( 45 ) Randonnée au sommet

12 octobre 2007 - C’était dimanche, il faisait un temps magnifique! Je chaussai mes godasses et suis parti à la conquête du Mont-Royal. Par un temps superbe, je déambulais dans les sentiers que m’offrait cette montagne splendide sise au cœur de la métropole. On pourrait penser qu’il n’y a pas grand-chose sur cette petite montagne, qu’on y perd son temps quoi! Détrompez-vous, j’y ai redécouvert un décor fabuleux et une quiétude quasi monastique. Le Mont-Royal coiffé de sa majestueuse croix s’offre à nous; croix que des intégristes de la laïcité voudraient voir disparaître. Mais ils sont tombés sur la tête ces hurluberlus, ces iconoclastes post révolution tranquille. Calmez-vous le pompon, mes amis!

Voyez-vous cela, enlever la croix du Mont-Royal. Au nom de quel raisonnement tordu? La religion de la laïcité est en train de nous faire vivre tout un chemin de croix. Ceux qui pensent tout savoir sur le Québec, devraient replonger dans leur histoire. Il faut dire que l’on a pas mal négligé l’enseignement de l’histoire dans la belle province, suite aux multiples réformes dans notre système scolaire; nous avons formé, sans nous en rendre compte, plusieurs ignares de l’histoire du Québec. Nos racines et nos origines devraient nourrir la fierté de notre peuple, susciter l’admiration et le respect de nos devanciers, stimuler enfin notre devenir collectif! Revenons à notre majestueuse croix. Érigée en 1924, cette croix commémore le geste de Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve qui a planté une croix en bois à cet endroit en 1643 afin de remercier Dieu d’avoir épargné Ville-Marie des inondations.


Ce n’est pas l’Église qui a installé cette croix, c’est la Société Saint-Jean-Baptiste; ce n’est pas un évêque qui l’a plantée, mais Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve. Cette croix, jadis propriété de la Société Saint-Jean-Baptiste, a été remise par donation à la ville en 2004 qui l’entretient depuis son érection. La croix du Mont-Royal repose à la fois sur des symboles historiques et religieux; le courage des fondateurs et la foi qui les animait. Je l’ai déjà dit, notre terre est une terre sainte! C’est à cause de cette croix et des milliers d’autres croix plantées ici et là sur nos terres, entre forêts et rivières, que nous sommes devenus un peuple! Ces croix symbolisent l’âme du Québec et inspirent toujours la vie de la majorité des nôtres!


Oui, je disais que j’ai découvert un jardin magnifique sur cette montagne. Émergeant de l’archipel de Montréal, ce petit sommet de 232 mètres étonne tant par sa localisation que par sa forme. Ce modeste massif brisant la monotonie de la plaine environnante nous offre un sanctuaire, un havre de paix d’une étendue de 10 kilomètres carrés. Imaginez, tout cet espace de quiétude au cœur d’un bassin de plus de 3 millions d’habitants, assez bruyant merci. On y retrouve un parc de 2 kilomètres carrés, 200 000 arbres de 65 espèces, 600 espèces de plantes; 150 espèces d’oiseaux, 20 espèces de mammifères. Quelle richesse! Plus de quatre millions de visiteurs foulent le sol de ce grand jardin inauguré en 1876 pour y courir, marcher, faire de la bicyclette, respirer l’air pur, pique-niquer et se ressourcer. La croix nous y invite et nous y accueille à bras ouverts depuis quatre-vingt-trois ans!


Depuis une décennie, la marche a pris du galon au Québec; elle a presque volé le pas au jogging. Un peu partout l’on a vu naître des clubs de randonnées pédestres de toutes sortes: randonnée sur mesure, randonnée nordique, randonnée d’observation d’oiseaux, etc. Le pèlerinage aussi est bien en vogue; nous n’avons qu’à penser au célèbre parcours de St-Jacques de Compostelle. La marche permet sans doute de prendre de l’exercice, de découvrir l’environnement qui nous entoure, mais aussi notre environnement intérieur. Dans l’immensité de la nature du Mont-Royal, le marcheur est invité, comme par osmose, à rentrer en lui, à faire le point, à redécouvrir sa place dans l’univers. Qui suis-je au milieu de cette création unique? La majestueuse croix, qui fait les manchettes par les temps qui courent, continuera-t-elle d’éclairer nos humbles pas vers d’autres rivages, ceux de l’avenir, ceux de notre devenir collectif? Dans la tourmente des accommodements raisonnables, il ne faudrait pas toutefois confondre rivages et mirages.


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( 44 ) L'étonnant Che Guevara

11 octobre 2007 - Le Che, Ernesto Che Guevara, est mort il y a quarante ans! Il y a de ces figures mythiques qui marquent notre parcours terrestre, notre évolution humaine, notre inconscient collectif. Leurs personnalités sont tellement vives qu’elles habitent toujours nos désirs inassouvis, nos rêves inachevés, nos espoirs les plus nobles et cela même à un âge avancé. Beaucoup de gens ordinaires et extraordinaires, d’hommes et de femmes célèbres ont jalonné l’époque de ma jeunesse ; ils ont marqué particulièrement ce temps tumultueux où l’adolescence se cherche des héros. Période parfois tourmentée en quête d’une inspiration qui saura embraser et canaliser cette flamme naissante de l’émancipation, de la découverte de soi et du monde à changer. Sans doute que ces personnages historiques qui ont marqué ma jeunesse avaient quelques traits en commun, puisque j’y ai trouvé un peu d’idéal. J’ai nommé Jésus de Nazareth et le Che mes amis!

Vous allez me dire: « Êtes-vous sérieux?» Oui, très sérieux! Ces deux personnages évoquaient en moi un certain idéal, un désir de foncer dans l’aventure de la vie avec courage et audace. Le guérillero argentin Ernesto Che Guevara a été tué à l’âge de 39 ans à La Higuera par l’armée bolivienne le 9 octobre 1967. Nous étions à cette époque en pleine révolution tranquille au Québec et des figures emblématiques comme celle du Che avaient conquis le cœur de plusieurs jeunes de ma génération qui rêvaient d’un nouveau pays, d’une nouvelle terre. Nous étions en pleine révolution à la recherche de modèle, d’inspiration, de quelque chose qui nous soulèverait de l’ordinaire.


La figure de Jésus de Nazareth a marqué aussi fortement ma jeunesse, non pas par ce que je suis né dans l’eau bénite comme la plupart d’entre nous, mais parce que j’ai rencontré des hommes et des femmes habités par Lui et qui ont changé radicalement ma vie. Le Che était un révolutionnaire comme Jésus, sauf que les moyens utilisés par réaliser sa mission n’étaient pas les mêmes. Tous deux rêvaient de libérer le peuple de la misère, des inégalités sociales, du joug de leurs tortionnaires. Ils sont morts tous les deux dans la trentaine, assassinés dans une intervalle historique de deux milles ans. Loin de moi de vouloir dresser ici un parallèle de leur vie, mais il serait intéressant de m’y attarder un jour.


La personnalité du Che fascine encore même si ce fut celle d’un homme tourmenté par la soif de la guérilla à tout prix. Il devint esclave des moyens les plus crapuleux qu’il avait lui-même mis en place pour faire la révolution à travers le monde. Faire la révolution pour la révolution était devenu son leitmotiv. C’était presque une seconde nature! Quarante ans plus tard, sa figure mythique inspire toujours des millions de personnes qui ont le goût de la liberté, de sortir de leur torpeur et de leur joug. Il y avait chez ce barbu coiffé de son légendaire béret, cette audace et cette passion qui savaient soulever un peuple! Mais les gestes dans le parcours du Che en disent plus long que les paroles et les discours enflammés qu’ils savaient prononcer avec éloquence. Des gestes que ses contemporains lui pardonneront difficilement, voire jamais.


Plus de 2000 personnes venant de par le monde assistent annuellement aux commémorations de l’anniversaire de la mort du guérillero dans les montagnes au sud-est de La Paz. On peut même à l’aide d’un guide parcourir la Ruta del Che» en s’inspirant de la pensée du révolutionnaire et en clamant au terme du pèlerinage son vibrant slogan: Hasta la victoria siempre!». La vie du Che et celle de Jésus de Nazareth semblent des échecs à première vue. C’est peut-être pour cela qu’ils sont devenus des héros dans l’imaginaire collectif! L’un utilisait la force et les armes, l’autre n’avait que l’amour pour transformer le monde. Entre vous et moi, c’est l’amour qui a triomphé ; et cet amour est plus vivant que jamais !


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( 43 ) La confiance

10 octobre 2007 - Le bonheur, toujours le bonheur! En relisant le magnifique livre Le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry, je me suis mis à rêver en me disant tout bonnement: mais voilà le bonheur. Qui d’entre nous, n’aimerait pas se faire dessiner un mouton par ce gentil bonhomme aux cheveux couleur soleil? Qui n’apprécierait pas déambuler dans les champs de roses en quête d’une âme sœur? Il venait de nulle part ce Prince lorsqu’il surgit en plein désert, à la rencontre de cet aviateur égaré aux prises avec un moteur d’avion en panne. Mais est-ce qu’il existe ce royaume du bonheur? Si, si, c’est le Danemark!

Selon l’article du quotidien La Presse de dimanche dernier, le royaume du bonheur se trouverait au Danemark. Où? Mais oui, c’est ce petit bout de terre nordique loin des feux médiatiques, loin des fastes des sommets économiques et des consultations populaires. D’après les recherches économiques et socio-psychologiques réalisées depuis 30 ans, le Danemark est le pays le plus heureux du monde. Non, non, ce ne sont pas les États-Unis! Ce pays scandinave de confession luthérienne, 38 fois plus petit que le Québec, compte 5,5 millions d’habitants avec un taux de chômage de 3,3 %. «Pas si mal!» me diriez-vous; de quoi faire rougir ses gros voisins européens en mal d’essor économique. Une des clés du bonheur des Danois, selon les analystes, est la confiance; le Danois fait confiance aux autres Danois, à l’État et à l’avenir. Toute une leçon, mes amis!

Faire confiance? N’est-ce pas la clé qui ouvre toutes les portes? Celles du succès, du bien-être, de la cohésion sociale, de la vie, de tout quoi! Sans confiance, est-ce que la vie est possible? Au fait, qu’en est-il du climat de confiance dans la belle Province du Je me souviens et du sirop d’érable? Bien au contraire des Danois, les Québécois sont plutôt méfiants en regard de la classe politique, des chefs d’entreprise, des syndicats, des autorités religieuses et des journalistes. Les nombreux scandales au cours de la dernière décennie ont de quoi rendre méfiant les plus idéalistes et miner la crédibilité des figures jadis emblématiques du Québec catholique et prospère. Que l’on pense aux scandales des commandites, du sang contaminé, des abus sexuels, de l’affaire Norbourg et j’en passe. En ce qui concerne les politiciens, selon L’Actualité du 1er mai 2007, à peine plus de 3 Québécois sur 10 font confiance aux élus provinciaux. Dans les autres provinces canadiennes, c’est du 6 sur 10. Les chefs d’entreprises, les autorités religieuses et les syndicats ne récoltent même pas 50% de la confiance des Québécois. Nous sommes assez loin merci du Danemark!

Dans ce Québec en continuelle recherche de son identité et sur la manière de s’affirmer, la confiance n’est-elle pas une clé de son futur? Les échos rebondissants de la commission Bouchard-Taylor font parfois dresser les oreilles de tout bon entendant. Comment bâtir une province, un pays si l’on n’a pas confiance en ceux qui nous guident, en ceux qui composent notre devenir collectif? Je ne parle pas ici d’une confiance naïve, mais d’un état d’esprit, d’une intégrité qui soulève un peuple. Sans cet ingrédient de base, aucun projet de société ne peut aboutir harmonieusement. «Mais, il faut des élites dignes de confiance!» me direz vous. C’est vrai et les leaders charismatiques, intègres ne se semblent pas se bousculer au portillon de nos partis politiques.

La confiance prend ses assises en soi, mais aussi en ceux qui nous éduquent, nous dirigent, nous aiment. Il est impossible de se tenir debout sans avoir confiance en ceux qui nous invitent à marcher sur des routes sinueuses, à gravir d’âpres sommets au prix de lourds sacrifices. C’est lorsque nous croirons assez en nous-mêmes qu’adviendra un petit royaume de bonheur à la saveur danoise. La fierté d’un peuple naît de cette confiance mutuelle, de ce climat qui embrase notre générosité et notre créativité. La confiance, ça se mérite, ça ne s’achète pas à coup de commandites! Dans l’attente de cette confiance retrouvée, achetons tout de même une de ces fameuses pâtisseries danoises croustillantes et succulentes qui se déguste en toute confiance.

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( 42 ) Heureux les Québécois ?

9 octobre 2007 - «Tout le monde est malheureux, tam ti delam » chante notre troubadour national, Gilles Vigneault. Sommes-nous aussi malheureux que le dit la chanson du poète de Natashquan? Le récent sondage Crop-LaPresse de septembre 2007, semblerait faire mentir les paroles du célébrissime poète puisque environ les deux tiers des gens se disent heureux: 61% des gens se disent tout à fait satisfait de leur vie et 35% en sont plutôt satisfait. Étonnant!

De tous les facteurs qui manquent à leur bonheur, les Québécois signalent celui du temps. C’est vrai, il faut du temps pour être heureux, pour organiser quelque peu des espaces de bonheur. Nous sommes dans le siècle du cyberespace, dans une société qui bouscule plus souvent qu’autrement nos manières de vivre et de faire: la garderie le matin, le boulot qui ne finit plus, les courses après le travail, les heures supplémentaires pour boucler le budget, les activités sportives des enfants, le coiffeur, la maintenance des deux voitures, l’entretien de la propriété et la promenade du chien. Ouf! En y pensant bien, que vaut la vie s’il ne reste plus de temps pour s’émouvoir, s’attendre, aimer? Au fait, n’est-ce pas le temps qui tisse les jours, fait et défait les projets, les aspirations, l’être humain?

D’après ce coup de sonde publié samedi dernier, les sources du bonheur des Québécois sont très classiques: la famille (33%), la santé (24%), l’amour (15%). N’est-ce pas là des ingrédients essentiels dans la fragile stabilité de nos vies? Cependant, le travail ne semble plus représenter une source de bonheur (1%). L’époque du workaholic serait-elle bien révolue dans l’esprit des gens? Certes l’argent ne nuit pas au bonheur et d’après les données du sondage, les moins scolarisés se montrent neuf fois plus mécontents (9% le sont) que les plus riches. Intéressant de constater que les Québécois sont plus heureux qu’on ne l’aurait pensé et que souvent nous laisse croire la presse à potins ou encore certains baratineurs de tribunes téléphoniques.

Jamais une époque n’a été aussi spectaculaire que la nôtre: l’espérance de vie ne cesse de battre des records, la médecine fait des miracles chaque jour, les progrès technologiques nous éblouissent, les pays n’ont plus de frontières, les distances n’ont plus d’importance, etc. Pourtant les râleurs du pessimisme ambiant font la une des manchettes journalistiques. Il semblerait que dans ce monde épris de morosité, il faut râler à gorge déployée pour être crédible. Plus tu critiques, plus tu es respecté dans certains milieux; plus tu parles d’harmonie et de succès, plus tu passes pour un rêveur, un utopiste. Sommes-nous en train de développer le culte du narcissisme à outrance, une sorte de contresens historique de notre vécu en société.

Certes, il y a des situations problématiques à résoudre, mais le son cloche de ce sondage nous indique que nous saisissons mal le cœur des gens; il est vrai qu’il n’est pas facile d’évaluer les états d’âme. Nous sous-estimons trop souvent la capacité des gens d’affronter la vie, de rebondir et de se construire une oasis où leurs valeurs fondamentales sont protégées et où elles peuvent s’exprimer minimalement. Une question essentielle doit être posée un jour ou l’autre dans le parcours de nos vies: Qu’est-ce qui me rend fondamentalement heureux?

Notre société de la superconsommation et de ses marchands d’illusion nous proposent des recettes de bonheur plus éblouissantes les unes que les autres. Pour ma part, je crois fermement au petit bonheur qui se tisse au fil des simples gestes du quotidien: un mot d’encouragement, un regard d’enfant qui nous décroche un sourire, une marche dans l’immensité de nos forêts, une main tendue à celui qui peine, une tape sur l’épaule. Le bonheur est une chose qui se vit au quotidien, qui se sent dès le lever du jour, et non qui se raisonne au bout de savantes réflexions. Ça se sent! «Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?» chantait Ray Ventura. Un peu de temps!


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( 41 ) Rendre grâce

8 octobre 2007 - C’est fête aujourd’hui dans tout le pays; rendons grâce à Dieu! Selon l’information diffusée sur le site du patrimoine canadien: «Le jour de l’Action de grâce fut célébré pour la première fois après la Confédération le 15 avril 1872, à l’occasion de la guérison du prince de Galles (futur roi Édouard VII) d’une grave maladie.» Dans les méandres historiques de la naissance et de l’évolution de cette fête, la loi canadienne promulguée en 1931 en donne le motif suivant: pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des bienfaits dont jouit le peuple canadien. Oui, oui, c’est bien le gouvernement canadien qui dit cela; ce ne sont pas des ecclésiastiques. C’est l’État canadien qui nous invite à rendre grâce à Dieu pour les immenses bienfaits dont nous jouissons dans ce magnifique pays. En fait, de quoi pourrions-nous bien remercier Dieu?

En lisant l’historique de cette fête, j’apprenais qu’elle est célébrée dans au moins six pays dont les États-Unis et le Brésil. On peut toutefois se demander avec pertinence si les Canadiens et les Québécois ont le cœur à la fête. Après tout, nous sommes au bord d’élections imminentes tant à Ottawa qu’à Québec; la guerre en Afghanistan s’enfonce dans un gouffre sans fin et ne cesse de décimer nos forces vives; les envolées vertigineuses du huard provoquent des fermetures d’usines et laissent dans la misère des petits travailleurs; les commissions itinérantes ne finissent plus de sonder l’âme des Québécois et soulèvent le voile sur des plaies de société quasi incurables; et par-dessus tout, nos viaducs ne finissent plus de tomber!

Décidément, une chance que le ciel de septembre a été clément et la température exceptionnelle. Avec le superbe automne 2007 que nous a donné le Créateur, il y a de quoi Lui dire merci. Dans tout le brassage des opinions en cours, nous sommes très heureux que la folie des accommodements raisonnables ne soit pas venue nous amputer de cette pause stimulante sur les plans physique et familial. Il arrive juste à point ce congé de l’Action de grâce après l’épuisante rentrée de septembre. Il faut bien reprendre notre souffle, faire le plein, avant d’affronter la grisaille de novembre et la spirale des préparatifs nous menant à la fête de Noël. Ah, c’est vrai, pourquoi rendre grâce?

Je crois que cette fête nous convie annuellement à regarder la vie autrement, par le biais de la gratitude et non par celui de la mendicité. Reconnaître que, malgré les aléas de la vie et les défis du quotidien, l’aventure humaine mérite d’être vécue pleinement. Nous pourrions en ce jour, regarder et inventorier les nombreux cadeaux que la vie nous a procurés pour en remercier Celui qui, bien discrètement, guide nos humbles pas. La sagesse de la vie n’est-elle pas toujours plus profonde et plus large que la sagesse des hommes? Nous sommes des êtres de relation, faits pour vivre et aimer. Pourquoi ne pas développer en nous, un sentiment de gratitude pour les gens qui nous entourent, pour la vie qui circule en nous et autour de nous?

Rendons grâce au Dieu de la vie, peu importe ce qu’Il représente en ce moment dans nos pauvres vies de terrien. Nous sommes des fils et filles engagés dans cet univers en marche, des hommes et des femmes à la recherche de tendresse, de bonheur et d’humanité. La trame de nos vies ne trouvera de sens, de réponse satisfaisante sans passer par le creuset de notre âme. C’est au fond de soi, dans la complexité des enchevêtrements de nos états d’âmes, de nos leurres, de nos rêves et de nos espoirs, que nous pourrons être touchés un jour par ce faisceau lumineux capable d’irradier la morosité envahissante. Au cœur des vicissitudes de notre itinéraire terrestre, il y aura un jour ou l’autre l’ultime rencontre de la grâce, celle qui changera nos vies à tout jamais. En ce 8 octobre, vivons pleinement le moment présent dans la tradition du merci de cette fête; en fait rendons grâce!

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( 40 ) Un sacré bon prof !

5 octobre 2007 - Qui d’entre nous n’a pas eu son professeur préféré? Vous savez, celui qui à un moment donné de notre vie fut une personne qui nous a marqué, qui est devenu notre référence, plus tard un véritable ami. Ils sont rares, mais il y en a dans les fonds de classe de nos écoles, devenus malheureusement bien secondaires pour nombre de Québécois. Il y a de ces personnes-clé que nous croisons sur nos routes au bon moment dans notre jeunesse. Elles sont rarissimes, mais si importantes dans le parcours et le devenir d’une vie. En cette journée mondiale des enseignants, on peut se demander qu’est-ce qu’un bon prof?

En fait, qu’est-ce qui fait un bon prof? Sa formation? Ses connaissances? Ou ses capacités de communicateur? Les nombreuses études sur le sujet démontrent que même si la compétence de l’enseignant est importante, il s’avère que ses habiletés en matière de communication le soient tout autant. Le site américain
www.ratemyteachers évalue les compétences des professeurs selon trois critères: la clarté de leurs explications, leur bonne humeur et la tolérance dont ils font preuve à l’égard de leurs élèves.

La revue L’Actualité signalait en mai 2007 que 90% des Québécois font confiance aux profs; de quoi réjouir la mine de notre corps enseignant! Imaginez, c’est plus que la police (84%) et les groupes écolos (77%). Le monde de l’éducation avec toutes ses règles, ses normes et ses réformes n’est pas une sinécure. Que deviendront les enfants de la réforme scolaire en cours? Enseigner du matin au soir, c’est tout un défi dans le contexte où l’on se demande encore comment remplir un bulletin! Nous aimerions bien avoir des règles universelles pour former un bon enseignant: il faut se le dire, l’éducation est multidimensionnelle. Je crois profondément qu’il y a au fond de soi des dispositions fondamentales; quelque chose comme la vocation. Ce n’est pas vrai que l’on apprend à enseigner et à gérer une classe sur les bancs de l’université.

Mike Baker, après avoir sillonné les écoles du Royaume-Uni, a tenté de répondre à la question du profil du bon enseignant. Il a dégagé quatorze qualités, évoquées par les élèves, qui distinguent les as de l’enseignement. Le bon enseignant: s’adresse à des élèves comme à des adultes; s’adresse à des élèves dans leur individualité plutôt que membre d’un groupe; fait preuve de fermeté; fait que les élèves veuillent travailler pour lui; ne craint pas de dévoiler sa personnalité; éprouve de l’enthousiasme pour son sujet; stimule les élèves à l’imiter; incite les élèves à découvrir des réponses; est énergique; fait preuve d’humour; possède de profondes connaissances; prend des risques; montre de la compassion et de la curiosité pour les élèves; aime les élèves. Tout un défi à relever!

Je me souviens de Marcel, un petit bout d’homme enjoué. Il m’enseignait l’histoire comme si c’était un jeu. Ce professeur était un passionné; impossible de fermer les yeux en classe, encore moins de chigner sur ses devoirs. Avec lui, on avait du cœur à l’ouvrage. Il prenait le temps de nous écouter, d’être attentif à nos questionnements et même de rire avec nous. Ce cher Marcel avait compris que l’élève passait avant la matière, le jeune avant le projet. C’était un vrai pédagogue et il aimait assez sa matière pour nous éblouir. Ce petit bout d’homme avait compris l’art de communiquer, d’être en relation avec ses élèves sans se renier par complaisance. Non, il était ferme dans l’enthousiasme et serein dans la turbulence estudiantine. Ce n’était pas notre chum, c’était Monsieur Marcel! Nous avions autant de respect pour lui qu’il en avait pour nous. Il avait su conquérir nos cœurs d’adolescents égarés comme ce John Keating (Robert William) dans l’extraordinaire film La Société des poètes disparus. Cet enseignant hors du commun, qui effarouchait la hiérarchie d’un collège traditionaliste, incitait passionnément les adolescents à trouver leur propre voie par le chemin le plus court. Aider à trouver sa voie, n’est-ce pas ce qu’un élève peut espérer d’un bon prof?

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( 39 ) Montréal... pas si mal !

4 octobre 2007 - Comment va Montréal? La Fondation du Grand Montréal (FGM) a rendu public ce mardi son deuxième bilan de santé, intitulé Signes vitaux du Grand Montréal. Le rapport, produit à l’aide de la firme SECOR, analyse plusieurs domaines dont la démographie, l’éducation, la santé, l’environnement, le logement, les arts. Voilà un autre coup de sonde pour la 16e plus grande ville d’Amérique du Nord qui fournira sans doute quelques munitions à certains pourfendeurs d’épouvantails. Qu’en est-il du bilan de santé de cette agglomération de 3,3 millions?

Nous savons que le maire Gérald Tremblay a eu maille à partir avec les bonzes du monde culturel l’été dernier. On lui reprochait de ne pas en faire assez et de plier l’échine devant la tonitruante Toronto; menaces de déménager la tenue de festivals culturels lucratifs, abandons d’événements majeurs et tout le reste. Mais voilà que le bilan de santé de la métropole vient apporter un peu de baume à notre maire plutôt bon garçon.

Selon Katheleen Well, présidente et directrice générale de la FGM: «Notre rapport nous a permis de constater que l’économie régionale reprend de la vigueur et que plus de gens occupent un emploi. La grande région de Montréal est devenue un centre d’innovation scientifique et technologique. Elle se distingue aussi par son avant-garde artistique et sa vie culturelle dynamique et diversifiée.» Sur le plan démographique, il n’y a pas de boom à l’horizon. Toutefois, l’arrivée massive des immigrants est un apport significatif, mais doit relever aussi les défis majeurs reliés au travail. L’employabilité n’est pas au diapason de la demande de ces nouveaux arrivants qui ne réussissent malheureusement pas à s’intégrer harmonieusement. Pourtant, les nouveaux arrivants du Québec sont plus instruits que la moyenne canadienne.

Le rapport souligne que «Montréal est un milieu jugé sécuritaire; où les coûts en matière de logement et d’énergie, pour les ménages locataires aussi bien que propriétaires, sont plus avantageux que dans les autres grandes villes canadiennes.» Les crimes contre la propriété sont en baisse et Montréal compte parmi les régions métropolitaines les plus sécuritaires. Selon les données du rapport, le chômage vient de piquer du nez; il frôle la moyenne canadienne, du jamais vu depuis 20 ans. Toutefois, la pauvreté persiste. Il y a encore 23,7% des familles qui ont un faible revenu et le coût d’une saine alimentation croît plus rapidement que ne le fait le revenu. Les données signalent que les riches sont plus actifs physiquement que les pauvres (56%, contre 39%).

Le taux de scolarisation et d’obtention d’un diplôme augmentent, mais le défi majeur de la baisse des effectifs scolaires est entier, voire criant. Entre vous et moi, sans enfant, pas d’avenir pour Montréal, pas d’avenir pour le Québec tout court! Sur le plan environnemental Montréal est toujours vert, mais l’engagement environnemental des particuliers stagne tant sur le plan de la récupération que de la diminution de la consommation d’eau.

D’après ce rapport, le maire Tremblay et les Montréalais ont de quoi se réjouir un peu lorsqu’ils se comparent aux autres villes canadiennes. Montréal a encore du chemin à faire pour se hisser en tête du palmarès canadien. Tous ces indicateurs allument des feux rouges scintillant dans le ciel métropolitain. Dans la tourmente de la création du Grand Montréal en janvier 2002, nos élus savaient pertinemment les défis de taille d’intégration de ses 19 arrondissements. Après plus de 5 ans, nous sommes à même de nous demander si le grand conseil de ces ex-villes fusionnées ont réussi le pari de faire route ensemble.

Montréal ne pourra améliorer le sort de ceux qui sont les moins nantis, intégrer harmonieusement ses nouveaux arrivants, soutenir les initiatives environnementales, stimuler sa plate-forme culturelle et garder une économie vigoureuse sans un effort de tous les élus. C’est ensemble qu’on bâtît une ville! Heureusement que de nombreux organismes de bienfaisance comblent souvent l’inertie de nos bureaucrates, ramassent les pots cassés de nos mesures gouvernementales, accueillent les laissés-pour-compte avec compassion. Au-delà de ces nouvelles statistiques, il ne faut surtout pas oublier qu’une ville, c’est aussi une âme!


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( 38 ) Dans un spoutnik


3 octobre 2007 - La conquête de l’espace me fascine! Depuis le lancement de la première sonde Spoutnik I le 4 octobre 1957, l’humanité a changé, le monde n’est plus le même. L’immense chantier interplanétaire s’est vraiment ouvert à nous lorsque, pour la première fois, Youri Gagarine a fait le tour de la terre dans l’étroite capsule Vostok I. La conquête de l’espace était vraiment lancée! Après cinquante ans d’essais, d’échecs et d’exaltations, où en sommes-nous? Les audacieuses explorations nous amènent-elle à une ère nouvelle, celle de la colonisation de l’Espace?

L’exploration physique de l’Espace et de l’environnement immédiat de la planète Terre a pris un essor fulgurant à la fin de la Seconde guerre et a connu ses heures de gloire et de catastrophe. Au cours la guerre froide, la concurrence spatiale entre les États-Unis et la Russie était vive et servait de tremplin à ces deux grandes puissances rivales pour affirmer leur supériorité, idéologique, scientifique et autres. L’ouverture aux dimensions du cosmos fascine certes, mais pose des questions fondamentales, éthiques. Cette ambitieuse conquête est-elle au service de l’humanité ou au service d’activités spatiales pour fins intéressées, y compris les plus commerciales?

De toujours, les humains ont scruté le ciel avec le grand rêve d’aller flirter avec les étoiles. Les choses ont évolué depuis le premier vol de Gagarine; des équipages ont commencé à séjourner dans l’Espace; on rêve même d’aller y vivre et y travailler. Les films de fictions à la Star Trek nous ont longtemps habitués à imaginer des colonies humaines installées dans l’Espace et même à guerroyer avec des habitants étranges venus d’ailleurs. Serions-nous en train de tourner de la téléréalité?

Simultanément à l’exploration, l’Espace a été la grande scène d’une autre évolution, celle de sa commercialisation. Tout s’achète et se vend en ce bas monde; même là-haut! Les satellites, les images issues de la télédétection sont devenus autant de produits susceptibles d’être vendus et achetés, de générer des bénéfices ou des pertes… et donc d’intéresser le monde de l’industrie et du commerce. L’aventure du cosmos semble concrétiser progressivement un désir de colonisation. Le 21 avril 2001, Denis Tito a versé 20 millions pour s’envoler à bord de Soyouz TM-32. Il devenait, après huit jours de vol, le premier touriste de l’Espace.

Serions-nous à l’aube d’une culture de l’Espace? Dès que nous franchissons les barrières de l’inconnu, de l’inédit, des interrogations surgissent et notre imaginaire s’active. Nous n’avons qu’à penser aux percées impressionnantes de la médecine et des sérieuses questions éthiques soulevées par rapport aux manipulations génétiques, à l’euthanasie. L’Espace nous réservera sans aucun doute matière à discernement. Nous sommes toutefois encore loin de la colonisation massive du grand Espace. Il nous faut sans doute redécouvrir notre planète Terre qui semble à bout de souffle. Comme le dit si bien le talentueux Daniel Bélanger dans la chanson Dans un spoutnik: «Six milliards, Six milliards de solitudes, Six milliards ça fait beaucoup.»

La conquête de l’univers ne doit pas aveugler les défis inhérents au devenir collectif des terriens. Les solutions à notre vivre ensemble prendront toujours leur source dans le cœur des humains qui ont encore les deux pieds sur terre. Pour célébrer ces cinquante ans d’histoire spatiale, les paroles de Daniel Bélanger nous rappellent simplement d’atterrir un peu: «Poser là mon satellite où c’est la fête, Où les gens ne s’en font plus, Pour quelques heures, Et qui retourneront là d’où ils viennent, Plus forts, plus vrais, A demi invincibles».


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( 37 ) Nos aînés

2 octobre 2007 - Sous le thème «La force de l’âge c’est de vivre son âge», le Conseil des aînés du Québec invitait l’ensemble de la population et particulièrement les aînés, et leurs communautés, les associations et organismes les représentant, à souligner la Journée internationale des aînés. C’était hier, le 1er octobre. La force de l’âge! Les indicateurs démographiques ne trompent pas, le Québec prend de l’âge! Depuis 2003, la province compte plus d’un million d’aînés et la progression de ce nombre va bon train. Les aînés totalisent près de 14% de la population québécoise et si la tendance se maintient les 65 ans et plus représenteront dans quelques années 25% de tous les Québécois! Depuis l’Année internationale des aînés en 1999, nos aînés se portent-ils mieux?

Nous le savons tous, le Québec vieillit rapidement et il affiche une croissance des plus rapides dans le monde. La construction fulgurante des centres d’hébergement ainsi que les multiples services offerts à cette population en sont des indices éloquents. Les naissances ne suffisent plus à faire le plein et l’immigration vient combler timidement le renouvellement de la société. La journée internationale permet certes de réfléchir collectivement à la condition préoccupante des aînés, mais aussi de leur apport indéniable dans notre coin de pays. Depuis quelques années, les médias ont rapporté maintes situations aussi dramatiques les unes que les autres chez plusieurs bénéficiaires de centres hospitaliers et résidentiels. Il fallait réagir! En juin dernier, la ministre responsable des Aînés, Mme Marguerite Blais, annonçait une vaste consultation publique sur les conditions de vie des personnes aînées.

Il faut saluer vivement l’initiative de cette consultation publique qui sillonne présentement le Québec. Malheureusement, je le répète, il y a trop de commissions publiques en même temps. Par les temps qui courent, nous pouvons nous prononcer sur tout ou presque. Dans ce grand confessionnal à ciel ouvert, on ne sait plus où prendre parole, où prêter l’oreille. Il ne faudrait surtout pas que l’on tasse encore nos personnes aînées. Prendre soin de ses aînés est une question prioritaire dans ce Québec où semble pointer un certain mal de vivre chez nos devanciers. Le thème proposé par la commission itinérante m’apparaît viser juste: «Les conditions de vie des personnes aînées: un enjeu de société, une responsabilité qui nous interpelle tous.»

Les personnes aînées ne sont pas uniquement un marché économique à conquérir par la construction de résidences, par l’attrait de croisières et de réduction sur une panoplie de services de loisir. Elles sont avant tout des personnes entières, capables d’engagement au sein de la société, mais aussi vulnérables. Il y a une réflexion facile qui circule parfois dans le monde des affaires: «Le fric, ce sont les vieux qu’ils l’ont.». Certes, nos baby-boomers déjà retraités ont un bon magot, mais pas tous! Il est vrai que l’on retrouve des gens bien nantis, mais rappelons que 44 % des personnes aînés ont un revenu inférieur à 15 000$ et près de 80% ont un revenu de moins de 25 000$. À l’inverse, seulement 5% de ces personnes avaient un revenu de 50 000$ et plus. Les personnes aînées sont souvent la proie de vautours beaux parleurs à la recherche d’un butin plus facilement accessible.

Une tante de 85 ans, habitant dans un centre d’hébergement, me disait récemment: «C’est pas comme dans ma maison, mais je suis en sécurité ici, je mange bien et le personnel est bien gentil.» Pour les aînés vivant parfois dans des conditions précaires, la sécurité, la considération et la santé semblent primer sur bien des aspirations et petits plaisirs. Dans une époque glorifiant la jeunesse, la perspective du vieillissement rapide bouscule certains paradigmes acquis. J’ose espérer que les conclusions de la vaste consultation québécoise permettront d’accroître la compréhension, l’harmonie et l’entraide entre les générations; de reconnaître l’immense contribution des aînés à leur famille, à la société; de créer des conditions favorables où nos aînés pourront s’épanouir affectivement dans ce monde où tout évolue si rapidement. Une société qui n’a plus de reconnaissance et de soutien pour ses devanciers, prend un sacré coup de vieux!


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( 36 ) Plus riche qu'on le croit...

1er octobre 2007 - Çà y est! Nous l’avons la parité avec le dollar américain. Vendredi dernier, le dollar canadien a clôturé au-dessus de la parité avec le billet vert pour la première fois depuis novembre 1976. C’est grâce à la hausse des prix des matières premières ainsi qu’à la solide performance de l’économie canadienne et la faiblesse du dollar américain que notre huard ne cesse de se remplumer sur les marchés. Notre symbolique oiseau est devenu un refuge pour les investisseurs. J’ai déjà parlé de l’envolée de notre huard dans le blogue 20. Mais au fait, avec cette parité, sommes-nous plus riches?

Il est évident qu’avec un huard fort nous sommes plus riches. Nous valons plus sur les marchés mondiaux; notre capacité d’achat est plus grande et notre bas de laine est plus lourd grâce à cette vigueur nouvelle. Pour les grands consommateurs que nous sommes, ce n’est pas rien! Toutefois, le revers frappe assez fortement sur nos exportations, entre autre, aux États-Unis. C’est l’effet boomerang. Nos entreprises exportatrices de biens et services manufacturiers seront pas mal ébranlées et déjà des fermetures d’usines sont annoncées; enfin, certaines retombées font frémir nos petits travailleurs. L’économie des marchés et ses lois sont intraitables, voire insensibles aux réalités des petits travailleurs.

Dans ce contexte, il est toutefois pertinent de se demander: «C’est quoi être riche? Être pauvre?» À prime abord, nous serions enclins à imaginer des énoncées philosophiques conduisant à un grand débat; demeurons toutefois concrets! Un vaste sondage CROP en août 2007 auprès de Québécois indique qu’une famille de quatre personnes a besoin de 33 000 dollars par an pour échapper à la pauvreté. C’est exactement ce que Statistiques Canada a fixé comme seuil de revenu pour une famille de quatre personnes habitant dans une grande ville. Pas si bête, ces Québécois!

Le dicton populaire «Quand on se compare, on se console!» pourrait nous inspirer ces jours-ci et nous permettre de mieux saisir ce que nous valons. L’an dernier, Statistique Canada avait établi à 21 202 dollars le seuil de faible revenu pour une personne vivant seule dans un grand centre. Mais ce pauvre Québécois se situe tout de même dans les 11% de gens les plus riches du monde! Oui, oui, mes amis! Vous allez sans doute faire la moue devant cette affirmation. Je vous comprends! Il est clair que le Québécois moyen n’habite pas dans un pays du Sahel, qu’il ne vit pas avec l’air du temps sous un palmier à 37 degrés centigrades. Non, nous vivons dans la rigueur d’un pays nordique avec tous ses aléas; dans une superbe société, celle de la consommation à outrance.

Selon la Banque mondiale, il suffirait de gagner 54 000 dollars par an pour se classer dans le 1% des gens les plus riches du monde. Ça fait réfléchir mes amis! La question fondamentale de notre style de vie se pose avec pertinence et s’impose même! Entre vous et moi, est-ce que la qualité de vie se mesure uniquement par ce que l’on possède? Nous connaissons tous le mouvement de la simplicité volontaire. Ce mouvement nous invite à une consommation lucide, à ne pas tomber dans ce gouffre irrésistible et sans fin de la surconsommation, des avances de crédit inépuisable, de l’endettement effréné. «La richesse, selon les économistes, se mesure à la capacité de créer un patrimoine avec le revenu dont on dispose.» La recette est simple: on devient riche en dépensant moins que l’on gagne. C’est fou ce que l’on peut faire quand on coupe dans les dépenses inutiles!


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( 35 ) Vaincre le sida

28 septembre 2007 – Montréal accueillera ce vendredi le premier d’une série de concerts annuels intitulés «Unis contre le SIDA» dans le cadre d’une vaste campagne de l’UNICEF contre cette maladie qui touche aussi les enfants. Le sida continue de faire rage! Malgré les pas encourageants franchis depuis une décennie, dans la recherche et la découverte de nouveaux médicaments, ces avancées n’ont encore pas réussi à endiguer cette terrible maladie qui fauche tant de vie de par le monde. L’Unicef vient de publier un bilan peu reluisant de la situation des enfants et du sida. «Environ 2,3 millions d’enfants de moins de quinze ans sont infectés par le VIH; 15,2 millions de jeunes de moins de dix-huit ans ont perdu au moins un parent à cause du sida, qui en a rendu des millions d’autres vulnérables.» Imaginez, 2,3 millions d’enfants!

Au-delà des chiffres, il y a des enfants qui souffrent. C’est dans les pays d’Afrique que les enfants sont les plus touchés. Dans les pays d’où proviennent les données de l’Unicef, le taux d’infection est le plus élevé au Botswana et Swaziland, où une femme enceinte sur trois est infectée, ainsi qu’au Lesotho en Afrique du Sud où une femme enceinte sur quatre est infectée. Les efforts des organismes internationaux ont réussi à freiner quelque peu la hausse du taux de transmission. L’accessibilité à une médication appropriée n’est pas évidente tant par sa rareté que par son coût.

Je le redis, au-delà des avalanches de chiffres, il y a des millions d’enfants qui souffrent pendant que nous faisons la guerre en Irak et en Afghanistan. Que d’argent dépensé dans ces machines de guerre! Il n’y a pas que la maladie dont souffrent ces familles touchées, car il y a aussi la face cachée des victimes du sida. Non seulement ils doivent combattre la maladie, mais inévitablement la pauvreté inexorable, la discrimination, le risque de perdre leur foyer, l’obligation d’abandonner leurs études, l’éventualité de voir disparaître leurs possibilités d’avenir ou de mourir prématurément. Quelles perspectives pour des enfants!

Vingt-cinq ans après le début de l’épidémie du SIDA, des enfants sont toujours en danger. Saluons les nombreuses initiatives mises de l’avant pour stopper ce fléau. Ce vendredi soir, ils seront nombreux les artistes de chez nous à monter sur la scène du Centre Bell pour sensibiliser la population à la souffrance des enfants; mentionnons Avril Lavigne, Corneille, Sarah McLachlan. Redisons-le sur tous les toits, le SIDA est mortel! Il n’existe actuellement aucune façon de le guérir définitivement.

Pour sauver les enfants, cela ne peut se faire que par une action concertée des nombreux acteurs impliqués. On ne peut jouer au franc-tireur devant un ennemi aussi dévastateur. Selon Yanick Villedieu, journaliste scientifique: «Tout est dans le sida: la vie et la mort, l'amour, la sexualité, le sang, la peur, le courage. Tout, la solidarité et l'injustice, la discrimination et les luttes pour les droits de l'homme, la compassion et l'intolérance.» Emblématique de notre temps, le sida ne trouvera d’issue sans une volonté politique de nos gouvernements et des entreprises pharmaceutiques.

Les bonnes paroles ne suffisent plus pour enrayer ce fléau. Pour ces enfants que la mort menace, je rêve que les camps militaires se transformeront en hôpitaux, que les convois armés se convertissent en convois humanitaires, que les fusils se transforment en vaccins, que les belles paroles deviennent des programmes d’éducation dans les zones dévastées, que les sommes d’argent pour faire la guerre soulagent les enfants les plus meurtris du monde. Il est facile de prononcer de beaux discours sur l’importance des enfants atteints par le SIDA lorsque ceux-ci meurent si loin de nous.


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( 34 ) Pour l'amour des enfants

27 septembre 2007 – Qui ne connaît pas le célèbre hôpital Sainte-Justine de Montréal? Après un siècle d’existence, la réputation de ce centre hospitalier mère-enfant a franchi les frontières du pays. Plus 400 médecins, 200 chercheurs, 1300 infirmières, 400 bénévoles et 1000 professionnels sont au service des enfants au quotidien. Le centenaire de Sainte-Justine pourrait se résumer en ces quelques mots: Pour l’amour des enfants.

L’aventure de Sainte-Justine, c’est l’histoire de deux femmes exceptionnelles: Irma Le Vasseur et Justine Lacoste-Beaubien. Conscientes de la situation du haut taux de mortalité infantile, de l’importance de venir en aide aux mères nécessiteuses et des enfants souffrants de malnutrition, les dames Levasseur et Lacoste-Beaubien fondent le Refuge des petits malades sur la rue Saint-Denis à Montréal. Le Refuge est d’abord confié aux Filles de la Sagesse et prendra le nom de Saint-Justine le 25 avril 1907. Le Refuge déménagera à trois reprises pour se retrouver à son siège actuel sur la Côte-Ste-Catherine.

Depuis sa naissance sur la rue Saint-Denis, ce centre hospitalier est devenu un fleuron de notre système de santé. Il se distingue dans les domaines suivants: la recherche sur le développement de l’enfant, la recherche pédiatrique, la cancérologie, la chirurgie crâno-faciale et la dialyse. En outre, on y trouve un grand centre de formation où plus de 80% des pédiatres y reçoivent une formation de pointe. Sainte-Justine est sans contredit un centre à l’avant-garde des nouvelles technologies au service des enfants blessés.

Mettre un enfant au monde, c’est un émerveillement; c’est aussi source d’inquiétude et de doutes. La santé des enfants nous préoccupe tous. La vie change de façon radicale et nous n’avons pas le choix de nous y adapter. Chaque enfant est unique, mais il porte en lui tout l’héritage des milliers de générations de femmes et d’hommes qui nous ont précédés. Le potentiel de nos enfants, c’est celui de l’espèce humaine. Pour le réaliser, chaque enfant a besoin de nous et d’institutions comme Sainte-Justine. Chaque enfant vit dans une réalité familiale et culturelle et les divers professionnels de la santé sont là pour nous renseigner sur les soins à donner à nos petits et sur les étapes de leur développement. Mais il reviendra toujours au parent de prendre les décisions concernant son enfant.

Irma Levasseur et Justine Levasseur-Lacoste ont osé incarner leurs valeurs chrétiennes dans des engagements sociaux de premier plan. Nous étions loin des accommodements raisonnables, fort heureusement! Elles ont toute mon admiration. Coup de chapeau aux artisans de ce centre hospitalier pour les nombreux petits miracles qu’ils ont réalisés au cours de ces cents ans, mais aussi pour tous ceux qu’ils font naître à chaque jour dans le cœur des enfants et des mamans. Pour tout l’amour donné aux enfants malades du Québec, un immense merci!

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( 33 ) Hymne à l'automne

26 septembre 2007 - Sur la pointe des pieds, nous est arrivé l’automne. Il était 5 h15 dimanche dernier. L’automne nous est apparu tout doucement comme une légère brise du matin. Il faisait anormalement chaud ce matin-là pour mieux l’accueillir. Il est toutefois trop tôt pour que son manteau multicolore éblouisse notre regard de ses couleurs vives. Cela ne tardera pas puisque son parcours est bref comme celui d’une vie.

Automne! Une saison magnifique où le soleil continue de nous offrir l’éclatement de sa puissance parmi les feuilles qui tardent à disparaître. C’est plein de vie aussi! L’automne symbolise un peu ce que nous sommes avec nos exaltations, nos déceptions, nos dépouillements soudains. Il y a dans cette saison quelque chose d’unique, d’éminemment grandiose. C’est la saison des contrastes par excellence.

C’est une explosion de couleurs éclatantes, de parfums enivrants et de saveurs émanant du terroir. C’est comme si la nature nous faisait découvrir toute sa grandeur avant un dernier soupir. Je me rappelle tant de belles randonnées dans ces forêts au feuillage ardent, où les arbres se colorent pour mieux nous émouvoir, où les pommiers devenus lourdauds nous offrent généreusement de superbes fruits rouges. Et que dire de ces envolées d’oiseaux qui annoncent le grand départ vers des cieux plus cléments. Oui, c’est plein de vie !

Tout nous parle d’arrivée et de départ, de présence et d’absence, de naissance et de mort prochaine. On ne peut la retenir cette saison magique et généreuse avant de plonger dans son sommeil réparateur qui, fort heureusement, déploiera ses nouveaux atours au prochain printemps. Les quatre saisons rythment nos manières d’être, de faire et de vivre. Quatre stades dans nos vies d’homme et de femme pour apprivoiser le temps, apprendre à vivre sereinement et pour célébrer la vie par dessus tout.

Si l’automne sait nous émouvoir, il fait pourtant naître chez plusieurs certaines angoisses. Ce n’est pas tout le monde qui voit arriver l’automne d’un œil positif. Certes, après la rentrée scolaire, on commence à se remettre à peine du stress de cette période pour la moins épuisante. Tout recommence en septembre! C’est reconnu, la grisaille se pointe malheureusement en novembre. Avec les journées qui s’assombrissent, le froid qui prend de plus en plus ses droits, la morosité s’installe dans le cœur et l’âme d’un bon nombre. Comme quoi les saisons nous influencent plus que nous le pensons. Célébrons l’automne avec ses couleurs, ses parfums et ses saveurs ! Que le Créateur de ces saisons en soit amplement remercié.


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( 32 ) Les filles, toujours en avance !

25 septembre 2007 - Dans le monde scolaire, tout est reparti ou presque! Il y a toutefois un constat qui se dégage au fil des années; les filles performent mieux que les garçons et s’inscrivent en plus grand nombre à l’université. Une étude récente de Statistiques Canada s’est intéressée à la transition de près de 18 000 jeunes canadiens de 15 à 19 ans. De ce nombre, 39% étaient des femmes inscrites à l’université, 26% étaient des hommes également inscrits à l’université alors que les autres répondants ne poursuivaient pas d’études supérieures. Que se passent-ils avec les garçons?

La présence majoritaire de la gente féminine à l’université s’explique parce que le rendement scolaire des filles est supérieur, qu’elles consacrent plus de temps à leurs études et que les attentes des parents sont supérieures envers elles. En effet, soixante-dix pour cent des parents souhaitent que leur fille décroche un diplôme d’études universitaires, contre 60% qui souhaitent la même chose pour leur fils. Et nous pourrions continuer ainsi avec une série de statistiques qui démontrent que les garçons performent moins bien, qu’ils décrochent davantage du système scolaire. Ce phénomène se retrouve à tous les échelons, du primaire à l’université. Qu’est-ce qui fait que les garçons décrochent?

Les explications semblent complexes et multiples. Il est clair que depuis la révolution féminine, la femme a repris comme il se doit la place qui lui revenait, mais à l’inverse l’image masculine en a pris pour son rhume. Des études montrent, en outre, que les téléromans québécois véhiculent souvent, beaucoup même, l’homme macho, vulgaire, alcoolique et pervers. Il semble clair que l’identification avec son semblable n’est pas reluisante, voire attirante. De plus, certains soulignent que la présence prépondérance des femmes dans l’enseignement, 85% au primaire, a des incidences néfastes chez les garçons. L’école semble s’adapter plus facilement au comportement des filles et beaucoup moins à celui des garçons. Selon Ginette Lajoie, psycho éducatrice: «Les stéréotypes survivent encore et les garçons, plus que les filles, s’y réfèrent pour construire leur identité et apprendre à devenir qui ils sont.»

La réorganisation du système scolaire québécois remonte au rapport Parent, il y a presque cinquante ans. Depuis, sauf quelques exceptions, la formule a très peu changé: horaire peu flexible, une classe et un prof pour chaque matière enseignement principalement magistral, etc. Pourtant, le monde n’est plus le même et les jeunes aussi. Je ne crois pas qu’il faille chercher des coupables, mais nous devrions porter un regard nouveau sur la place de l’homme et du garçon dans notre système d’éducation. C’est sous un angle de responsabilité collective à partager entre la famille, l’école, la formation des maîtres et le réseau social qu’on pourra réduire l’écart de réussite scolaire entre les garçons et les filles. Pourquoi les garçons s’épanouissent moins à l’école? Il est notoire de constater que les hommes se dirigent peu en éducation et en enseignement car ils ont peu de place pour exprimer leur masculinité avec fierté. En serait-il de même pour les garçons?


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( 31 ) Victime de la dope ?

24 septembre 2007 - Coup de théâtre vendredi matin! Tous les journaux titraient le drame pathétique de Geneviève Jeanson. De 16 à 23 ans, notre ex-cycliste plusieurs fois championne, s’est dopée; elle a menti et elle avoue l’avoir fait maintenant! Mensonge trop lourd à porter pour cette jeune femme prise dans l’engrenage de la célébrité. État de choc, confusion ou libération?

Tous les éléments de cette confession sont explosifs et donnent un sérieux coup de Jarnac au monde sportif, principalement à celui du cyclisme déjà très éprouvé par le dopage. Dans le cas de Geneviève Jeanson les doutes s’étaient petit à petit transformés en certitude quant à l’utilisation qu’elle aurait fait
de l’EPO (érythropoïétine); il ne manquait que l’aveu. Les démêlés de la cycliste, à la suite de ses quatre affaires de dopage, avaient miné sa crédibilité auprès de ses admirateurs et du monde sportif. La suspension de deux ans de l’athlète en janvier 2006 pour raison de contrôle positif fut le coup décisif. Geneviève avait toujours clamé son innocence! Voilà que les grands aveux de la semaine dernière nous plongent dans une remise en question de tout l’entourage de nos athlètes.

On peut se demander aujourd’hui sur qui jeter la faute? Comment peut-on condamner cette adolescente de 16 ans? Je suis profondément triste pour Geneviève Jeanson. Nous ne saurons jamais le talent réel de cette jeune fille prometteuse. La dope a malheureusement gâché une partie de sa vie et ce que nous retiendrons d’elle ne sera pas très glorieux. Geneviève ne pourra jamais savoir la grandeur de son talent, puisque masqué par la dope. Il est clair que son entraîneur, André Aubut, n’a pas les pattes blanches dans la tragique histoire de l’ex-cycliste, pour ne pas dire sa descente aux enfers. Il est lui-même l’architecte d’une vaste imposture. Le voile est tombé et la machination est exposée au grand jour. Comment un adulte, entraîneur reconnu, peut-il pousser une jeune fille talentueuse dans une fin aussi tragique?


Geneviève Jeanson est sans contredit une naïve adolescente victime d’un adulte imbu de lui-même, pour qui la victoire comptait plus que la valeur même de sa jeune protégée. Le parcours, apparemment brillant de l’ex-cycliste a été certes chaotique, dangereux pour sa santé. Et qu’en reste-t-il sinon une mascarade, un lamentable échec. Le château de cartes s’écroule sous une pression devenue trop lourde à porter. Elle fut malheureusement le fruit d’une machine à gagner et d’une puissante pression de l’entourage. La victoire à tout prix dans l’arène sportive mène à des dérives lamentables. Nous en avons encore une preuve flagrante! Geneviève Jeanson n’est toutefois pas la seule victime du dopage cette année; pensons aux athlètes Floyd Landis, Ron Dennis, Bill Belichick, Michael Vick, Tim Donaghy, Barru Bonds et j’en passe. Geneviève ne pourra refaire son passé et celui-ci hantera à jamais sa mémoire.

Toutefois, la voilà libérer d’un secret trop lourd à porter; elle peut enfin commencer à vivre pleinement. Elle aura tristement gâché une partie de sa jeunesse. Ce drame humain nous montre encore combien l’ambition peut détruire les plus beaux des talents, les plus beaux rêves. Une personne n’est pas malheureuse parce qu’elle a de l’ambition, mais surtout parce qu’elle en est dévorée. «L’ambition est comme un torrent et ne regarde pas derrière soi» disait Ben Jonson. Une nouvelle vie s’ouvre pour Geneviève Jeanson et nous ne pouvons que lui souhaiter la plus belle des remontées.


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