(117) Les médias qu'on entend et ceux qu'on écoute

2 mai 2008 - Les médias font partie de notre univers quotidien. Nous sommes même devenus des spécialistes du zapping. La Journée Mondiale des Communications sociales que nous soulignons dimanche qui vient nous invite à porter un regard sur ceux et celles qui oeuvrent dans ce monde fascinant, à discerner ce qui se fait et à valoriser ce qui est porteur d’avenir pour notre société en devenir. Devant l’avalanche des chaînes de télévision qui ne cessent d’augmenter, on peut certes s’interroger sur la pertinence et la mission de certaines chaînes. Dans ce monde de la surconsommation, il ne faut pas se surprendre que les médias soient devenus l’outil privilégié du commerce. On parle d’ailleurs de radios commerciales!

En novembre 2000, Marie Plourde, journaliste au Journal de Montréal coiffait sa chronique quotidienne de ce titre pour le moins évocateur Ici radio malade. Elle faisait remarquer avec pertinence que le but de la radio actuelle n’est pas de faire la meilleure radio, mais d’être numéro un. Et elle renchérissait en disant: «La radio est séropositive et refuse de l’admettre. Elle est dirigée par des gestionnaires qui pensent qu’on doit plaire à tout le monde en même temps. Une affreuse maladie devenue chronique qui rend le paysage radiophonique tellement monotone telle une plaine de l’Ouest sans relief, peuplée de gros bisons insignifiants ne reconnaissant en rien le talent.» Qu’en est-il huit ans plus tard? Dans un récent article du journal Voir, Steeve Proulx écrivait: «Les radios commerciales entrent dans un processus de destruction créatrice. Elles devront se réinventer. Et plus tôt sera le mieux

On assiste depuis quelques années à un remue-ménage sans précédent dans ce secteur vital des médias. Qui n’a pas entendu parler de la convergence, de la vente de CKAC, de la disparition de la chaîne culturelle de Radio-Canada, des méandres de CHOI-FM, de l’avenir houleux de TQS, etc? Plusieurs talents de chez nous ne peuvent plus avoir accès à des diffuseurs parce qu’ils n’entrent plus dans le son, dans les standards du numéro un. À chaque audience publique l’ADISQ rappelle aux requérantes de licences et au CRTC l’importance de mettre en valeur les talents de chez nous, signe vital de la culture québécoise. Les radios commerciales, qui piquent du nez dans les sondages, demandent au CRTC de modifier les quotas de musique francophone afin de pouvoir rejoindre davantage les jeunes.

Fort heureusement que les médias alternatifs, communautaires ou spécialisés font plus facilement une place aux jeunes auteurs et créateurs, à la vie du vrai monde. Selon Martin Bougie de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ), «En encourageant la participation de la population à leurs activités et en élaborant leurs programmations en fonction des besoins du milieu, on peut dire que les radios communautaires sont vraiment à l’écoute des gens. En retour, on a affaire à des auditeurs attentifs et passionnés.» «En ce qui concerne la publicité, cette réelle proximité se traduit par une plus grande efficacité.» précise M. Bougie.

L’énoncé classique adopté par l’UNESCO il y a cinquante ans selon lequel la radio a une triple fonction, soit l’information, l’éducation, le divertissement, devrait toujours guider les gestionnaires des stations dans leur réflexion sur le rôle de la radio dans la société québécoise. De plus, cet énoncé devrait amener les auditeurs québécois à faire un choix plus éclairé sur le type de radio à écouter et à valoriser. Certes, il y a des radios qu’on entend et il y a celles qu’on écoute vraiment. La radio a des exigences techniques qui ne peuvent pas être ignorées: la qualité professionnelle doit être au rendez-vous. Et parler à la radio, c’est bien, mais encore faut-il avoir quelque chose à dire et savoir à qui on veut s’adresser… Le vrai succès d’une radio repose justement sur cette double exigence de qualité technique et du contenu éditorial. Tous les médias peuvent être analysés à travers ces deux critères et leur triple fonction d’information, d’éducation et de divertissement.

Les radios alternatives, communautaires et spécialisées ont misé, pour leur programmation, sur les besoins de la population sans chercher à être numéro un. Certes, il y a un prix à payer à ne pas vouloir être à tout prix numéro un. Sans doute celui d’être moins fortuné, mais avec les avantages d’être au cœur de la vraie vie et d’amorcer des changements en profondeur. Embrasser dans sa programmation les causes sociales, les plus démunis, les services communautaires ne favorisent pas l’ascension vers la radio la plus écoutée, la plus musicale, la plus cool et la plus… L’arrivée récente des radios religieuses et spirituelles au Québec a permis à celles-ci d’inventer une présence nouvelle, de répondre à des besoins essentiels et leur croissance est indéniable depuis plus de dix ans. Elles présentent, sous des accents divers, les valeurs essentielles à la cohésion du tissu social de chez nous. Les radios qu’on entend ne sont pas nécessairement celles qu’on écoute vraiment.

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com

( 116 ) Le monde a faim !

18 avril 2008 - Depuis quelques jours, tous les médias du monde font état de la crise alimentaire mondiale. Des images dramatiques ont fait le tour de la planète à la vitesse de l’éclair. La cause? On estime que le coût des denrées alimentaires de base ont atteint des prix records, rendant la nourriture inaccessible pour les moins nantis de la planète; en fait ces prix ont doublé au cours des trois dernières années. Des émeutes violentes ont éclaté en Haïti, en Égypte et au Cameroun; des milliers d’enfants sont voués à une mort certaine et la Banque mondiale réclame une intervention d’urgence des pays riches. La marmite surchauffe en ces jours d’avril et c’est un brasier plus dangereux que celui de la flamme olympique sur son parcours. C’est le monde qui en train de devenir un baril de poudre, voire un tsunami sans précédent. Quand les êtres humains sont entre la vie et la mort par manque de nourriture tout peut arriver. Certains ténors statisticiens et bureaucrates clament que la terre est surpeuplée et qu’il manque tout simplement d’aliments de base. Qu’en est-il au juste?

La planète Terre accueille quotidiennement près de 200 000 nouveaux habitants. En ce jour, c’est 6 691 853 140 habitants qui doivent se nourrir convenablement en sachant bien que l’espérance de vie dans le monde est de 64,3 ans. De plus, l’Asie est en pleine explosion démographique; l’Inde dépassera la Chine comme première nation du monde d’ici 2030. La mondialisation semble avoir brisé les frontières, ouvert des portes sur la prospérité pour tous, favorisé des échanges commerciaux et des mouvements de population inédits. Illusion, mes amis! Il est incontestable que la mondialisation a créé davantage de pauvreté et de misère. La crise alimentaire qui sévit dans près d’une trentaine de pays n’est que la pointe de l’iceberg qui est en train de bouleverser le monde.

Il faut sans doute changer notre regard, notre perception sur ce monde devenu si proche et que nous croyions connaître. La presse internationale nous a peut-être donné que certaines facettes de cette crise sans précédent. On clame de partout depuis plus d’une décennie sur tous les tons que le monde entier est un village global. Imaginons un instant que ce village soit composé de 100 habitants, il y aurait:

- 59 Asiatiques, 14 Africains, 14 Américains, 13 Européens
Il y aurait également 51 femmes et 49 hommes. On compterait 50 jeunes de moins de 25 ans.
- 20 personnes (uniquement des hommes), posséderaient 80% du village et de ses richesses. 1 femme seulement posséderait sa propre terre.
- Entre 5 et 6 femmes auraient subi un viol.
- 42 personnes ne boiraient jamais d’eau potable.
- 50 personnes vivraient au sein même du petit village, 50 autres seraient éparpillés aux alentours.

- 33 habitants vivraient une situation de conflit armé dont 23 seraient des femmes.
- 5 hommes et 1 femme seraient militaires, policiers ou gendarmes.
- 5 enfants travailleraient dans des conditions d’esclavage et 1 petite fille seraient employée de maison sans être rémunérée.
- 60 personnes sauraient lire, écrire et compter. 40 d’entre elles seraient des hommes.
- 50 habitants pourraient avoir accès aux soins de santé.

- 20 personnes auraient accès à un ordinateur, dont 15 connectées à un réseau de type Internet.
- 1 personne serait considérée comme riche, c’est-à-dire possédant plus de richesses que nécessaire pour assouvir ses propres besoins et ceux de sa famille. Elle posséderait à elle seule 50% du village et de ses richesses.
- 80 personnes auraient une religion, dont 40 seraient forcées de la pratiquer (sous contrainte ou par la coutume), et 20 autres ne la pratiqueraient pas. En outre, 5 personnes la pratiqueraient malgré des risques pour leur survie.
- La bibliothèque du village ne serait accessible qu’à 24 personnes, les autres en seraient privées. Le cinéma serait visité chaque semaine par 1 personne, toujours la même.
- L’électricité serait coupée environ 50% du temps, faute de moyens. 30 personnes gaspilleraient 90% des ressources naturelles et énergétiques du village.
5 personnes seraient déjà parties en vacances. On prévoirait que 10 personnes au total le feraient d’ici 5 ans. (PopulationData.net)

Nous pourrions poursuivre l’alignement de ces chiffres sur des pages et des pages. Ceux-ci permettent de nous remettre en perspective ce qui se passe sur une planète qui ne cesse de vivre des bouleversements historiques. Nous sommes tous des fils et des filles de cette Terre malgré ces injustices flagrantes et grandissantes. Ces chiffres nous permettent de mesurer ce que nous sommes et la volonté parfois inavouée de ne vouloir rien changer des choses.

Les vraies causes de la crise alimentaire ne sont pas toujours avouées. Vous vous en doutez bien, cette crise profite à certains groupes et nations bien nantis de ce monde. Ce n’est pas vrai que nous ne pouvons pas nourrir tous les humains de la planète. Les seules sommes d’argent investies dans la guerre en Irak pourraient nourrir abondamment tous les enfants affamés de l’Afrique aux prises avec des conflits et affligée d’endémie. Il est clair que la spéculation de replis sur les denrées alimentaires à la suite de la crise des surprimes, la production outrancière d’agrocarburants et le réchauffement climatique grandissant a provoqué un terrain fécond à cette crise alimentaire mondiale.

Soyons bien clairs, ce ne sont les populations des pays les plus démunis de la terre qui causent cette crise sans précédent. Il faut trouver les sources ailleurs, surtout chez ceux qui possèdent et qui désirent posséder davantage. Cette crise alimentaire mondiale invite toutes les nations et les grandes multinationales de ce monde à un sérieux examen de conscience. L’humanité n’est pas qu’un marché économique; elle est faite d’hommes et de femmes désireux de vivre dignement et de se réaliser pleinement. Le monde a faim parce que certains, habités par le profit et le pouvoir, ont trop mangé par gourmandise. Ne soyons pas de ces pays qui ne laissent tomber que quelques miettes de leur table bien garnie.

Commentez cet article : LeblogueduDG@gmail.com



( 115 ) Sauver le Tibet

4 avril 2008 - Depuis quelques semaines, on ne parle que du Tibet. Qui d’entre nous n’a pas reçu un courrier électronique sur la situation du Tibet, une pétition à signer en faveur de ce pays opprimé, une lettre d’appui aux mouvements pacifistes, une invitation à une manifestation publique? Le Tibet et son célèbre chef spirituel, le Dalaï Lama, occupent le devant de la scène médiatique par les temps qui courent. Il est plus qu’évident que la super puissante Chine ne veut pas se laisser narguer par une bande de moines et de révolutionnaires bouddhistes. Sur le point d’accueillir les Jeux Olympiques de cet été, la Chine fait tout pour préserver l’image qu’elle aimerait bien se donner en admettant dans ses murs le monde entier. Mais voilà que le petit David tibétain vient nuire à la parade du Goliath chinois à la veille de son super spectacle olympien.

La République populaire de Chine, malgré l’attrait qu’elle suscite pour les nombreux investisseurs internationaux, ne peut cacher ses accrocs flagrants et constants aux droits fondamentaux et à la liberté légitime de ses citoyens. Il est clair que, depuis une décennie, la Chine est devenue le pôle d’attraction du monde entier. Avec son quasi milliard et demi d’habitants et son énorme potentiel énergétique, elle est sans contredit le pays, pour ne pas dire le continent, de l’avenir. Toutefois, le monde n’est pas seulement économique et idéologique. Nombreux sont les pays démocratiques, dont le Canada heureusement, et nombreuses sont des organisations internationales à réclamer plus de démocratie et de liberté dans cet immense pays. La Chine fait face à d’innombrables défis dont ceux de la gestion de la démesure de sa croissance économique, de son ouverture stratégique et finement calculée sur le monde, de l’itinérance de sa population en manque de tout, de sa démocratisation devenue nécessaire et de sa transparence tant attendue. Il est certain que le problème tibétain apparaît minuscule en comparaison des problèmes colossaux et urgents qui aboutissent sur la table des dirigeants et des décideurs chinois.

Dans cet immense territoire aux multiples variations, il y a cet espace unique nommé Tibet, pays qui détonne du fait que l’on prône encore les valeurs de tolérance, de non-violence et où le peuple incarne toujours une spiritualité rayonnante. C’est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de km² (soit plus de 2 fois le Québec) avec une altitude moyenne de 4 200 m, qui rassemble les plus hautes et belles montagnes du monde. Un vaste et riche territoire qui a connu des démêlés avec la Chine bien avant aujourd’hui. Il faudrait remonter au XIIe siècle pour comprendre un peu mieux la tension qui existe entre ces deux pays. Mais disons que depuis 1950, la République populaire de Chine s’est imposée avec force dans ce coin d’Asie centrale. Il faut savoir aussi que le Tibet est un territoire qui regorge de ressources naturelles, notamment de réserves considérables d’or, de pétrole, de gaz, de bauxite, de cuivre, d’uranium, d’étain, de lithium. Un territoire riche qui excite grandement l’appétit de la Chine en pleine croissance économique. Et l’on sait bien aussi le rôle de gérant d’estrade que veut jouer la Chine sur l’échiquier mondial.

Après l’invasion du Tibet par la Chine, l’insurrection menée par les Tibétains dans les années 50 éclate contre l’envahisseur qui réussit toutefois à contrer les émeutes et à garder la mainmise sur cet important territoire. Le Dalaï Lama fuit le Tibet en 1959 pour se réfugier en Inde ; plus de 100 000 Tibétains le suivront. On estime que cette répression chinoise a éliminé bien au-delà d’un million de Tibétains. Les massacres perpétrés par la Chine à cette époque sont considérés, par plusieurs organismes internationaux, comme un génocide. Le gouvernement tibétain en exil a toujours réclamé plus d’autonomie, plus de respect de sa culture, de sa religion et de ses traditions séculaires. Au fil des décennies, l'assemblée générale de l'ONU a voté quelques résolutions condamnant les violations des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain. La Chine n’a pas bronché et a poursuivi progressivement sa répression et son emprise sur le Tibet.

Lors de la commémoration, le 10 mars dernier, du soulèvement tibétain de 1959, les forces chinoises en place ont maté, comme ils savent si bien le faire, l’expression populaire tibétaine; la répression s’est soldée par au moins une centaine de morts. Depuis cet événement fortement médiatisé, les Tibétains ne lâchent pas le morceau et les autorités chinoises accusent leur chef spirituel, âgé maintenant de 72 ans, de soulever la rébellion. Homme de paix et de non-violence, le Dalaï Lama ne réclame pas l’indépendance du Tibet, mais plus d’autonomie, de respect du Tibet et de ses valeurs traditionnelles. À coup de répressions répétées, la Chine est en train de détruire l’une des plus anciennes cultures pacifistes du monde. Nul doute que les dirigeants chinois commencent à être aveuglés par le mirage de la croissance économique de leur pays et l’incroyable visibilité offerte par la fenêtre olympique qui s’ouvre à eux. Lorsque les dirigeants d’un pays, motivés que par la valeur économique de leur puissance, bafouent les droits fondamentaux reconnus, ils finissent toujours par vivre sous le signe de la corruption et de la violence. C’est un géant aux pieds d’argile qui se dressera devant nous aux Jeux Olympiques.

Il est clair que pour le peuple tibétain, la vitrine olympique est une occasion en or de mettre à jour leurs revendications légitimes, mais aussi, ce que bien des citoyens du monde condamnent, la répression chinoise. Lorsque la Chine accuse la figure emblématique du Dalaï Lama, elle se discrédite elle-même. S’attaquer au chef spirituel des Tibétains, c’est comme s’attaquer à Mère Teresa. Chers amis, délivrer le Tibet, c’est sauver un trésor inouïe d’humanité et de spiritualité. J’ose espérer que les Jeux Olympiques de Pékin ne camoufleront pas ce génocide qui a malheureusement trop duré.

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com


( 114 ) Un besoin de renaître

14 mars 2008 - Le monde a changé; le Québec cosmopolite et interculturel n’est plus le même. Tous conviennent que la religion dans l’espace public en a pris pour son rhume depuis les années 60. On peut se demander ce qu’il reste à part les monuments qui façonnent encore nos villes et villages, les congés fériés que nous soulignons avec faste d’une manière laïque, les cérémonies de baptême et de funérailles qui rassemblent toujours même s’ils sont en régression constante, quelques recettes de la religieuse la plus connue du Québec, Sœur Angèle. Aurions-nous perdu, au fil des années, un peu de nous-mêmes, de notre identité, de notre âme collective, de ce qui faisait notre raison de vivre, de ce qui nous donnait l’étincelle pour innover, changer le monde? L’automne 2007, celui des accommodements raisonnables, aura tout de même brassé pas mal des nôtres, plus profondément qu’on le laisse paraître.

Nous en sommes bien revenus de ces années où tout était possible avec un peu d’instruction, de valeurs et de ténacité. Vous vous en souvenez, il s’agissait d’avoir une bonne idée et du cœur au ventre et tout était accessible. Rien n’est parfait et durable dans ce monde! Nous avons vécu le désenchantement au fil des décennies et éprouvé une certaine nostalgie sans l’affirmer trop ouvertement. De nombreux témoignages et confidences me parviennent régulièrement et m’étonnent toujours, mais pas assez puissants pour rebrousser chemin; en fait, c’est fini ce temps à jamais.

Nous avons connu les années glorieuses des babies boomers qui, dans moins d’une décennie, seront pratiquement tous à la retraite. Ces gens qui ont rêvé, créé, innové et même prié sur tous les fronts seront, comme beaucoup d’autres, sur leur déclin pourvus d’une manière générale de bonnes prestations de la caisse de retraite, de REER en quantité enviable, de pensions gouvernementales appréciables et sans doute de quelque argent tassé ici et là dans des fonds de tiroir. Il faut dire d’emblée que ce n’est pas tout le monde qui a été aussi prévoyant et chanceux. Je me suis demandé, il y a quelques jours, ce qu’on avait gardé, engrangé de son bagage spirituel?

Le dimanche qui vient, sur le plan ecclésial, sera celui des Rameaux, rappel de ce jour où, selon les Écritures saintes, Jésus de Nazareth entra triomphalement au cœur de la ville de Jérusalem, monté sur une ânesse. Ceci marque encore aujourd’hui le début de la grande semaine sainte qui nous mènera à Pâques. Semaine où plus d’un milliard de chrétiens dans le monde célébreront la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas rien! Quelle étrange monture pour entrer dans une capitale! Mais que reste-t-il dans nos mémoires collectives de cette période de la semaine sainte vécue chez nous, il n’y a pourtant pas si longtemps que cela dans le fond, collectivement et massivement? Je me souviens de ces processions interminables, des chemins de croix éreintants, des confessions à la file indienne, des retraites paroissiales clamées d’une voix tonitruante, des petits pains du jeudi saint, du jeûne obligatoire et de tout le reste. Mes amis, Pâques sera des nôtres dans neuf jours.

D’ici là, nous aurons droit à quelques centaines de catholiques qui déambuleront dans les rues de quelques villes du Québec avec le traditionnel Chemin de croix, à des cérémonies religieuses regroupant des assistances de quelques dizaines de croyants désirant faire leur Pâques. Jésus aurait-il fui nos temples, ma foi? Dire que plus de 80% des Québécois se déclarent toujours catholiques; même si l’Église a procédé à beaucoup d’adaptations depuis les années 60, elle ne réussit toujours pas à attirer ceux qui se réclament catholiques.

S’il y a une fête religieuse qui devrait nous relancer c’est bien Pâques. C’est la fête de la vie, une vie qui reprend, qui fracasse les murs de l’indifférence. Pâques, c’est la victoire sur la mort, sur les vicissitudes de la vie, sur le désespoir. L’aventure de ce Jésus de Nazareth vient toujours bousculer notre façon de comprendre le monde, l’histoire et l’avenir. Certes, nous aurons droit à quelques vieux films classiques à la télé, à de nombreux concerts, à quelques pages dans les journaux quotidiens, souvent plus commerciales que spirituelles. Pâques risque de se passer chez un bon nombre de Québécois autour d’un bon repas avec le traditionnel jambon bien arrosé de vins capiteux. Complétons cela avec quelques œufs en chocolat bien colorés, dégustés en se léchant les babines, avec une petite tournée à la cabane à sucre et avec une visite de nos parents âgés et de quelques amis.

Pourtant, cette fête a de quoi rassembler, elle est lumineuse. Il faut dire qu’avec l’hiver que nous vivons, nous avons besoin plus que jamais de lumière. Je reste convaincu qu’à travers nos histoires mouvementées, nos blessures de la vie, le Dieu de la vie fait son entrée moins triomphalement, mais plus discrètement dans le questionnement des nôtres. Ce n’est pas vrai que le matériel, la carrière, la fête remplissent totalement nos vies, nos âmes. Nous avons tous besoin d’un supplément d’âme qui se trouve au-delà des pâquerettes. À quelque part, dans le parcours de nos humbles vies, le Dieu d’amour, que plusieurs ne peuvent plus nommer, surprendra dans toute sa tendresse et son amour.

S’il y a une fête qui pénètre discrètement notre cœur, c’est bien Pâques car c’est celle de la lumière qui entre tout doucement par les fissures de nos vies fragilisées et lézardées. Un jour, l’arbre desséché reprendra sa vigueur, renaîtra car la lumière y aura fait son œuvre. Que cette semaine qui nous conduit à la grande fête de Pâques nous redonne courage et un nouveau regard sur nous et sur notre monde meurtri en attente de renaissance et de résurrection. Pâques peut nous relancer, nous aider à refaire des choix et à redire, avec l’appui de nos proches, ce que nous sommes, ce que nous voulons devenir et en qui nous croyons. Pâques, c’est la fête de l’impossible devenu réalité! Il faut y croire, mes amis! Bonne route vers la lumière de Pâques!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com

( 113 ) Tout un cinéma!

7 mars 2008 - Le gouvernement Harper s’est mis à dos le monde créatif du cinéma et de la télévision. Le projet de loi C-10 a suscité la grogne des gens du septième art et du petit écran, car, semble-t-il, il y a dans ce fameux projet de loi une phrase qui rappelle, selon les réalisateurs et les producteurs montés aux barricades, la censure, les anciennes restrictions de l’Église et de l’État, des vestiges de la Chine communiste, rien de moins, mes amis. Ils ne dérougissent les «tourneux» de films. Les mots du projet de loi C-10 qui ont choqué l’industrie des grand et petit écrans sont les suivants: production jugée «offensante» ou «contraire à l’ordre public». Voilà ce qui énerve tout le beau monde de ce paradis de l’imaginaire et souvent du superficiel!

Au nom de la démocratie et de la liberté d’expression, les producteurs demandent tout simplement au gouvernement Harper de modifier dans les plus brefs délais cette grossière offense à l’industrie cinématographique et télévisuelle. La ministre Josée Verner n’a nullement l’intention de lever le petit doigt sur tout cela. Les députés de l’opposition n’y ont rien vu en Chambre et le tout est maintenant rendu sous les yeux scrutateurs de nos chers Sénateurs à majorité libérale, pour un bon nombre approchant la sénilité merci. Ils en sont en troisième lecture et eux aussi n’avaient rien vu de répréhensible ou d’offensant. Que penser de tout cela?

Il est vrai que les mots choisis par le gouvernement Harper ne sont peut-être pas les meilleurs. Mais il me semble, même devant les tapageuses revendications au nom de prétendus droits à la démocratie et à la liberté, qu’il s’avère nécessaire de regarder de plus près ce qui se produit et ce qui est subventionné dans notre immense pays. Il faut dire que les représentants des milieux de production ont riposté avec des arguments assez fermes. Cependant, il me semble que les contribuables canadiens ont droit de savoir ou de connaître où vont leurs deniers. Quelle est la place faite à la violence, au sexe et j’en passe dans nos productions? Qu’est-ce que nous montrons aux jeunes générations qui grandissent chez nous. Ce n’est pas d’aujourd’hui que diverses associations dénoncent la violence sur les écrans des cinémas et des téléviseurs. Un sondage auprès de la population étonnerait sans doute bien des producteurs.

Ce n’est pas vrai qu’au nom de la démocratie et de la liberté l’on doive financer des productions médiocres, scabreuses ou douteuses. Je me suis souvent questionné en arrivant à la fin d’un film subventionné par Patrimoine Canada. Je me demandais pourquoi on avait octroyé notre argent à un tel navet? Démocratie, liberté ou inertie? Ce n’est pas au nom de la censure qu’il faut aborder toute cette production cinématographique et télévisuelle, mais au nom de l’éthique. Est-il éthiquement acceptable de produire tel film ou telle émission télévisuelle? À qui s’adresse-t-on et à quoi veut-on en venir?

Certains journalistes ont pointé du doigt la droite religieuse; elle serait à l’origine de ce projet de loi. Qu’est-ce que ce potinage de bas étage apporte de plus dans ce débat? Je le répète, ce n’est pas une question de censure, de droite religieuse ou de je ne sais quoi. L’éthique établit des critères pour juger si une action est bonne ou mauvaise et pour juger les motifs et des conséquences d’un acte. Ce n’est pas un savoir que l’on veut conquérir; mais un éclairage pour agir de manière responsable. N’y a-t-il pas lieu de faire un discernement pour favoriser la santé de notre patrimoine filmique et télévisuel?

Qu’est-ce qui est éthiquement acceptable ou responsable de produire pour le public canadien? Doit-on promouvoir des productions qui prêchent outrageusement l’individualisme, l’hédonisme, le matérialisme et la violence dans notre société? De nombreuses coalitions de parents dénoncent le traitement que l’on fait de la femme, de la violence, du sens même de la vie dans certaines productions. Nous sommes loin de la question du conservatisme religieux ou de la censure. Nous ne sommes pas uniquement devant une question de fric; nous avons aussi à faire à des questions de sens, de valeurs communes et sociétales. Doit-on au nom de la démocratie et la liberté tout permettre?

Il est vrai qu’il est possible de contrôler autrement les productions. Je suis convaincu que les contribuables canadiens, au grand dam de nos producteurs, désirent des films et des émissions qui inspirent, donnent quelque chose de plus à travers les vicissitudes de la vie. Je ne parle pas des productions à l’eau de rose, mièvres et imbuvables. J’ai des films que j’ai regardés des dizaines de fois parce qu’ils inspirent, donnent un petit quelque chose de dignité, de grandeur, de beauté. Il me semble qu’une production cinématographique ou télévisuelle de grand public doit nous amener plus loin, doit dépasser le «je te tire dessus, tu meurs». Ce n’est pas aisé de porter un jugement sur tout ce qui produit chez nous. Je reste convaincu qu’un bon nombre de Canadiens bien-pensants ne sont pas insensibles à un certain discernement sur tout ce qui se tourne pour nos salles de cinéma et pour la télévision. Rien qu’à voir, on voit bien!


Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com

( 112 ) Au chat et à la souris

28 février 2008 - Quel suspense, mes amis! Dire que pendant des semaines la menace des élections planait sur nos têtes. Tous les partis étaient sur le sentier de la guerre, prêts à se lancer à corps perdu dans une bataille d’au moins 365 $ millions de dollars pour élire, selon les analystes, un autre gouvernement minoritaire, toujours conservateur par-dessus le marché. Stéphane Dion, dans toute sa grandeur, avait beau brandir les menaces de faire tomber le gouvernement, il n’avait pas les moyens et l’audace de le faire. Il risquait gros, voire de perdre le peu d’appuis qui lui restent dans ce vaste pays. Au cours des dernières semaines, il a prétendu être en mesure de faire échec aux conservateurs sans avoir la puissance réelle de le faire. Le parti est à plat!

Les libéraux occupent actuellement 93 sièges à la Chambre des communes, contre 126 pour les conservateurs, 49 pour le Bloc et 30 pour le NPD. Les libéraux fédéraux sont heureux de la décision de leur chef de ne pas provoquer de bataille électorale sachant bien que c’était l’immolation ultime sur le bûcher. Monsieur Dion a joué, d’une certaine façon, une carte stratégique. Ce n’était pas une grosse stratégie, car il n’avait pas le choix, les libéraux ne sont pas prêts, un point c’est tout! Un de leurs problèmes, parce qu’ils en ont plusieurs, c’est leur chef; il ne passe pas la rampe auprès de l’électorat, mais il tient à rester. Que c’est pathétique, cet entêtement!

Le budget de 5,9 milliards annoncé par le ministre Falherty n’a rien de mirobolant certes. Il n’y a pas de quoi se péter les bretelles! Selon les analystes, c’est un budget assez terne merci, sans grosses nouvelles. On y trouve quand même quelques petits bonbons stratégiques, car il faut bien faire plaisir à l’électorat. Sans être mirobolant, c’est toutefois un bon budget équilibré. Il faut bien donner cela aux conservateurs, on sait où l’on va, du moins sur le plan financier! Dans ce budget le ministre a fait plaisir aux petits épargnants en créant des comptes d’épargne libres d’impôt, autorisant un dépôt allant 5 000$ sans payer d’impôt. C’est une excellente idée et cela peut très bien se combiner avec les REER. Nous le savons bougrement bien, un budget gouvernemental est davantage politique que financier. Il est clair que les mesures mises de l’avant par le ministre des finances surveillent de près l’ombre qui plane sur notre géant du Sud. Tous les indicateurs économiques démontrent avec clarté que l’économie américaine est mal en point et qu’il vaut mieux protéger ses arrières. N’oublions pas que les États-Unis achètent plus de 80% des exportations canadiennes de sorte qu’un emploi sur trois de ce côté-ci de la frontière, dépend du marché américain. C’est un pensez-y bien, mes amis!

Même si le budget n’a rien d’éclatant, il fera encore une place au remboursement de la dette. Il ne faut pas oublier que le Canada a accumulé une dette de 457,1 milliards au fil des ans. Ce n’est pas une petite dette qui pèse sur le dos de tous les contribuables canadiens. Certes, il ne faut handicaper les générations futures des excès de nos précédents gouvernements gourmands et dépensiers. Les réactions n’ont pas tardé suite à la publication de ce fameux budget qui devait faire tomber le gouvernement Harper. Même la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a voulu faire la leçon au ministre Jim Flaherty. Il faut dire que notre ministre québécoise a tous les secrets des finances publiques semble-t-il! Mme Monique Jérôme Forget est très mal placée pour faire des leçons à son homologue fédéral. Dans la Belle province, nous croulons sous une méchante dette qu’elle ferait bien de regarder de près.

Après ce suspense électoral avorté dans les coulisses parlementaires, on peut se demander ce qui se passe dans la tête de son Éminence Stéphane Dion. Il avait joué au chat et à la souris avec le gouvernement Harper, il a bien été obligé de l’appuyer tout en le critiquant assez vertement merci. Ce qui lui a valu la risée de tous les parlementaires. Comment se lancer dans une tirade à fond de train sur un budget que l’on va appuyer après tout? C’est une position peu confortable et peu enviable que tient le Chef de l’opposition Stéphane Dion. N’ayant pas le physique de l’emploi, cela laisse l’électorat avec un goût désagréable.

Le ministre des Finances Jim Flaherty a opté pour la prudence, compte tenu du contexte de l’économie mondiale, dans ce troisième budget du gouvernement Harper. De quoi lui permettre de voguer calmement dans le mandat précaire de son gouvernement, mais marqué d’une certaine efficacité. «On avance», clame Harper, mais les cinq promesses de son élection n’offrent plus un menu législatif consistant à long terme. Il faudra juger à partir de projets qui font preuve d’initiative, de créativité. Ce n’est pas la guerre en Afghanistan qui sauvera le gouvernement Harper! Il faudra que ce parti, s’il veut être réélu, fasse marcher les méninges de sa base. En politique, il faut des idées pour gouverner!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com

(111) Un demi-million plus tard!

22 février 2008 - Un événement très attendu était celui du rapport Castonguay rendu public en début de semaine. Enfin, allions-nous trouver un peu de lumière au bout du tunnel après tant d’années de tergiversations? Plus les gouvernements changent, plus les ministres de la santé se succèdent, plus notre réseau de la santé s’enchevêtre dans les méandres des déficits et des coupures. On ne sait plus par quel bout prendre ce bateau à la dérive, ce Titanic en naufrage. Notre système de santé est aux soins palliatifs, mes amis. Il lui faudrait un remède de cheval pour le sortir du pétrin. Et quel pétrin!

Le comité Castonguay, mis en place par le gouvernement Charest, avait pour mandat d’analyser la situation financière de notre système de santé et de proposer des avenues concrètes afin de faire face aux coûts sans cesse croissants. Le comité n’a pas lésiné sur les moyens, que l’on pourrait qualifier de drastiques, afin de redonner un peu de colonne vertébrale à un système sclérosé. J’ai l’impression que les membres du comité ont ratissé très large, sans doute trop. On se retrouve certes devant une liste d’épicerie hâtivement préparée, mais qui compte quand même d’excellentes idées.

Sans nul doute que certaines mesures avaient de quoi faire sourciller ou plutôt sursauter notre cher ministre de la Santé. Pour financer la santé, il faut de l’argent; on n’en sort pas par un tour de magie, mes amis! Le comité s’est attardé à trouver les ressources financières pour colmater l’hémorragie endémique de notre système de santé. Il ne fallait pas s’attendre à des solutions à l’eau de rose. Le groupe Castonguay a proposé, entre autres, une hausse de la TVQ, une cotisation annuelle aux patients des cliniques, une ouverture à l’intervention du privé, le recours à l’assurance privée pour des services déjà couverts par le régime public, la hausse des primes de l’assurance médicaments, etc. Des recommandations qui ont créé un tremblement de terre dans le milieu de la santé et des remous dans le milieu politique.

Voilà donc que notre super ministre de la Santé, Philippe Couillard, a fait savoir que ce rapport ne passe pas la rampe, qu’il ne tient pas la route. Ce rapport, selon le ministre propose sept recommandations inacceptables et six recevables. Il fallait s’y attendre, les avenues inacceptables sont sans contredit les plus décisives et controversées, mais salvatrices. Dans un gouvernement minoritaire qui cherche une majorité lors des prochaines élections, pas trop de vagues et de mesures impopulaires, madame la marquise. Déjà, avant la publication du rapport Castonguay, nous devinions presque le sort réservé à ce rapport qui a coûté pas moins d’un demi-million de dollars aux contribuables québécois. C’est inacceptable quand on souffre d’une pénurie financière dans le domaine crucial de la santé.

La question de fond n’a rien à voir avec la compétence et l’expertise des membres de cette commission. La vraie question est pourquoi le gouvernement demande à un comité d’experts d’effectuer un travail quand il savait qu’il en rejetterait la plupart des recommandations? Sans doute que le gouvernement s’attendait à ce que le comité propose des avenues épousant la vision et les stratégies gouvernementales. Même la ministre des finances Jérôme-Forget avoue avoir indiqué aux membres de la commission, dès le début de leurs travaux, de ne pas toucher à la TVQ. Il est certain que tout n’est pas réalisable dans ce rapport parce qu’il ne va pas assez en profondeur malgré ses 300 pages. Ce n’est pas le nombre de pages qui donnent de la pertinence à un rapport. Sans doute qu’il y a eu divergences de points de vue dans ce comité, notamment de la part de Michel Venne qui ne manque pas de le signaler en annexe au rapport.

Il y a quelques semaines, le Journal de Montréal avait publié dix idées chocs pour relancer le Québec sur le chemin de la prospérité. C’est un peu la même médecine que présentent les membres du comité. Il faut cesser de tourner en rond et prendre les décisions les plus courageuses pour sauver notre système public de santé. Il faut se donner un système de santé dont on peut assumer les coûts. Nous rêvons d’une voiture de luxe, mais nous n’avons que les moyens de nous payer qu’une voiture intermédiaire. Il faut être réalistes et offrir ce que les Québécois sont prêts à payer. C’est le gros bon sens!

Depuis quelques jours, de nombreux ténors de tous les secteurs de la santé ont pris parole. Il fallait s’attendre à ce que les syndicats manifestent bruyamment; c’est difficile de les éviter, car ils sont partout. Les notes discordantes, voire acerbes dans certains cas, n’ont pas ébranlé l’éminent Claude Castonguay, père de notre système public de santé. Il semble qu’il était presque convenu dans les coulisses du pouvoir qu’il n’y aurait pas de mesures concrètes impopulaires contenues dans ce rapport qui seraient mises en application. Le rapport Castonguay aura sans doute le mérite d’avoir brassé les idées toutes faites et ébranlé les ornières dans lesquelles se sont empêtrés nos dirigeants d’établissements de santé et notre gouvernement. Vous conviendrez avec moi que c’est un prix fort bien payé pour une tempête d’idées.

S’il n’y a pas de mesures courageuses prises à court terme par nos gouvernements, soyez certains que l’on parlera encore pendant de nombreuses années des listes d’attente, des déficits, de l’exode de nos meilleurs médecins. Notre système de santé est habité par un système de castes où chacune protège son butin et ses arrières. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que nos établissements de santé accueillent des personnes vulnérables, fragilisées qui, dans leur drame, ont besoin d’être soigné avec diligence, respect et professionnalisme. Nous ne soignons pas des maladies dans nos établissements, mais des personnes avec un cœur et une âme. Que le ministre fasse presque la sourde oreille au rapport Castonguay, c’est une chose, mais la réalité est flagrante. Ce rapport prendra la route de la filière treize comme bien d’autres qui l’ont précédé. Pendant ce temps, nos élus auront la conscience tranquille, mais n’ayez crainte, pas pour longtemps car rien n’est réglé. Dire que le gouvernement Charest a fait de la santé sa première priorité!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com



( 110 ) « Voulez-vous tu ? »

8 février 2008 - La réforme scolaire est sur toutes les lèvres. Tout le monde en parle, mais dans la population en général, personne ne sait de quoi il en retourne réellement. On a même marché dans les rues en fin de semaine dernière pour dire: «Assez, c’est assez!» J’ai l’impression que Madame la Ministre Michelle Courchesne est pas mal occupée par les temps qui courent et que les simples modifications cosmétiques proposées à une réforme qui a du plomb dans l’aile tournent dans le vide. Elle sera sans doute obligée de refaire ses devoirs pour obtenir la note de passage. Les résultats obtenus, suite aux modifications du régime pédagogique, ne sont pas concluants. Plus d’un ont décrié cette réforme dès la mise en application de ses principes directeurs axés sur la formation des compétences au détriment de la transmission du savoir. La Suisse a voulu implanter un système similaire qui s’est avéré un fiasco. Mais le Québec fait toujours les choses autrement semble-t-il!

L’implantation de la réforme scolaire a commencé au niveau primaire en 2000 et elle vient tout juste de s’amorcer au secondaire. Cette réforme, c’est l’avènement d’un nouveau langage pédagogique, de nouvelles mesures qui nous ont donné les compétences transversales, le non-redoublement des élèves et la conception d’un nouveau bulletin qui a fait manchette l’automne dernier. La réforme, c’est tout cela et encore plus! Des ratés, il y en a eu et les résultats ne sont pas au rendez-vous après sept ans. On a voulu faire de nos écoles des centres de formation plutôt que des lieux d’instruction. On n’instruit plus avec la réforme, on forme! Entre vous et moi, l’école n’est pas une entreprise, c’est un milieu de vie et d’apprentissage. On peut se demander à quoi sert cette réforme? Depuis la création du Ministère de l’Éducation, nous n’en sommes pas à une réforme près. Il est très rare que l’enfant soit le bénéficiaire de tous ces bouleversements, il en est trop souvent et malheureusement le cobaye.

L’école ne laisse personne indifférent. De nombreux observateurs de la scène scolaire déplorent la piètre performance de nos élèves, la faiblesse de l’encadrement, le manque de motivation des professionnels de l’enseignement et le taux alarmant de décrochage scolaire. Vous comprenez sans doute pourquoi le système privé a le vent dans les voiles. Depuis longtemps, ces institutions ont compris qu’une école n’est pas une simple grande garderie. Il est clair que l’école publique n’a pas tous les vices et que si le Ministère, les syndicats et les commissions scolaires laissaient les enseignants faire leur boulot, le portrait ne serait pas le même. Tout le monde veut mener l’école! L’école publique ne peut pas tout faire; laissons les professeurs instruire et les directeurs mener leurs établissements. Un peu de lest, messieurs les technocrates de l’éducation! Une école, c’est aussi un milieu de vie; il faut laisser aux gens du milieu le soin de mettre le régime pédagogique à la couleur de leur environnement. La population étudiante de la polyvalente de Matapédia n’a rien de semblable à celle de St-Henri, dans le sud-ouest de Montréal. Il ne faut pas s’illusionner, l’école est le reflet de notre société, de la vie familiale assez malmenée au cours des ans.

Les chefs des partis d’opposition n’ont pas tardé à réagir à tout ce cirque médiatique; certaines voix se sont levées pour stopper ce train de la réforme voué au déraillement. Même l’ancien premier ministre Bernard Landry est sorti de son mutisme pour y mettre son grain de sable dans l’engrenage. Évidemment, il fallait s’attendre à ce que notre «Super Mario» fasse une sortie aux allures populistes. Il a fait carton! Le souhait de Monsieur Dumont de voir la discipline et l’autorité revenir dans les écoles du Québec en a fait réagir plus d’un. Les réactions des commissions scolaires et des syndicats n’ont pas tardé à venir, qualifiant les propos de monsieur Dumont de simplistes et notant que celui-ci s’est arrêté malheureusement à la situation des écoles des années 70.

Ce cher Mario Dumont a souhaité le retour du vouvoiement à l’école en invoquant que cela amènerait plus de discipline et d’autorité. Décidément, il faut n’avoir jamais mis les pieds dans une classe pour affirmer cela. Pour le vouvoiement, je suis pleinement d’accord sur le principe sauf que, celui-ci n’est pas d’abord synonyme de discipline mais de respect. C’est lorsqu’il y a du respect que les enfants apprennent à regarder l’enseignant, les autres élèves autrement; là, l’éducation véritable est réellement possible. Certains prétendent que l’usage du «tu» peut engendrer plus facilement la familiarité, voire la vulgarité; mais encore là, nous sommes bien loin des enjeux réels de la discipline et de l’autorité. De plus, le «vous» de la langue française est tellement riche, il permet des nuances, des façons tellement belles de dire les choses, de raconter la vie. Il est sans doute vrai que pour les enfants, son usage est plus difficile à manier que le «tu». C’est cela l’apprentissage, l’instruction, l’éducation.

Qu’adviendra-t-il de cette réforme mal partie? Nul ne sait quelle sera la carte maîtresse que jouera la Ministre dans les prochaines semaines. Toutefois, j’espère que nos enfants ne seront pas les boucs émissaires de cette aventure éducative mal étriquée et mal ficelée. Nous espérons cependant que la réforme permettra quand même aux enfants d’apprivoiser l’usage du pronom «vous», faute de l’utiliser couramment auprès du personnel scolaire. «Le meilleur est à venir» dit-on. C’est mon grand souhait pour l’avenir de nos enfants et du Québec de demain.

Commentez cet article: LeblogueduDG@gmail.com

( 109 ) Le bonheur de vivre

5 février 2008 - Janvier est enfin terminé! Il m’a paru très long ce mois; il faut quand même dire que mère nature ne nous a pas gâtés. La page du calendrier est bel et bien tournée sur le mois le plus court de l’année, février; cette année, par contre, nous aurons droit à une journée de plus, car 2008 est bissextile. Ne l’oubliez pas! Comme à tous les quatre ans, nos ordinateurs et nos milieux financiers risquent de boguer un peu; pour les milieux financiers, selon les prédictions, il n’y a rien de reposant qui s’annonce dans un horizon rapproché. Les turbulences sont déjà au rendez-vous; des usines ferment, le prix de l’essence s’accroît, le spectre d’une récession commence même à nous taper sur les nerfs. Il faut se calmer un peu, quand même. Comme bénéfice du mois, nous avons encore vingt-quatre jours pour nous préparer et nous ajuster à d’éventuels irritants informatiques, bancaires ou autres. Fort heureusement que la Saint-Valentin viendra mettre un peu de baume sur les blues de l’hiver, sur cette saison qui ne finit pas de nous surprendre.

En passant, où en sommes-nous avec ces fameuses résolutions de la nouvelle année? Nous avions sans doute décidé de nous prendre en main un peu plus, de mieux nous organiser, de faire de l’exercice, de surveiller notre alimentation, de revoir plus fréquemment des amis. On peut se demander si, après un mois, nous sommes demeurés aussi pantouflards qu’avant, si notre tour de taille a diminué, si nous sommes plus tolérants et j’en passe. Faire des choix, décider de poser des gestes porteurs de changements dans sa vie quotidienne, ce n’est pas une mince affaire. Les habitudes de vie sont pas mal ancrées, voire résistantes à tout changement, particulièrement s’il est radical et fait sans trop de discernement, sous l’impulsion du moment. À tous ceux qui n’ont pas trop de succès sur la fourchette ou sur le caractère, le Carême débute hâtivement le 6 février, cette année, vous aurez de quoi vous reprendre!

La vie est faite de ces essais, erreurs, tâtonnements, échecs et réussites. Tous, nous rêvons de vivre en santé, heureux et longtemps. Nous avons probablement tous une soif d’éternité dans un recoin de nos rêves ou de notre âme. C’est comme inné en nous. L’humanoïde ou l’hominien que je suis, a une finitude terrestre n’en déplaise à mon désir de vivre éternellement sur terre. Il faut franchir une autre dimension de soi pour rêver d’éternité. Malheureusement, ce brin d’éternité ne semble pas mobiliser nos énergies, tellement nous sommes accaparés par le vivre au quotidien. Nous voulons tous accéder au bonheur, d’abord sur terre; l’autre bonheur, celui au-delà de la finitude, ne semble pas trop préoccupé nos contemporains, aspirés par un monde de l’éphémère en continu. Notre monde tout-puissant n’a rien à recevoir de ce brin d’éternité qui parfois se manifeste fugitivement. Nous sommes inexorablement dans le hic et nunc à plein régime!

Mais voilà que toutes les études démontrent, chiffres à l’appui, que le bonheur est dans un corps sain. La page frontispice du journal Le Devoir de samedi dernier, nous signale que l’indice relatif au bonheur grimpe de 20 points chez les actifs; pour leur part, les sédentaires semblent être les éternels perdants. Qu’en est-il au juste? Serait-ce une fontaine de jouvence ou une nouvelle mode à la Jane Fonda? La plupart des spécialistes de la santé s’entendent pour affirmer que l’activité physique a un lien étroit avec la santé et que les gens éprouvant des difficultés majeures de santé réussissent à mieux s’en sortir grâce à l’exercice et à une bonne alimentation. L’activité physique est sans contredit un élément de bonheur dans une vie. C’est vrai que l’on doit sans doute être plus heureux avec vingt kilos de moins et une bonne condition physique. «Bouger, bouger et encore bouger!» semble être le mot d’ordre de cette dernière décennie. Le tout est une question de dosage. Il y a bien des façons de bouger; des clubs de toute sorte se mettent en place pour que l’on se balance davantage l’arrière-train. Il y a évidemment l’éternel jogging mais aussi la danse, les arts martiaux, le yoga, le sport et toutes ses variantes inimaginables.

Pour la première fois de son histoire, le Guide alimentaire canadien fait la promotion de l’activité physique. De nombreuses études scientifiques démontrent presque hors de tout doute que l’activité physique réduit les risques de maladies cardiaques, de diabète, de cancer et de dépression tout en diminuant le stress envahisseur. Il ne faut peut-être pas s’attendre à vivre éternellement, mais certes en meilleure santé et plus longtemps. Nous habitons un corps complexe, c’est une machine extraordinaire qui ne demande qu’à être entraînée. Notre corps, c’est un peu aussi la maison que nous habitons; à chacun de nous d’en prendre soin. Il ne faut pas attendre que tout s’écroule; mettez vos godasses et bougez! Il faut être dans l’action, parce que l’action crée inévitablement le mouvement, et que c’est le mouvement qui entraîne des gens. N’oubliez surtout pas que l’exercice n’est pas une fin en soi, mais la joie de vivre en santé et mieux dans sa peau. Qui a dit que le bonheur est inaccessible?

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com







( 108 ) Sans foi ni loi

1er février 2008 - Notre monde recèle le meilleur et le pire de l’espèce humaine. Il n’y a pas une journée qui se passe sans que les médias ne nous rapportent quelques atrocités ou scandales. Il est toujours renversant et parfois odieux de voir que les plus grands escrocs s’en sortent plus aisément que les pauvres bougres. L’argent, c’est presque toujours un raccourci vers l’impunité pour les grands mafiosi de ce monde. Mais voilà que l’incomparable Vincent Lacroix vient d’écoper de douze ans de prison et de 255 000 $ d’amende pour ses crimes financiers. Enfin!!! Vincent Lacroix dit Norbourg, vous connaissez quand même? Ce douteux personnage qui a floué bassement des milliers de petits investisseurs passera non seulement à l’histoire, mais aussi plusieurs années bien au chaud derrière les barreaux. Quelle affaire scandaleuse et mystérieuse à la fois!

Comment des gens intelligents et sains d’esprit peuvent-ils agir de la sorte? Cela me dépasse. J’ai longtemps voulu écrire sur ce magouilleur sans vergogne qui paradait comme un prince sur nos écrans de télévision. Tiré à quatre épingles, sans aucun signe émotion, toujours sur la défensive, sans remords pour les gestes posés envers les gens qu’il a manipulés. Et le cirque n’est pas terminé, car il faut s’attendre à ce que Son Éminence Vincent Lacroix aille en appel de la décision rendue cette semaine par la Cour du Québec. Je ne cesse de penser à tous ces petits épargnants qui ont trimé dur pour récolter un montant appréciable afin d’assurer un filet de sécurité à leurs vieux jours. Je revois encore cet homme âgé, la gorge nouée par les sanglots, qui venait d’apprendre qu’il avait tout perdu ce qu’il avait péniblement ramassé à la sueur de son front. Il est difficile de rester serein devant une telle escroquerie. C’est un drame pour ces honnêtes gens!

Le procès de l’ex-p.-d.g. de Norbourg avait débuté le 9 mai et ce n’est que le 11 décembre dernier que le juge Claude Leblond déclare le fraudeur endimanché coupable de 51 chefs d’accusation; il est enfin condamné le 28 janvier aux applaudissements de tous. L’éclatement du scandale Norbourg remonte à deux ans et demi et les premiers détournements à six ans. Mettons-nous dans la peau des 9 200 épargnants floués; la fraude s’élève à 115 millions de dollars. Ce n’est pas rien! Monsieur Lacroix, rien ne pourra réparer les vies brisées, les rêves envolés et les incertitudes créées face à l’avenir de ces épargnants que vous avez cyniquement floués. Ceux-ci ne vous ont rien fait, sauf de vous donner leur confiance et de vous remettre leurs économies que vous ne méritiez pas! Ce n’est pas les douze ans de Lacroix qui va redonner espoir à ces personnes profondément blessées. Certes, les gens ont applaudi lors du jugement, mais le drame continue de se vivre au quotidien pour ces personnes détroussées. La croix est difficile à porter!

Il y a certes ce Vincent Lacroix mais aussi André Charbonneau, Conrad Black pour ne nommer que ceux-là. Cette race d’hommes d’affaires avides de pouvoir, d’argent; et cet argent n’est malheureusement pas toujours le leur! Ces gars-là, ce n’est pas du menu fretin. Ces gens d’affaires cravatés, roulant en Mercedes, possédant trois ou quatre villas à travers le monde, se pensent au-dessus de tout. Ces trois arnaqueurs ont démontré une impassibilité devant la justice et les médias. On dirait que pour eux l’argent peut tout acheter et les transactions douteuses sont toujours les plus avantageuses. Nous le savons bien, depuis toujours ce sont les riches qui font de l’argent sur le dos des plus petits. Les statistiques canadiennes ne mentent pas; le portefeuille des gens les plus riches croît plus rapidement que les autres.

Imaginez, le juge Claude Leblond a été incapable de trouver un facteur atténuant pour Lacroix. Plusieurs petits épargnants pensent que c’est trop peu que douze ans de prison, car il aura droit, grâce à notre généreux système judiciaire, à une remise de peine après en avoir purgé la moitié. Tous les analystes considèrent que ce jugement fera réfléchir bien d’autres magouilleurs. Enfin, les crimes économiques et financiers ont des coupables, cravatés ou pas, et ils doivent maintenant payer leurs malversations. Notre société hédoniste et artificielle engendre allègrement ce genre d’individus pour qui le désir immodéré de faire de l’argent prend le dessus sur le sens moral et éthique. Tous les moyens sont bons pour arriver à leurs fins, à leurs faims pécuniaires. Que tous ces gourmands de l’argent et ces petits monstres ambitieux de la réussite financière à tout prix s’écrasent enfin et fassent preuve de retenue. L’ambition, l’envie, la cupidité ne donneront jamais la compétence! C’est le drame des Lacroix de ce monde!

L’affaire Norbourg ne sera jamais terminée pour les petits épargnants. Verront-ils un jour la couleur de leur argent? Peu probable, mes amis; j’en suis triste! Je passerai ici sous silence l’implication de la Caisse de dépôt et de placements dans ce dossier, cela mériterait un autre article musclé. À tous nos concitoyens, qui ont été touchés, par cette fraude financière sans précédent, je suis de tout cœur avec vous. J’ose espérer que les derniers vestiges de ces capitaux, sans doute bien au frais en Suisse et dans les Caraïbes, puissent vous être rendus. C’est aussi cela la justice!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com



( 107 ) Dernier tour de piste

28 janvier 2008 - Il y a toujours des nouvelles qui nous attristent, qui viennent nous chercher quelque part, on ne sait pas pourquoi. Mardi dernier, tous les grands médias annonçaient la mort tragique et encore mal expliquée du jeune acteur australien de 28 ans, Heath Ledger. Choc dans le monde du cinéma et chez des milliers de cinéphiles de tous les coins de la planète qui appréciaient cette étoile montante, pour ne pas dire filante du septième art. Jeune, intelligent, talentueux et belle gueule, il faisait l’envie de bien des gens de métier, qui ont trimé dur pour ne jamais atteindre la stature qu’il avait atteinte en si peu de temps. Comme on dit: «Il était né sous une bonne étoile.» Mais derrière ce talent et ce succès, se cachait sans doute une grande fragilité intérieure, devenue insupportable.

Tout d’abord Ledger est né le 4 avril 1979 à Perth en Australie, d’un père ingénieur et d’une mère enseignante de français. Très tôt, il reçoit une formation sportive et artistique très poussée. De carrure de joueur de rugby et au visage angélique, Heath Ledger se fait remarquer très tôt puisqu’il débute sa carrière à l’âge de dix ans. La carrière de ce jeune acteur, très physique, prend son envolée au côté de Mel Gibson dans le magnifique film The Patriot où il incarne le courageux et intrépide Gabriel. Il enchaîne les succès jusqu’au fameux rôle risqué et refusé par nombre de stars dans Brokeback Mountain où il incarne Ennis del Mar; histoire d’une relation interdite entre deux cow-boys qui lui vaudra une nomination aux Oscars en 2006. Par la suite, il enchaînera avec le personnage principal de Casanova, la vie de Bob Dylan dans Dirty Music qu’il tournera à Montréal, le Joker dans le prochain Batman intitulé The Dark Knight qui sortira en salle dans quelques mois. Décidément, rien n’arrêtait ce marathonien du cinéma!

Ledger était un acteur qui prenait des risques. Il voulait combattre ses peurs, peut-être ses démons intérieurs. Dans une récente entrevue, il disait: «J’aime prendre des risques, sinon je vais m’ennuyer.» Père de Matilda Rose qu’il avait eue en octobre 2005 de l’actrice Michelle Williams avec qui il venait tout juste de rompre, Heath Ledger semblait avoir renoué avec ses tourments intérieurs. Le cow-boy fuyant et tourmenté, qu’il a si bien incarné dans Brokeback Mountain, semblait avoir fait mouche dans sa propre vie. Cet acteur distant et même résistant aux rassemblements, aux paparazzis, au star système quoi, aura succombé à la pression devenue infernale! Je ne sais pas s’il voulait vraiment être acteur ; il jouait intuitivement et aisément. Il disait: «Je ne parle pas de mes convictions, car j’ai peur d’avoir des ennuis.» Il exprimait fréquemment sa difficulté de concilier sa vie privée et son métier.

Le succès de Heath Ledger est indéniable. La presse à sensation spécule sur tout et rien de sa vie ; les histoires rocambolesques, les relations douteuses font vendre! C’est sans doute celle-ci, la pression hollywoodienne et la rupture avec Michelle Williams qui ont poussé Ledger à la surconsommation de drogues et de médicaments. Cette machine de stars qui mène autant au succès qu’à la déchéance est sans pitié. Combien de jeunes acteurs talentueux ont subi le même destin tragique? Ils sont malheureusement trop nombreux.

La mort de Ledger mérite que l’on s’interroge certes sur notre équilibre personnel, sur l’essentiel de nos vies. Entre vous et moi, on ne quitte pas ce monde à 28 ans, avec une carrière auréolée de succès, en laissant derrière soi une petite fille de deux ans que l’on aime éperdument. La mort vient parfois à nous comme un aimant, elle nous attire, elle devient comme la seule avenue possible devant une pression devenue insoutenable. La question demeure entière sur cette machine de stars qui ne cesse de faucher des vies à ceux qui, de toute bonne foi, ont risqué leurs pas, leurs talents, leur vie au service de ce monde du rêve, de l’imaginaire, du tape-à-l’œil et de la notoriété.

Notre propre système de stars québécois n’est pas exempt de cette pression, de cette machine d’idoles à fabriquer à tout prix. Nous n’avons qu’à penser au départ prématuré du journaliste Gaétan Girouard, au chanteur André Fortin pour ne nommer que ceux-là. Quand je vois de nombreux jeunes, qui se connaissent à peine et qui, naïvement, tombent dans le panneau des Star Académie, Occupation double et de tous ces mirages éphémères du glamour, je suis triste. Il faut côtoyer ce monde artistique pour saisir combien il est difficile de percer, de garder sa personnalité, de protéger son intimité et ses valeurs. J’ai longuement échangé et partagé avec plusieurs comédiens et chanteurs qui ne peuvent plus vivre l’angoisse du téléphone qui ne sonne plus, la pression d’agents démesurément ambitieux et exploiteurs de talents. Quand la machine te pompe à satiété et finit par t’ignorer, c’est horrible et scandaleux!

Dans son dernier tour de piste, l’acteur Heath Ledger nous fera encore découvrir son immense talent dans le prochain film de Batman qui sortira en salle dans quelques mois. Il saura nous surprendre comme la mort qui vient de le ravir beaucoup trop tôt, à l’aurore d’une carrière époustouflante. Il restera pour ses admirateurs un symbole, un chef d’œuvre inachevé. Puisse son dernier voyage lui permettre de revoir la terre qui l’a venu naître et où il se sentait si bien parmi les siens! La vie ne sera jamais un rôle, joué aussi brillamment soit-il, au théâtre comme au cinéma. Oui, jouer un rôle ne sera jamais la vraie vie; Heath Ledger le savait très bien. À nous qui visionnerons à l’occasion sa filmographie, gardons de lui son goût du risque, sa détermination, son immense talent, sa soif de vérité et son désir d’aimer. S’il vous plaît, n’encourageons surtout pas cette presse à sensation et à potins qui ne cesse de détruire les plus grands talents d’ici et d’ailleurs!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com







( 106 ) Cafouillage et improvisation

25 janvier 2008 - Déjà presque un mois d’écoulé dans la nouvelle année; il semblerait que rien n’annonce un fleuve tranquille! En effet, il y a pas mal de turbulences dans l’air et pas seulement chez nous. Les marchés financiers sont devenus frileux avec la débâcle de nos puissants voisins du sud qui ne réussissent pas à surmonter la crise de confiance en leur économie. Quand les Américains ont le rhume, le reste du monde prend froid. Mais il semblerait que le Canada a plus de ressort qu’on le pensait; il réussira à résister assez bien à cette récession américaine annoncée par tous les grands bonzes du monde financier. Mais il n’y a pas que les finances qui provoquent des turbulences par les temps qui courent.

Depuis quelques semaines, il n’y pas un jour où l’on ne publie pas un article où l’on ne diffuse pas une entrevue sur la précarité et l’avenir du français dans la belle province. L’enquête du Journal de Montréal évaluant la facilité avec laquelle une personne unilingue anglophone pouvait être embauchée au centre-ville de Montréal, a fait réagir, pour ne pas dire bondir, bien du monde. Nous savons déjà que le sujet de la langue est explosif au Québec et qu’aucun gouvernement n’ose toucher à cette poudrière, en l’occurrence un gouvernement minoritaire. Il est dommage que nos élus jouent à l’autruche devant des enjeux tellement évidents.

La Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a réagi assez vivement pour qualifier cette enquête de pas sérieuse, de pas scientifique. Les études, brandies par Madame St-Pierre pour calmer la population et les parlementaires soutenant que la loi 101 était respectée dans 90% des commerces de Montréal, n’étaient abordées en fait qu’en deux pages. Toute une étude Madame la Ministre; pour le sérieux on y repassera! Et voilà que la Ministre St-Pierre vient d’annuler hier une conférence de presse sur les résultats d’études rigoureuses de l’Office de la langue française qui démontrent effectivement que la situation du français à Montréal est alarmante. Le gouvernement en place ne veut pas s’enliser dans ce dossier pour le moins controversé et cherche à gagner du temps. Il faut vivre à Montréal pour réaliser que le français est plus que menacé. Il est nécessaire que les Québécois s’y mettent!

Selon un récent sondage auprès des Québécois, publié tout dernièrement dans populaire magazine L’actualité, le français et sa culture sont une des quatre valeurs les plus importantes que l’État québécois doit préserver. C’est bien beau d’exiger des choses de l’État, mais il faut d’abord que les Québécois eux-mêmes fassent du français une priorité dans leur vie quotidienne. Le gouvernement actuel, certes un peu frileux sur le sujet, aurait beau renforcer les dispositions de la loi 101, cela ne changera pas l’attitude fondamentale des citoyens. Il est bien certain que des mesures plus musclées assureraient un cadre plus sécuritaire et une protection plus grande de notre langue commune.

Nul doute qu’il y a du laxisme dans l’application de la loi 101, mais il y en a davantage de la part des Québécois. Qui d’entre nous désirent monter aux barricades pour défendre notre langue? Nous ne sommes plus à la hauteur de nos devanciers qui ont combattu jusqu’au sang. Si nous aimons notre langue, c’est à nous de la faire connaître, de l’apprécier et de la parler correctement. C’est là que le bât blesse. Pourquoi les immigrants apprendraient-ils une langue que l’on ne maîtrise pas bien nous-mêmes?

Avez-vous déjà écouté les «Têtes à claque»? Ils sont tellement drôles ces personnages que nos cousins de l’Hexagone en raffolent; ils ont même fait la une du journal Le Monde. Wow! Ils sont devenus la coqueluche de notre télévision nationale et de notre téléphonie. Comment une société comme celle de Radio-Canada peut-elle tomber dans le piège du nivellement par le bas? Avez-vous écouté attentivement les propos de ces personnages? Assez grivois merci et d’un français plutôt douteux! À mon humble avis, nous sommes assez loin de la promotion de la qualité de la langue française. «Ce n’est pas grave, ils sont sympathiques!» diront certains. Vous allez me trouver peut-être ringard, mais je ne tolère pas que l’on maltraite notre langue; je ne parle pas ici de l’accent. Je parle vraiment de la langue avec ses règles de base.

Dans un coin de pays où la langue est une question de survie, on ne doit pas baisser les bras. Plus nous ridiculiserons notre langue, plus nous en malmènerons son vocabulaire, moins les nouveaux arrivants voudront la découvrir, l’apprendre, la maîtriser et l’apprécier. Elle n’aura plus de valeur à leurs yeux! Nous pourrions dresser aisément une liste imposante d’émissions radiophoniques ou télévisées dans lesquelles le français est plus que malmené. Les médias ont un rôle crucial dans la promotion d’une langue de qualité. À nous entendre parler, les anglophones, plus bilingues qu’on le pense, sont sans doute morts de rire!

Le français perd du terrain parce que les Québécois eux-mêmes cèdent le pas, y accordent moins d’importance. Ils n’ont plus le feu sacré de nos devanciers, héroïques défenseurs de notre langue commune. Si la langue française n’est pas au cœur de nos préoccupations, l’anglicisation du seul bastion francophone en Amérique n’ira qu’en s’accroissant. On ne badine pas avec la langue commune, encore moins avec sa qualité!


Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com






( 105 ) Quand nos jeunes s'en vont en guerre !

22 janvier 2008 - Alors que la nouvelle année commence à peine à prendre son envol, à trouver son rythme de croisière, les guerres continuent de sévir et de multiplier leurs atrocités autour du globe. Les médias et les chaînes continues de nouvelles ne cessent d’exposer les pires situations et cela en direct merci. Je me demande si tout ce cirque médiatique n’est pas en train de nous rendre insensibles à la guerre, à la mort des nôtres. J’ai écrit maintes fois pour dénoncer les aberrations de ces engagements militaires offensifs de notre pays. Le Canada avait toujours préservé la réputation d’un état pacifique, d’un pays médiateur et non guerrier. Nos engagements traditionnels étaient davantage dans une perspective du maintien de la paix et de visée humanitaire. Mais là, c’est la guerre pas à peu près!

Les engagements des militaires canadiens dans des zones de combats, particulièrement en Afghanistan, comportent leur lot de risques. Nos gouvernements le savaient très bien que l’on n’entre pas dans des engagements offensifs avec des fusils à eau et des chars de plastique. Les Canadiens tuent, mes amis; des jeunes de chez nous meurent aussi au combat. Lorsque je vois en première page des journaux l’annonce de la mort d’un jeune Canadien, je rage! Ce sont des volontaires vous allez me dire! Dites-moi, quel plaisir il y a à faire la guerre? Nous ne sauverons jamais l’âme afghane, soudanaise ou bosniaque! Les sondages démontrent, hors de tout doute, que la majorité des Québécois sont contre la guerre et l’envoi de jeunes militaires. Entre vous et moi, avez-vous été témoins de grandes manifestations publiques contre la guerre et l’envoi au front de nos forces vives? de pétitions expédiées inlassablement à nos gouvernements pour cesser ce carnage? Absolument pas! Mes amis, qui ne dit mot consent!

La mort d’un des nôtres est toujours triste, voire scandaleuse. Des jeunes soldats canadiens meurent dans une guerre menée par une bande de talibans munis seulement de bombes artisanales et d’armes de fortune. Avec tous ces milliards investis depuis le début de ce conflit, rien n’a progressé. Les armées les plus puissantes du monde, avec leurs soldats d’élite et leur équipement sophistiqué, ne réussissent pas à tout arrêter, à maîtriser une bande talibans qui font la pluie et le mauvais temps. Plus on fait la guerre, plus le conflit nous enlise jusqu’au cou. Lorsqu’un de nos jeunes compatriotes est subitement fauché dans une de ces foutues guerres, c’est tout le pays qui est perdant. Guerre menée, soi-disant au nom de la liberté des peuples; laisser-nous en douter quelque peu!

Mercredi dernier, Richard Renaud, 26 ans, du 12e bataillon du Canada, basé à Valcartier «a été tué et un autre blessé lorsque leur véhicule blindé a heurté une bombe artisanale, à une dizaine de kilomètres au nord de Kandahar, lors d’une patrouille de surveillance. » pouvait-on lire dans de nombreux quotidiens et sur plusieurs sites d’information. Le pays a perdu soixante-dix-sept soldats Canadiens depuis leur déploiement en Afghanistan en 2002. C’est énorme!

Je ne comprends pas! Les images de nos disparus défilent souvent à la une des médias; ils ont fait ce pourquoi ils ont été embauchés, rétorque-t-on trop souvent. Ce que l’on ne dit pas ouvertement, c’est le nombre de talibans tués et celui d’innocentes victimes civiles. Il ne faut pas s’illusionner, nos soldats sont là aussi pour tuer. Préparez-vous car l’armée manque de soldats; ce sont les réservistes qui partiront en guerre! Devant une force militaire limitée et les engagements promis, l’armée canadienne n’a pas le choix que de puiser dans sa banque de réservistes volontaires. Le Canada compte dans ses rangs un peu plus de 34 000 réservistes. Imaginez, 20% des soldats à Kandahar seront des réservistes! Jusqu’à maintenant, huit réservistes ont perdu malheureusement leur vie en Afghanistan. À partir de février et de mars prochains, ce sont plus de cinq cents jeunes réservistes qui prendront le chemin de la guerre. C’est du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale!

En parlant de guerre, je recevais hier un courriel de mon frère basé à Khartoum au Soudan. Là aussi, ce n’est pas jojo! La guerre civile qui a débuté il y a maintenant dix-sept ans est le plus long conflit de toute l’Afrique; il a fait plus de deux millions de morts et forcé le déplacement d’environ quatre millions de personnes. Cette guerre interminable se passe entre le gouvernement musulman du nord et l’Armée de libération soudanais (ALPS) à majorité chrétienne du sud. Le Soudan est un pays dont les ressources naturelles sont considérables; le pétrole y coule en abondance! Nous savons très bien ce que la guerre du pétrole provoque dans d’autres régions du monde; le Soudan n’y fait pas exception car les enjeux sont trop importants. Malgré les richesses naturelles considérables de ce pays de trente-cinq millions d’habitants, le Soudan est l’un des pays les plus pauvres du monde. C’est scandaleux!

Ne vous imaginez pas que ce conflit est une simple petite guerre entre factions tribales. Malheureusement, la communauté internationale se tait, garde silence sur les atrocités commises dans ce pays. Ce régime de terreur cache trop souvent des atrocités qui s’apparentent à un génocide. Il me semble que celui du Rwanda était de trop! Nous savons bien que ce sont toujours les plus vulnérables, les femmes et les enfants, qui sont les plus grandes victimes de ces guerriers sans vergogne. Dire que mon frère est là-bas, arme à la main! Je ne comprends pas tout; il fait ce métier depuis trente-cinq ans, mais je crois bien qu’il a, plus que jamais, hâte à sa retraite anticipée. Nos réservistes partiront donc en guerre, mais pour quelle mission? Entre vous et moi, le gouvernement Harper n’est-il pas en train de nous endormir sur les dangers réels de ces guerres? Ne soyons pas dupes et réagissons!

Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com


( 104 ) Des idées-chocs !

18 janvier 2008 - Nul ne peut contester que le Canada a connu en 2007 une année exceptionnelle sur le plan économique. Notre dollar a pris de la valeur sur les marchés du monde, la machine bien huilée de nos entreprises et l’abondance de nos ressources énergétiques ont fait de notre pays un refuge pour les investisseurs frileux, craintifs face aux déboires financiers de notre géant voisin du sud. Mais dans ce domaine, ce n’est jamais un océan tranquille! Les économies canadienne et québécoise risquent de vivre un peu plus de turbulences dans les mois qui défileront devant nous. On ne peut ne pas toujours être au-dessus des vagues!

Notre monde bouge sans cesse; les pays en émergence apparaissent clairement sur tous les radars économiques du monde. Malheureusement, le Québec tarde à se pointer, à se positionner; il traîne de la patte s’entendent à dire de nombreux économistes. Le Québec Inc doit remodeler son économie pour faire face aux exigences et aux défis du vingt-et-unième siècle. Voilà que quatre économistes, Paul Daniel Muller, Mathieu Laberge, Yanick Labrie et Marcel Boyer, de l’Institut économique de Montréal ont décidé à la demande du Journal de Montréal de proposer des solutions afin d’accentuer la création de la richesse au Québec. Ces vaillants praticiens de l’économie ont planché pour proposer des solutions pas si bêtes du tout.

Toutes les pistes proposées ont été testées et réalisées avec succès à l’étranger. Selon les auteurs, les diverses mesures qui ne manqueront pas de détracteurs, amélioreraient la productivité, réduirait le fardeau fiscal et augmenteraient les recettes de l’État. Mais quelles sont ces mesures drastiques ou novatrices qui auraient le mérite de relancer le Québec? Il y en a onze qui se libellent ainsi: «(1) Des médecines à deux vitesses; (2) La retraite à 67 ans; (3) La hausse des droits de scolarité; (4) L’augmentation des tarifs de l’hydroélectricité; (5) Le travail obligatoire pour les assistés sociaux; (6) 25 écoles de performance pour enrayer le décrochage; (7) La TVQ haussée à 9,5%; (8) Soumettre le secteur public à la concurrence; (9) Les fonctionnaires payés au rendement; (10) Abolir la taxe sur le capital; (11) Vendre notre eau.»

La simple lecture de ces pistes de solution parues dans le dossier du cahier Votre argent du Journal de Montréal du samedi 12 janvier 2008, nous laisse peut-être perplexes, nous fait sourciller un peu et peut susciter même une levée de boucliers dans certains milieux québécois. Il faut lire les arguments de nos spécialistes pour en saisir toute la pertinence et l’impact significatif sur notre économie qui stagne inexorablement. Il y a un manque de souffle qui plane sur l’économie québécoise et il est temps que nos dirigeants prennent les mesures qui s’imposent. Nous le savons tous, le Québec est sans doute la province la plus corporatiste; on ne fait pas tout ce qu’on veut dans cette province qui exerce un fort contôle tant par les syndicats, les ordres professionnels que par les mesures gouvernementales destinées aux investisseurs. Les structures actuelles de notre économie favorisent davantage les mieux nantis; les plus démunis se voient forcés au régime de la simplicité volontaire malgré eux!

Prenons l’exemple des frais de scolarité; nos politiciens électoralistes ont tout fait pour courtiser notre jeunesse universitaire! Le débat sur la hausse des frais de scolarité a fait couler beaucoup d’encre et provoquer de nombreuses minis grèves estudiantines. Nos universités croulent sous le poids des dettes; ils ont les épaules au plancher! Force de constater qu’elles n’ont plus la capacité de rivaliser avec leurs concurrentes, particulièrement dans la rétention et l’embauche de professeurs de calibre. Selon nos experts économistes, notre système actuel favorise l’injustice, car tous paient les mêmes frais alors que l’on sait bien que former un médecin coûte énième fois le prix d’un géographe. C’est assez évident merci!

La solution proposée par nos experts seraient un dégel asymétrique des droits de scolarité en sorte que les étudiants paieraient 40% des coûts de leur formation. À titre d’exemple, un étudiant en lettres paierait 1604$ par session, soit moins qu’à l’heure actuelle. Par contre un étudiant en médecine paierait 4627$ par session. De plus, le dégel asymétrique serait assorti d’une nouvelle façon de rembourser les prêts étudiants, qui serait calculée proportionnellement aux revenus des diplômés. Selon Mathieu Laberge: «Cette mesure est porteuse de justice car les gel actuel favorise les étudiants aisés et ceux dont la formation rapportera le plus quand ils seront sur le marché du travail. Le système proposé existe déjà au Royaume-Uni.» Et ça marche mes amis!

Idées intéressantes pour bouleverser nos petites habitudes et nos manières de voir le Québec de demain. Comme on dit souvent sur le terrain: «Il faut parfois brasser le cage pour qu’il en sorte quelque chose.» Les idées courageuses de ces économistes méritent d’être lues et même approfondies. Pour ceux qui s’intéressent à l’économie du Québec et à son pouvoir économique, je vous invite fortement à parcourir ce dossier fort intéressant. Dommage, ces hommes férus d’économie n’ont pas la capacité de changer des choses; ils n’ont pas le pouvoir. Qui a dit que le pouvoir corrompt? Chose certaine, il est temps que le Québec se réveille avant qu’il s’endorme pour de bon. À bonne oreille, bon entendant!


Commentez cet article :
LeblogueduDG@gmail.com




( 103 ) Des valeurs qui comptent !

15 janvier 2008 - Nous venons de changer d’année civile; je me mêle encore en inscrivant l’année requise sur certains documents, chèques ou formulaires. C’est un peu normal, les réflexes prennent du temps à changer. Après tout, nous avons écrit 2007 pendant quelques trois cent soixante-cinq jours; ça rentre dans le crayon et dans la mémoire, mes amis! Imaginez après cinq, quinze ou vingt ans! Il a fallu bien des mois à de nombreux curés, à la suite de la mort de Jean-Paul II, pour substituer le nom de Benoît XVI dans la liturgie dominicale. Il faut dire que le pape superstar avait régné un quart de siècle. L’être humain, dans ses comportements et ses habitudes, est un peu pantouflard même chez les Québécois d’ordinaire plus «ritalins» que les autres Canadiens. Qu’en est-il au niveau de la transmission des valeurs? Les Québécois sont-ils aussi changeants ou traditionnels qu’on le pense?

Lors de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, de nombreux intervenants se sont exprimés afin de réclamer pour le Québec un respect de nos valeurs communes, traditionnelles et issues de notre héritage chrétien. On pourrait dire qu’il y avait tacitement un quasi consensus. L’immense défi reste à définir ce cadre référentiel capable d’inspirer notre collectivité à construire une société plus équitable, harmonieuse et soucieuse des nouveaux arrivants qui désirent partager nos idéaux. Défi de taille qui n’est pas impossible à relever et qui pourrait s’inscrire dans une sorte de constitution québécoise des valeurs communes. D’ailleurs, nous ne serions pas la première province canadienne à se doter d’une constitution provinciale; la Colombie britannique a déjà pris une longueur d’avance.

Mais voilà que le magazine L’actualité, dans sa récente édition, titre un dossier fort intéressant: «Quelles valeurs transmettre à nos enfants? » Ce dossier s’inspire d’un vaste sondage réalisé par la firme CROP, du 19 juillet au 22 septembre 2007, auprès de 1130 Québécois de 15 ans et plus; la marge d’erreur est de plus ou moins 3%, 19 fois sur 20. Que nous apprend cette vaste enquête que nous décortique Isabelle Grégoire et Louis Gendron du populaire magazine. Selon les auteurs, les réponses des Québécois étonnent et parfois dénotent un bon décalage avec la réalité vécue par ces derniers. Isabelle Grégoire note: «Attentifs à la famille, mais individualistes. Préoccupés par l’éducation, mais pas par le succès et l’argent. Ouverts aux autres, mais pas trop. Laïques, mais favorables à l’enseignement religieux confessionnel.» Nous l’avons dit et redit, au cours des derniers mois, les Québécois n’en sont pas à un paradoxe près. C’est sans aucun doute le résultat des tiraillements, des hésitations que chacun vit dans le parcours de sa vie, influencé par la société ambiante encore déstabilisée par le ressac de la révolution tranquille. Nous incarnons, plus souvent qu’autrement, la célèbre parole de l’Apôtre Paul aux Romains: «Je ne fais pas le bien que je veux, et je commets le mal que je ne veux pas. »

Il est clair que l’on veut transmettre à nos enfants ce qu’il y a de meilleur même si nous avons peine à atteindre personnellement nos idéaux. Une valeur, c’est ce que l’on trouve important, ce qui inspire, ce qui donne sens à la vie et que l’on veut protéger à tout prix. Il y a des valeurs inscrites au cœur de l’être humain et qui ne changent pas au cours des siècles. Qui ne rêve pas d’amour, de paix, de solidarité? Les Québécois s’inscrivent dans cette lignée d’humains en pèlerinage sur un bout de terre en pleine mutation. Il faut savoir lire les signes, les accents, les nuances qui se dessinent dans l’itinéraire d’un peuple en recherche. Ils ont été nombreux, les commentateurs de la scène publique, à affirmer cette ambivalence des Québécois et cette difficulté de se brancher. Il y a sans aucun doute encore du ménage à faire dans ce que nous vivons et dans ce que nous voulons léguer aux générations qui suivent.

Les sondeurs ont demandé à la population d’identifier les trois valeurs que l’État québécois devrait privilégier dans l’avenir. Les répondants signalent en priorité l’éducation (54%), la famille (43%), la préservation du système de santé gratuit et universel (35%), la primauté du français et de la culture québécoise (31%). Quels défis pour notre gouvernement! Le budget actuel de l’éducation est parmi les plus importants du gouvernement et pourtant nous faisons face à un décrochage scolaire endémique, qui ne cesse d’handicaper l’avenir de la société québécoise. La famille québécoise n’a jamais été aussi éclatée et nous ne réussissons toujours pas à atteindre le taux de renouvellement de la population de la province; heureusement que l’immigration vient à notre rescousse! Notre système de santé gratuit et universel est aux soins intensifs depuis plus d’une décennie et les solutions envisagées sont plutôt éloignées de la gratuité et de l’universalité. Pour la primauté du français et de la culture québécoise, tous les spécialistes s’entendent pour dire que le français est plus que menacé et que pour la première fois, il a fléchi sous la barre des 50% dans la grande métropole.

Si le gouvernement est à l’écoute de ces coups de sonde, nos parlementaires devront plancher et proposer des pistes d’avenir crédibles et efficaces. L’éducation, la famille, la santé, le français et sa culture, quatre piliers qui rallient la majorité des Québécois sondés. Vous allez me dire, ce n’est qu’un sondage! C’est vrai, mais il est révélateur de grands enjeux pour notre avenir collectif, avouez-le! Dans l’échelle de leurs valeurs, il y a un écart entre ce que les Québécois priorisent individuellement et ce qu’ils souhaitent que l’État priorise. C’est un peu normal! On ne peut vivre sans valeur personnelle et sans valeur commune. C’est une question fondamentale qui a du prix à nos yeux; c’est parfois la perte des choses importantes qui nous enseigne la valeur de celles-ci. Les réponses au sondage nous ramènent inévitablement à certaines valeurs essentielles qui semblaient avoir pris le bord avec la révolution tranquille. Il faut parfois souffrir d’un manque, d’une absence, de quelque chose d’important pour que ceci prenne tout à coup de la valeur.

La population du Québec a pris un sérieux coup de vieux au cours des dernières décennies. Serait-ce la naissance d’une certaine sagesse face à la vie, à l’avenir? Chose certaine, comme le disait Douglas MacArthur: «On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l’âme.» Je suis convaincu que les Québécois gardent au fond de leur cœur les valeurs fondamentales qui les ont inspirés. Au fait, qui pourrait vraiment sonder l’âme de ces Latins du Nord?


Commentaires :
LeblogueduDG@radiovm.com