temps où réussir sa vie prend davantage d’espace, d’ampleur. En ce début d’automne, n’est-ce pas le temps de colorer nos vies et celles des autres? Ralph Waldo Emerson disait: «Rire souvent et beaucoup; gagner le respect des gens intelligents et l’affection des enfants; savoir qu’un être a respiré plus aisément parce que vous avez vécu. C’est cela réussir sa vie.» Chers amis, la confiance en soi est sans aucun doute l’ingrédient premier de ce succès, de ce chemin à emprunter. Pourquoi ne pas se lever chaque jour de … bonheur?


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( 118) Tout recommence!

23 septembre 2008 - C’est la grande rentrée! La cloche a sonné, finies les vacances estivales. On peut se demander toutefois si l’été était au rendez-vous. Dame nature n’a pas trop daigné nous éblouir de son soleil éclatant cette année. Pour la flotte, nous avons été servis à souhait. Dire qu’il y a tant de pays dans le monde qui souffrent d’un flagrant manque d’eau potable pour assurer la survie de leur population. L’eau sera sans contredit l’enjeu majeur de ce siècle. Avec son million de lacs et ses quelques130 000 cours d’eau, le Québec compte à lui seul 3% des ressources mondiales d’eau douce. Ce n’est pas rien, mes amis!

Avec l’arrivée de septembre, tout s’est mis en branle un peu partout. On a retrouvé ses petites routines coutumières, ses horaires rassurants, ses chantiers laissés en plan, ses collègues de travail avec quelques anecdotes savoureuses, ses activités de bénévolat en se disant que la vie n’est pas si mal somme toute. L’école est repartie, les autobus jaunes sillonnent les routes chaotiques de la province, les agendas se remplissent à vive allure, les réunions se bousculent, le métro est bondé de monde avec ses trains bleus qui ne cessent de tomber en panne. Les embouteillages monstres, dus aux travaux saisonniers de la voirie qui ne finissent plus de se terminer, ne cessent de nous faire grimacer pour ne pas dire autre chose. On raconte avec humour que le Québec a deux saisons, mes amis, l’hiver et la construction. C’est aussi cela la rentrée!

C’est reparti en grande quoi! Qu’on se le redise, le Québec fonctionne de septembre à juin. Toutefois les années se suivent, mais ne se ressemblent pas toujours. Il y a souvent des petits ingrédients, des événements imprévus, qui viennent donner du piquant à notre vie parfois banale, à notre parcours de citoyen souvent à la recherche de sensation. Nous avions vécu en 2007 l’automne des accommodements raisonnables, il fallait bien quelque chose pour nous aiguillonner, nous faire grimper dans les rideaux. Voilà que les élections fédérales se mêlent de notre automne qui s’annonçait pourtant plus agréable, côté climat, que sa consoeur estivale. Rien n’est parfait dans ce monde, il faudra retourner aux urnes le 14 octobre afin de combler les aspirations d’un gouvernement conservateur qui espère par tous les moyens de devenir enfin majoritaire. Nous savons bien qu’il ne faut jamais présumer de l’humeur volatile d’un électorat qui ne se laisse plus émouvoir comme avant. À ma souvenance, il me semble que nous sommes allés aux urnes un peu trop souvent ces dernières années.

Cette rentrée automnale est aussi marquée par le lourd bilan des pertes humaines dans les rangs de nos militaires en service à l’étranger. Un très lourd bilan où la mission offensive des nôtres ne cesse d’être remise en question. Il y a de quoi! Plus de cent militaires canadiens ont versé leur sang dans l’honneur et dans l’aridité du sol Afghan hostile aux forces internationales et résistant à tout contrôle par des militaires étrangers. Sur les marchés mondiaux, les bourses sont frileuses, l’économie mondiale manque de souffle avec des turbulences successives, voire troublantes pour les petits investisseurs. La nervosité des marchés financiers était à son paroxysme au cours des derniers jours, les bourses ont failli s’écraser. Cela fait partie aussi de la rentrée!

«Courage, mon cher DG!» me disait un collègue de travail car Noël sera là dans trois mois. Quel encouragement! En regardant le tableau qui apparaît devant nous en cette rentrée automnale, il y aurait de quoi avoir les boules, mes amis! Peut-être que dans tout ce branle-bas nous avons à devenir un peu plus philosophe. En cette période accaparante, sachons prendre la vie comme elle vient et tâchons d’agir là où nous le pouvons sans trop espérer en retour. Mordre dans la vie, y apporter un supplément d’âme, c’est aussi important que de courir les réunions épuisantes en ayant la mine à terre. Cette rentrée 2008, nous invite peut-être à retrouver un peu plus de sagesse et à mesurer l’importance du choix de nos priorités dans notre vie. Napoléon 1er disait: «Avec de l’audace, on peut tout entreprendre, mais on ne peut pas tout faire.»

Après trois mois de répit bien mérité, le blogue du DG reprend du service avec un rythme de croisière balisé par l’actualité d’ici et d’ailleurs. Vous étiez nombreux à le lire et à participer par vos commentaires de qualité. Je vous remercie beaucoup d’être là pour entrer en dialogue, pour partager vos questionnements et pour avoir lu l’un des 117 articles écrits à ce jour. Le blogue a été visité depuis le début de son aventure, soit le 7 août 2007, par 7 269 internautes qui y ont effectué 11 505 visites afin d’y parcourir 15 425 pages. À vous tous qui me lisez au fil des semaines, je vous souhaite une rentrée à la mesure de vos talents et de vos aspirations en n’oubliant pas que c’est au cœur de soi que germent les projets d’espérance, ceux qui sont porteurs d’avenir. Dans ce monde en ébullition, il ne faut pas perdre de vue son étoile, sa destinée. Devenir ce que l’on est, c’est l’histoire de toute une vie et j’aime ajouter, même après. Bonne rentrée!


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