( 113 ) Tout un cinéma!

7 mars 2008 - Le gouvernement Harper s’est mis à dos le monde créatif du cinéma et de la télévision. Le projet de loi C-10 a suscité la grogne des gens du septième art et du petit écran, car, semble-t-il, il y a dans ce fameux projet de loi une phrase qui rappelle, selon les réalisateurs et les producteurs montés aux barricades, la censure, les anciennes restrictions de l’Église et de l’État, des vestiges de la Chine communiste, rien de moins, mes amis. Ils ne dérougissent les «tourneux» de films. Les mots du projet de loi C-10 qui ont choqué l’industrie des grand et petit écrans sont les suivants: production jugée «offensante» ou «contraire à l’ordre public». Voilà ce qui énerve tout le beau monde de ce paradis de l’imaginaire et souvent du superficiel!

Au nom de la démocratie et de la liberté d’expression, les producteurs demandent tout simplement au gouvernement Harper de modifier dans les plus brefs délais cette grossière offense à l’industrie cinématographique et télévisuelle. La ministre Josée Verner n’a nullement l’intention de lever le petit doigt sur tout cela. Les députés de l’opposition n’y ont rien vu en Chambre et le tout est maintenant rendu sous les yeux scrutateurs de nos chers Sénateurs à majorité libérale, pour un bon nombre approchant la sénilité merci. Ils en sont en troisième lecture et eux aussi n’avaient rien vu de répréhensible ou d’offensant. Que penser de tout cela?

Il est vrai que les mots choisis par le gouvernement Harper ne sont peut-être pas les meilleurs. Mais il me semble, même devant les tapageuses revendications au nom de prétendus droits à la démocratie et à la liberté, qu’il s’avère nécessaire de regarder de plus près ce qui se produit et ce qui est subventionné dans notre immense pays. Il faut dire que les représentants des milieux de production ont riposté avec des arguments assez fermes. Cependant, il me semble que les contribuables canadiens ont droit de savoir ou de connaître où vont leurs deniers. Quelle est la place faite à la violence, au sexe et j’en passe dans nos productions? Qu’est-ce que nous montrons aux jeunes générations qui grandissent chez nous. Ce n’est pas d’aujourd’hui que diverses associations dénoncent la violence sur les écrans des cinémas et des téléviseurs. Un sondage auprès de la population étonnerait sans doute bien des producteurs.

Ce n’est pas vrai qu’au nom de la démocratie et de la liberté l’on doive financer des productions médiocres, scabreuses ou douteuses. Je me suis souvent questionné en arrivant à la fin d’un film subventionné par Patrimoine Canada. Je me demandais pourquoi on avait octroyé notre argent à un tel navet? Démocratie, liberté ou inertie? Ce n’est pas au nom de la censure qu’il faut aborder toute cette production cinématographique et télévisuelle, mais au nom de l’éthique. Est-il éthiquement acceptable de produire tel film ou telle émission télévisuelle? À qui s’adresse-t-on et à quoi veut-on en venir?

Certains journalistes ont pointé du doigt la droite religieuse; elle serait à l’origine de ce projet de loi. Qu’est-ce que ce potinage de bas étage apporte de plus dans ce débat? Je le répète, ce n’est pas une question de censure, de droite religieuse ou de je ne sais quoi. L’éthique établit des critères pour juger si une action est bonne ou mauvaise et pour juger les motifs et des conséquences d’un acte. Ce n’est pas un savoir que l’on veut conquérir; mais un éclairage pour agir de manière responsable. N’y a-t-il pas lieu de faire un discernement pour favoriser la santé de notre patrimoine filmique et télévisuel?

Qu’est-ce qui est éthiquement acceptable ou responsable de produire pour le public canadien? Doit-on promouvoir des productions qui prêchent outrageusement l’individualisme, l’hédonisme, le matérialisme et la violence dans notre société? De nombreuses coalitions de parents dénoncent le traitement que l’on fait de la femme, de la violence, du sens même de la vie dans certaines productions. Nous sommes loin de la question du conservatisme religieux ou de la censure. Nous ne sommes pas uniquement devant une question de fric; nous avons aussi à faire à des questions de sens, de valeurs communes et sociétales. Doit-on au nom de la démocratie et la liberté tout permettre?

Il est vrai qu’il est possible de contrôler autrement les productions. Je suis convaincu que les contribuables canadiens, au grand dam de nos producteurs, désirent des films et des émissions qui inspirent, donnent quelque chose de plus à travers les vicissitudes de la vie. Je ne parle pas des productions à l’eau de rose, mièvres et imbuvables. J’ai des films que j’ai regardés des dizaines de fois parce qu’ils inspirent, donnent un petit quelque chose de dignité, de grandeur, de beauté. Il me semble qu’une production cinématographique ou télévisuelle de grand public doit nous amener plus loin, doit dépasser le «je te tire dessus, tu meurs». Ce n’est pas aisé de porter un jugement sur tout ce qui produit chez nous. Je reste convaincu qu’un bon nombre de Canadiens bien-pensants ne sont pas insensibles à un certain discernement sur tout ce qui se tourne pour nos salles de cinéma et pour la télévision. Rien qu’à voir, on voit bien!


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9 commentaires:

Auditeur RVM a dit...

Article 113
(Luc St-Cyr) J’aime votre blogue. Dommage que vous ayez diminué votre rythme d’article. J’imagine que vous avez bien des occupations. C’est un des meilleurs que j’ai lu à date sur Internet et je vous en remercie. J’ai lu votre article sur le cinéma. Vous avez raison en disant que la censure, la droite religieuse ne règleront rien. J’aime que vous ameniez l’éthique et le discernement dans ce monde de la production cinématographique. Nous, pauvres payeurs de taxes, nous avons l’impression quant on lit tout ce qui se publie sur le cinéma et ce monde de stars que ce n’est que l’argent qui prime. Je travaille dans une grande épicerie. Si vous voyez tout ce que les gens achètent : 7jours, la Semaine, Dernière Heure, etc. C’est fou ! Avez-vous lu ces revues à potins d’artistes ? Faites-en une analyse et vous verrez ce que nous proposons comme valeurs! (10-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Sylvie Boutin) J’ai lu avec intérêt votre article sur le cinéma et le projet C-10. J’y trouve des pistes intéressantes pour un regard plus serein et plus éthique sur les productions de chez nous. Il est certain que l’on touche « un monde sacré ». Ma question porte sur le comment on attribue les sommes d’argent. Est-ce que ce sont des pressions, du lobby par les producteurs ? Nous avons tout vu dans système de subventions ! Il me semble que c’est peut-être là qu’il faut faire quelque chose. Moi aussi, je suis convaincue qu’il faut regarder ce que l’on produit. J’ai trois jeunes enfants et je ne veux pas qu’ils regardent certaines émissions. Merci pour ce texte qui touche à du vrai. (9-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Luc Samuel) Je suis en grand cinéphile. Moi aussi, je m’étonne que certaines productions soient subventionnées. Par contre, il y a des productions exceptionnelles. Je suis convaincu qu’il faut regarde cela de près ; après tout ce sont nos deniers. Je ne veux que l’on fasse la promotion de la guerre et de la violence. J’en trouve dans tous les films et même dans les bandes dessinées. Il y a assez de nos jeunes qui se font tuer à l’étranger pour rien! Les films québécois sont en général très sombres. Je les ai tout vu ou presque. Nous avons besoin d’un peu de lumière pour sortir de notre torpeur. (9-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Yvan Lavoie, journaliste) Cinéma des liberté et libertinage : la richesse en bout de ligne d'un oui ! Je pense, au départ et avec l'histoire un peu comme vous ''n’est pas aisé de porter un jugement sur tout ce qui produit chez nous. Je reste convaincu qu’un bon nombre de Canadiens bien-pensants ne sont pas insensibles à un certain discernement sur tout ce qui se tourne pour nos salles de cinéma et pour la télévision. '' Après examen de l'histoire et quelques données en psychologie je propose une autre démarche pour arriver à notre désir commun : un monde meilleur qui passe par la liberté et le libertinage.

-Le mot censure irrite toute personne qui a connu la censure des '' Jean-Sol Parte '' Simone De Beauvoir et bien d'autres entraîne automatiquement une levée de boucliers. La censure sur la sexualité a peut-être créé l'effet contraire du désir compulsif du ''fruit défendu'', puis fait naître la révolution tranquille, la soi-disant ''libération sexuelle'' ( c'est bien différent d'être libre intérieurement vis-à- vis la génitalité mais ouvert à la sexualité ou une certaine tendresse - je ne parle pas de génitalité- sur laquelle Karol Wojtyla réfléchit dans le livre difficile mais remarquable ''Amour et Responsabilité'' : voir chapitre sur la tendresse : être proche intérieurement et le manifester par des gestes etc; un livre dont j'ai eu le bonheur de faire lire des extraits à la radio de Radio-Canada et a ''jeté par terre'' les bases peu solides de bien des tenants de la révolution sexuelle permissive ou du tout permis. Lorsqu'il a enseigné à l'université à Cracovie, celui qui deviendra Jean-Paul II a connu une incroyable popularité avec sa pensée Amour et Responsabilité que je saurais trop vous suggérer)

Je ferme cette parenthèse qui résume quelques années de recherche et la collaboration à la rédaction d'un livre qui a des airs de Saint-Augustin... Et je reviens au risque de la censure.

Maurice Bellet l'un des beaux intellectuels en notre temps qui a été reçu à Radio-Canada par Marcel Brisebois ( l'un de nos plus brillants prêtres québécois, lui aussi prêtre notait- de mémoire... - dans l'un de ses ouvrages qu'en matière de sexualité la colère contre les abus et le désordre révèle quelque chose d'intérieurement non résolu comme ce fut le cas de tant de confesseurs fâchés. De là, la censure ou ce qui s'en approche avec les meilleures intentions du monde, se présente comme un risque que l'histoire a abandonné (la censure).

Allons-nous pour autant comme croyants encourager la violence ou les effets de la génitalité tous azimuts. Certes non ! Cependant cette analyse psycho-sociale (Maurice Bellet est psychiatre) compose bien avec l'un des primats de l'évangile : ''les publicains et les prostituées qui ont finalement retourné leur veste de bord et ont dit oui à ''l'évangile ou au Christ - vous précéderont dans le royaume des cieux''

En définitive, va pour dénoncer la sexualité '' déconnectée', de la Responsabilité qui envahit tant de films mais sans user de répression, censure, boycottage. Un magnanime respect des libertés par un témoignage de vie trouble intérieurement les ''publicains et prostitués'' ou libertins(tines) qui savent bien ''qu'une vie de débauché a un goût de souffre comme l'avait dit un autre invité de Marcel Brisebois, dont le nom m'échappe.... Lévy quelque chose...

Bref le monde meilleur de Vatican II passe par la réflexion sur la liberté de ceux qui cherchent et sa navrante résultante, fut-elle insoutenable que la libération sexuelle menace ce jadis saint Québec d'une dissolution progressive et de l'invasion massive des étrangers: il y a en effet aujourd'hui annuellement autant d'avortements que de naissances. À moins que la ''Lumière du monde'' ne revire la situation comme au temps de l'évangile des publicains et prostitués. Quelle bonne nouvelle de la liberté de Dieu qui devrait en avoir les moyens. Il en a vu d'autres dont les dinausaures qui s'ébattaient les bois et sous bois de Montreal. Laissons aux artisans du cinéma dire non pour un temps aux valeurs de l'évangile qu'ils découvrent la richesse du oui ! (8-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Marc Senécal) J’ai parcouru votre article que je trouve bien équilibré. J’aime la réflexion que vous nous apporter. Je vois que vous ne prenez pas position sur le projet de loi C-10. Sans doute que ce n’était pas votre désir. Je trouve que vous parlez de tous les groupes : les contribuables, le gouvernement, les producteurs, etc. J’aurais aimé une position plus tranchée de votre part. Disons que vous nous offrez une belle réflexion mais j’aurai souhaité quelque chose de plus précis. Je vous lis régulièrement. Bravo ! (7-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Mathida Laprise) Que pensez de tout ce qui se produit ! C’est étourdissant et malheureusement pas toujours de bon goût. Je ne suis pas une conservatrice encore moins une croyante. J’aime écouter à Radio Ville-Marie pour la belle musique ! Je trouve intéressante votre réflexion éthique dans ce débat sur le projet de loi C-10. Si nos politiciens et nos producteurs prenaient en compte cette dimension éthique, on aurait peut-être plus de meilleures productions. C’est une simple opinion d’une humble québécoise. Nous les petits contribuables, nous ne sommes jamais consultés sur ces choses là. (8-03-08)

Auditeur RVM a dit...

Jason Lemieux) Merci pour votre article. J’ai fait partie d’une coalition pour dénoncer la violence au cinéma et à la télévision. Ma jeune sœur a déjà été agressée il y a quelques années. Ceux qui produisent des films ne vivent pas cela eux ! Ils s’en foutent éperdument. Je n’ai pas suivi tout ce débat sur ce projet de loi mais je souhaite de tout mon cœur pour les enfants de chez nous que l’on cesse de produire tous ces films qui nourrissent la violence ! Assez, c’est assez messieurs les producteurs ! (7-03-08)

Auditeur RVM a dit...

(Pierre Jamin, président des Artistes pour la Paix) J'ai lu ton blogue avec lequel je ne suis pas d'accord. Tu trouveras ci-dessous la raison pour laquelle les Artistes pour la Paix s'insurgent contre le projet de loi C-10, et tu verras que sur ces trois pages, nous ne faisons jamais référence à un complot ni à l'existence de la droite religieuse, qui semble motiver ta réaction contre la levée de bouclier des artistes cinéastes.

Monsieur le Premier Ministre, Les Artistes pour la Paix désirent vous exprimer leur vive inquiétude concernant le projet de loi C-10 présentement à l'étude au Sénat. Nous reproduisons d'abord, avec sa permission devant notre traduction, les mots du cinéaste documentariste expérimenté Donald Winkler, qui vous écrivait il y a quelques jours : « en référence à ces clauses de la loi C-10 dernièrement mises en lumière, donnant au Ministère du Patrimoine, par l'entremise de décisions prises par un comité fort mystérieusement constitué, le droit de retirer les crédits d'impôts à des projets artistiques déjà entièrement approuvés par des agences responsables, incluant Téléfilm Canada et le Fonds Canadien de Télévision. L'objectif proclamé d'un tel changement - créer un dernier rempart contre le financement public de matériel obscène, violent ou haineux- ne justifie en aucune façon l'application facilement corruptible d'une telle politique, ni la façon détournée, sinon suspecte, avec laquelle elle a été introduite, subrepticement glissée à l'intérieur d'une loi au libellé massif, en supposant qu'elle puisse passer sans être repérée, ce qui a failli arriver (...). Parce que ce n'est pas ce qui est vraiment haineux, ultra violent ou dangereusement obscène qui sera visé ici, mais ces travaux artistiques qui peuvent offenser un petit groupe de gardiens autoproclamés et non imputables, persuadés de leur propre infaillibilité et déterminés à imposer leur propre vision de la morale et de la rectitude politique à l'ensemble de la communauté. Là est le danger. Et même si ce n'est qu'un danger, il doit être condamné. Il en va de même pour la revendication affirmant que "n'importe qui peut créer ce qu'il ou elle veut sans piger dans les deniers publics, alors où est le problème?" - une telle déclaration hypocrite induit sciemment en erreur. Compte tenu du fait que nous parlons ici d'un médium qui a des exigences financières considérables, de telles mesures imposeraient un vent de paralysie sur l'expression artistique. Dans les circonstances, il est difficile de croire que telles n'en sont pas les intentions. »

Pour les Artistes pour la Paix dont un des rôles majeurs est d'observer la politique extérieure canadienne et l'évolution agressive de son ministère de la Défense Nationale, la vague référence dans le projet de loi C-10 à des oeuvres « offensantes pour l'ordre public » nous heurte vivement. Car tout documentaire qui oserait évoquer avec ferveur la mission première des gouvernements de protéger le bien commun et un « ordre » à base de justice sociale ne risquerait-il pas la censure de la droite, pour qui l'ordre public signifie plutôt maintien de l'ordre existant? Tout cinéaste qui, par exemple, au nom du respect du Traité international de Non-Prolifération nucléaire s'opposerait aux politiques de l'OTAN et du NORAD qui contreviennent à ses clauses essentielles, serait-il immédiatement classé par votre gouvernement comme subversif?

Qui sait si on ne classerait pas comme contraires à l'ordre public le Peuple invisible de Richard Desjardins, qui dénonce les conditions misérables des autochtones dont vous avez rayé l'entente de Kelowna qui leur assurait 5 milliards de $ en aide et en logements sociaux, ou même les efforts d'aide aux jeunes de la rue par Dan Bigras, puisque vous avez coupé des services au Refuge des jeunes, pourtant si essentiels à sa simple mission de réinsertion sociale?

Les œuvres des artistes qui protestent contre la pollution extrême de l'exploitation des sables bitumineux par des industries pétrolières ou contre les exportations d'armes canadiennes qui ont récemment septuplé tomberaient-elles aussi sous l'accusation de troubler votre conception d'ordre public, qui encourage l'une et les autres? Contraires à l'ordre public, les protestations des altermondialistes se heurtant à vos coûteuses clôtures des sommets de Québec et de Montebello protégeant « l'ordre nouveau » de gouvernements complices de changements antidémocratiques? Quel serait l'accueil de votre comité devant un documentaire qui condamnerait « les ordres » du général en chef Rick kill those scumbags Hillier entraînant tortures et disparitions de prisonniers présumés Talibans et cautionnant des opérations d'attaques meurtrières ainsi que des dommages considérables aux biens des civils afghans?

Quelle est la conception juridique de « l'ordre public » d'un gouvernement qui n'a jamais trouvé l'once de compassion et l'infime parcelle de courage politique nécessaires pour protester au nom des Droits de la Personne contre l'emprisonnement pendant six ans à Guantanamo d'un gamin de quinze ans de nationalité canadienne, sur qui plane en outre la menace d'une condamnation à mort?

M. le Premier Ministre, nous vous pressons de retirer ces clauses, qui sont en contradiction avec nos traditions de liberté artistique et de pensée démocratique. (7-03-08)

denis a dit...

Toujours délicat et subjectif de devenir critique, au temps présent, sur l'éthique au cinéma ou à la TV qui, plus souvent qu'autrement, est relatif selon l'époque. La série 'Batman' dans les années 60 était considérée comme une mauvaise influence sur les petites têtes blondes de l'époque à cause de la relation douteuse de Bruce Wayne/Batman et du jeune ado Dick Grayson/Robin. On a vu les cotes d'écoutes baissées, à la 3e saison on a rajouté le personnage de Batgirl, mais rien n'avait changé.

Il fallait attendre les années 70 pour connaître des changements majeurs dans la censure au cinéma. Les sujets devenaient au cinéma plus critiques sur la société, d'une violence montrée dans un format 'graphique' comme on dit dans le jargon cinématographique. Dans le film 'Apocalypse Now' de Coppola les propos de Brando pouvaient être audacieux à cette époque, j'avancerais plus 'immoraux' qu'un film d'horreur sur les Zombies. Et pourtant le film de Coppola est considéré comme une oeuvre majeure dans l'histoire du cinéma(je l'ai revu récemment, avec le recul et la mâturité je comprends mieux les plans choisis et de sa signification). Le cinéma européen était plus audacieux, comme pour certains films de Passolini par exemple. 'Salo, et les 120 jours de Sodome' un film insoutenable sur les sévices des Nazis dans la petite ville de Salo du nord de l'Italie, le genre Horreur au cinéma peut aller se rassoir après ce film. Le pape Jean XXIII avait rencontré Passolini pour son film 'L'Évangile selon St-Mathieu.'

Je conviens que je ne souhaite pas faire l'éloge à tout prix sur le 'mauvais goût' ou des productions douteuses au cinéma. Le 7e Art a un langage propre à lui, il touche autant de clientèles différentes et diversifiées comme il existe des Genres aussi différents pour répondre à ces clientèles. Parmi les Genres il existe des sous-genres. Ces sous-genres on les retrouveras en majorité dans le contexte de Festivals comme celui de Fantasia qui a lieu à tous les mois de juillet à Montréal. Fin mois d'août se sera au tour du Festival du Cinéma du Monde, disons un peu plus intellectuel comme clientèle. Je n'apprends rien à personne ici sur les USA, qui sont passé maîtres pour créer des besoins, il existe des studios de cinéma spécialisés sur le Genre religieux au cinéma. Mel Gibbson a donné un engouement pour ce genre avec la Passion du Christ, même si le genre existait déjà bien avant comme pour la vie de Saints.

Le contexte dans lequel le Gouvernement Harper veut faire approuver son projet de Loi est le même pour la majorité des autres applications de projets de Loi considérés comme impopulaires, manquant souvent d'une vision globale et de connaissances sur tels sujets, aussi des impacts futurs de tels projets(rien qu'à voir avec les décisions et choix sur la guerre, une façon de ce gouvernement de régler des problèmes, même chose pour les choix sur l'environnement). Je ne suis pas politicien, mais je crois que c'est évident ici qu'il aurait été souhaitable que ce gouvernement puisse expliquer en quoi le Cinéma peut-être une source du 'Mal' contre l'Ordre établi. Il devrait plutot se concentrer sur des politiques familiales plus élaborées, afin de prévenir un tas de problèmes sociaux: décrochages, délinquances, santé mentale, etc. Dans une telle orientation ça sentirait pas le complot et serait beaucoup plus adapté à nos problèmes sociaux. Il y a uregence dans la demeure.